Se former au survivalisme

L’excès d’optimisme béat chez certains fait moquer les adeptes des techniques survivalistes. C’est une grosse erreur. Le jour où survient l’effondrement, la catastrophe sociétale à laquelle personne ne croyait, ceux qui seront les mieux préparés seront les mieux à même de traverser la période avec le plus de chances de succès. Miguel de Cervantes a dit que l’homme bien préparé au combat a déjà victoire à moitié acquise, et dès lors, rien n’est perdu. Dans cette optique nous présentons aujourd’hui quatre livres guides dans le domaine du survivalisme.

Lire la suite « Se former au survivalisme »

Déluge, boue, et épopée

Santander (Espagne) année 2024. Sous des conditions climatiques affreuses (on n’interromp pas une corrida à cause de la pluie), le jeune matador Marco Perez, « novillero » (c’est-à-dire en fin de formation avant de devenir pleinement professionnel), est sérieusement blessé lors de son premier taureau, il ressort de l’infirmerie pour affronter son second taureau qui lui vaudra une oreille de récompense après une seconde blessure. Mais il doit mettre à mort, il n’a pas le choix, c’est sa fonction et c’est le contrat qu’il a signé avec la ville, tuer pour fournir les étals des boucheries. Les personnes étrangères à la tauromachie n’ont pas idée de la dureté de ce métier et du courage qu’il demande.

L’homme européen, ingénieux et généreux de ses découvertes

Les premiers moulins hydrauliques sont construits par les Grecs. En développant cette invention, surtout à partir du Xe siècle, l’Europe apporte au monde la notion d’énergie naturelle contrôlée ; elle avance en direction des processus industriels : industrie lainière, martelage, laminage et filage des métaux, foulage du houblon pour la bière, broyage des tissus pour le papier. Car si les Chinois ou les Arabes avaient fabriqué du papier, ils l’avaient fait à la main ou au pied, tandis que les Européens, dès le XIIIe siècle le fabriquent mécaniquement. La pauvreté démographique de l’Europe favorisera le remplacement de l’énergie humaine insuffisante par l’énergie artificielle, mécanique, hydraulique, éolienne.

Lire la suite « L’homme européen, ingénieux et généreux de ses découvertes »

Du concept de « civilisation »

Civilisation… le mot a été utilisé par différents auteurs et à différentes époques pour signifier différentes choses.

Chez Lewis Henry Morgan, Friedrich Engels, Auguste Comte et d’autres, la civilisation apparaît comme une « phase » dans une évolution des formes sociales, généralement après la « sauvagerie » et la « barbarie ». Pour eux, comme pour la quasi-totalité des penseurs des Lumières et de la modernité, il n’y a qu’une seule civilisation, la civilisation « humaine », et l’histoire de l’humanité est l’histoire des progrès de cette seule civilisation.

Les « penseurs du soupçon » comme Nietzsche ont heureusement enterré tout l’optimisme positiviste et scientifique du 19ème siècle et ont irrévocablement oblitéré toute notion philosophique de « progrès », d’« humanité » et d’autres insanités similaires – qui n’ont réussi à prospérer dans la période de l’après-Seconde Guerre mondiale non pas par mérite philosophique, mais par imposition.

Lire la suite « Du concept de « civilisation » »

Il n’y a pas de pensée sans mots

Le 2 octobre 2023, toujours à l’avant-garde et en pointe, nous avions publié ce texte de Christophe Clavé. Nous voyons qu’il a fait florès depuis, repris plus récemment sur les réseaux sociaux et dans un journal national de « référence ». Nous le présentons de nouveau aujourd’hui :

La disparition progressive des temps (subjonctif, passé simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé…) donne lieu à une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projections dans le temps. La généralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la ponctuation sont autant de coups mortels portés à la subtilité de l’expression.

Lire la suite « Il n’y a pas de pensée sans mots »

Nietzsche et son temps : pour une contextualisation de son œuvre

L’ouvrage d’Ernst Nolte, Nietzsche und der Nietzscheanismus, n’a pas retenu l’attention qu’il méritait dans une mouvance où, pourtant, la référence à Nietzsche semble omniprésente et où une figure de proue comme Dominique Venner vouait une admiration réelle à cet historien allemand des idées et des mouvements politiques du 20ème siècle. L’ouvrage que Nolte consacre à Nietzsche est vaste, explore tous les aspects du 19ème siècle qui ont influé sur la maturation de la pensée de Nietzsche. 

Partons toutefois, pour ne pas nous disperser, de la notion, cardinale aujourd’hui dans la pensée dominante, d’Aufklärung, des Lumières, principal mouvement d’idées né au 18ème siècle. Nolte souligne à très juste titre que la notion d’Aufklärung repose d’emblée sur un paradoxe de taille : elle induit la vision somme toute poétique, d’une forte luminosité diurne qui chasse les ténèbres de la nuit mais force est de constater qu’une telle luminosité ne s’inscrit que dans la durée d’une seule journée. Aucune luminosité de cette nature ne dure éternellement. Croire qu’elle durera éternellement, dès qu’elle se manifeste à l’aurore, est l’illusion ridicule des adeptes naïfs, véhéments et finalement totalitaires et hystériques des Lumières, tels sont qui sont aujourd’hui, en nos états occidentaux, au pouvoir.

Lire la suite « Nietzsche et son temps : pour une contextualisation de son œuvre »

Le « Mal » dans la cosmogonie de Tolkien

La lecture de l’épopée Le Seigneur des Anneaux(1) ne révèle pas toute la portée mythique de l’œuvre de J. R. R. Tolkien, qui fournit dans Le Silmarillion(2) la véritable clé de son univers. On y trouve une description de l’origine du monde, des dieux et du « Mal ». Le statut de ce dernier dans l’œuvre de Tolkien correspond à plusieurs égards aux différentes manifestations du Mal dans la mythologie germanique. Le but de cet article est d’examiner cet aspect et de retracer certaines similitudes entre le Mal dans l’œuvre de Tolkien et la mythologie germanique telle qu’elle nous est transmise par les Eddas(3).

Lire la suite « Le « Mal » dans la cosmogonie de Tolkien »

Le guerrier impie

Le guerrier impie ignore les présages qui mènent à sa perte, après avoir commis les trois péchés du guerrier.

C’est Georges Dumézil qui, par son travail monumental en mythologie comparée, a donné à cette discipline ses lettres de noblesse scientifiques, encourageant les jeunes chercheurs Claude Sterckx et Frédéric Blaive (1) à suivre leur intuition et à démêler le mythe indo-européen du « guerrier impie ».

Lire la suite « Le guerrier impie »

Homme, Femme, acceptation et refus des différences

Au sein des sociétés traditionnelles et jusqu’au XIXè siècle en Europe, les différences entre les sexes étaient reconnues et nullement contestées. Les rôles, dans la famille ou la vie sociale, étaient nettement définis et séparés. Pour cette raison, les différences de comportement étaient vécues sans drames majeurs. Le caractère intangible du mariage était fondé en partie sur la sacralisation des différences, ce qu’a mis en lumière Karen Blixen dans l’une de ses Lettres d’Afrique, à la date du 13 janvier 1928 :

Lire la suite « Homme, Femme, acceptation et refus des différences »