L’essence métaphysique du paganisme

Une analyse de la véritable spécificité de la pensée païenne

On le sait, mais on l’oublie trop souvent, ce sont les principes situés à la racine même des choses, qui fondent véritablement les idées génériques placées à l’origine des différentes conceptions du monde. Or ce qui distingue radicalement le paganisme du christianisme (termes qui, rappelons-le, concrètement, aujourd’hui, ne qualifient plus en Europe aucune réalité religieuse distincte puisque, que cela plaise ou non, l’histoire a conjugué non sans quelques difficultés il est vrai, ces deux dénominations en un seul destin), est une divergence majeure qui ne porte pas entre polythéisme et monothéisme (1), mais de façon irréconciliable porte sur la notion de création.

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Engage-toi !

Les Européens à qui on veut faire avaler sans broncher un des mouvements de population les plus colossaux de l’histoire ne sont pas des citoyens qu’on veut convaincre, mais des chiens de Pavlov qu’on s’emploie à dresser.

— Slobodan Despot

Deux conceptions du « secours miraculeux »

Il nous est donné tant d’exemples de chrétiens qui prient avec l’espoir d’être exaucés dans l’obtention de telle ou telle chose. Ces gens qui raillent les croyances préchrétiennes et les taxent de superstition sont elles-mêmes dans la « pensée magique » à tout propos dans leur liturgie, à commencer par l’idée que l’eau change de nature et devient bénite par un tour de passe-passe d’un prêtre et une incantation. De la pure pensée magique. Mais ils semblent ne pas en être conscients.

Si Odin – ou un quelconque autre dieu de la foi polythéiste – ne vous a pas accordé ce que vous désirez, c’est qu’il n’a que faire de vos désirs. Odin est un Dieu, pas votre bonne fée. Le païen se prend en charge. Si vous voulez quelque chose, travaillez pour l’obtenir.

Paganisme de l’Est-européen

Jusqu’à la parution de Bogowie Slowian, ouvrage signé Wieslaw Jagodzik consacré aux pratiques ancestrales des pays de l’Est et à leurs Dieux, il n’était pas facile d’avoir accès à des informations fiables sur la Tradition païenne slave. L’auteur a comblé cette lacune et propose ces informations qui constituent une première approche de cette mythologie :

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Les deux piliers du monde antique méditerranéen

Dans la chronologie de l’histoire des Hommes, les plus hautes formes littéraires et intellectuelles d’Europe furent d’abord forgées en Grèce et à Rome.

Homère, Eschyle, Sophocle, Hérodote, Thucydide, Platon, Aristote, Euclide, Archimède et Hippocrate, ainsi que Cicéron, Virgile, Tite-Live, Sénèque, Tacite et les juristes romains, devinrent les références intellectuelles de l’Europe.

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Du paganisme au christianisme

Les procédés d’une conquête

L’iconographie et deux mille ans de bourrage de crâne faisant, tout le monde a à l’esprit l’image d’Épinal de ces pauvres et innocents martyrs chrétiens livrés aux lions par les cruels Romains. Le reste, la propagande chrétienne l’a soigneusement occulté. Car le dogme chrétien, cette hérésie du judaïsme, n’est pas quelque chose qui a convaincu avec gentillesse, du simple fait d’une attitude bienveillante de ses adeptes en mode « bisounours » qui auraient emporté la conviction d’autrui avec allégresse. L’imposition du christianisme a été un processus extrêmement violent, meurtrier, et bien sûr illégitime. Elle s’est faite par les « élites » du moment, contre le peuple (comme toujours est-on tenté de dire au regard de la façon dont la France est menée depuis cinquante ans). La conversion successive au christianisme de rois, et la tolérance d’empereurs (Constantin, Galère, Maxence, Tiridate III, Mirian) confirme ce que nous diraient les maoïstes : le poisson commence toujours à pourrir par la tête. L’opération contre l’identité païenne des peuples d’Europe s’est faite par deux procédés de conquête, deux étapes : la récupération par le christianisme d’éléments du paganisme originel et leur habillage par l’application d’un « vernis chrétien » ; puis par la guerre.

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Certains en sont toujours esclaves

Le Moyen-Âge adore Dieu et craint le diable. Tout être vit dans ce rapport au ciel et à l’enfer fantasmés par la pensée orientale. Comme l’écrira Ernest Renan dans ses Souvenirs d’enfance et de jeunesse, « Un poids colossal de stupidité a écrasé l’esprit humain. »

L’Église est parvenue à faire de la liberté de conscience quelque chose d’inintelligible à l’homme européen durant 1 600 ans.