L’individuité est païenne

L’individualisme exacerbé s’oppose à la cohérence de toute communauté constituée de vivants et de morts et structurée par le principe de filiation, ou de lignée… Alors quoi, peut-on se demander, faut-il donc le proscrire ?

Il semble bien évident que le paganisme est une spiritualité d’abord et avant tout communautaire, dans laquelle un individualisme forcené n’a pas vraiment sa place. Mais la question reste de savoir si l’on doit disparaître dans la masse ? Il convient de rester méfiants devant la notion de collectif. Car l’effacement d’un individu devant la collectivité, est la définition même du collectivisme, que nous refusons au profit du « solidaire ».

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Le christianisme parle contre notre esprit

« Mais après que les chrétiens eurent apporté du réconfort aux souffrants, du courage aux opprimés et aux désespérés, un bâton et un soutien aux impuissants, et lorsqu’ils eurent attiré hors de la société, vers des couvents et des pénitenciers spirituels, les cœurs brisés et les égarés : que leur restait-il à faire pour œuvrer systématiquement de la sorte, et en toute bonne conscience, à la préservation de tous les malades et les souffrants, ce qui revient, en vérité et en acte, à œuvrer à la dégénérescence de la race européenne ? »

— Friedrich Nietzsche, Par-delà bien et mal

Il n’y a pas de pensée sans mots

Le 2 octobre 2023, toujours à l’avant-garde et en pointe, nous avions publié ce texte de Christophe Clavé. Nous voyons qu’il a fait florès depuis, repris plus récemment sur les réseaux sociaux et dans un journal national de « référence ». Nous le présentons de nouveau aujourd’hui :

La disparition progressive des temps (subjonctif, passé simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé…) donne lieu à une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projections dans le temps. La généralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la ponctuation sont autant de coups mortels portés à la subtilité de l’expression.

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L’ODYSSEE, série télévisée européenne de 1968

Nous profitons de la polémique sur la déplorable version de Nolan pour signaler l’excellente co-production télévisée européenne en quatre épisodes (6 heures), la meilleure adaptation du classique d’Homère de l’avis de tous les spécialistes.

Co-produite par les télévisions italienne, française, allemande et yougoslave, elle a été tournée en décors naturels, avec la mythique actrice grecque Irène Papas dans le rôle de Pénélope, et un Ulysse comme on l’imagine avec Bekim Fehmiu, acteur yougoslave dont ce fut le plus grand rôle. 

Bien sûr, cela a un peu vieilli, mais les versions antérieures (Camerini) et postérieures (Konchalovsky) sont si médiocres que cette adaptation là reste indépassable, et surtout remarquablement fidèle au texte et à l’esprit d’Homère.

Elle est entièrement visible en version française d’époque sur Youtube via le lien du premier épisode :

Nous avons lu Psychologie des foules

Essai signé Gustave Le Bon, impressionnant observateur qui à travers ses nombreux ouvrages a dressé un remarquable et pertinent tableau de la nature humaine. Nous invitons à sa lecture intégrale qui constitue un véritable régal pour l’esprit. De sa Psychologie des foules (1895), nous tirons ces quelques morceaux choisis que nous avons particulièrement apprécié :

Ce facteur, la race, doit être mis au premier rang, car à lui seul il dépasse de beaucoup en importance tous les autres. Nous l’avons suffisamment étudié dans un autre ouvrage pour qu’il soit inutile d’y revenir encore. Nous avons fait voir, dans un précédent volume, ce qu’est une race historique, et comment, lorsque ses caractères sont formés, elle possède de par les lois de l’hérédité une puissance telle, que ses croyances, ses institutions, ses arts, en un mot tous les éléments de sa civilisation, ne sont que l’expression extérieure de son âme. Nous avons montré que la puissance de la race est telle qu’aucun élément ne peut passer d’un peuple à un autre sans subir les transformations les plus profondes. Le milieu, les circonstances, les événements représentent les suggestions sociales du moment. Ils peuvent avoir une influence considérable, mais cette influence est toujours momentanée si elle est contraire aux suggestions de la race, c’est-à-dire de toute la série des ancêtres. 

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Christianisme et culte des Ancêtres

Au XIXe siècle, l’individualisme a atteint en Occident un point d’exacerbation extrême. Cet individualisme forcené est indissociable de l’idéologie économiste et consumériste qui infantilise les adultes par des fantasmes de toute puissance normalement propres à l’adolescence, et qui favorise l’éclatement des systèmes familiaux en individus déracinés. L’individu moderne, dont l’orgueil est constamment flatté par le matraquage commercial, voudrait s’être fait tout seul. Il a perdu le sens de sa redevance aux ancêtres, qui était l’attitude sociale et religieuse fondamentale de toutes les anciennes sociétés.

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Ce cruel manque de discipline

Face à la culture de la chienlit si chère à trop de Français si l’on en juge par l’état d’ensauvagement et de dégringolade dans lequel ils ont été capables de laisser placer leur pays en reconduisant au pouvoir depuis cinquante ans une mafia de renégats forgés dans les utopies maçonniques et l’adoration du Veau d’or, saccageant leur identité et leur héritage, opposons cet extrait de Psychologie des révolutions signé Gustave Le Bon affirmant la nécessité d’un retour de balancier inversement proportionnel à la dérive parcourue, seul moyen de rétablir une situation normale :

« La science n’a pas encore découvert la baguette magique capable de faire subsister une société sans discipline. Nul besoin de l’imposer quand elle est devenue héréditaire. Mais lorsqu’on a laissé les instincts primitifs détruire les barrières péniblement édifiées par de lentes acquisitions ancestrales, elle ne peut être reconduite que par une tyrannie énergique »