J’avais quitté Stonehenge au jour du solstice d’été, quand le soleil rendait à ses enceintes de pierres bleues toute leur magie grandiose, naguère voulue par les mystérieux constructeurs de ce haut lieu païen. Ce que mes yeux avaient vu, les hommes de l’âge du bronze l’avaient vu, exactement de la même manière, plusieurs milliers d’années auparavant. Le soleil qui illuminait Sun Stone, la pierre sacrée du solstice, ce n’était pas pour moi le signe maudit de la fin du monde, mais la présence vivante de l’éternel retour. Tout, soudain, devenait clair. J’avais retrouvé une foi surgie du fond des âges.
Les querelles de ce siècle me semblaient désormais mesquines et mort le monde qui avait oublié la certitude des saisons. D’autres que moi, j’en étais certain, avaient entendu ce même appel, où l’instinct redevenait vie et où la raison s’accordait à la course des astres.
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