Roman dystopique de Evgueni Zamiatine.
Tout le monde connaît Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley (1946) et 1984 de George Orwell (1949) : deux romans contre-utopistes qui, menant la logique utopiste jusqu’à l’extrême, en montrent toute l’absurdité. Ces deux romans dénoncent à la fois l’utopie communiste et la généralisation des méthodes rationnelles capitalistes. Mais ces deux chefs-d’œuvre de la littérature anglo-saxonne ne sont ni les premières ni les plus saisissantes œuvres du genre. En effet, dès 1920, soit plus de vingt ans avant Huxley, le Russe Evgueni Zamiatine fut le premier à dénoncer le totalitarisme d’une modernité aux idéaux pervertis. Grand visionnaire, Zamiatine évoque déjà la « transparence » (pré-requis à l’inquisition, à la disparition de la vie privée) aujourd’hui slogan politiquement correct, et la gouvernance mondiale que certains, Jacques Attali en tête, ne cessent de promouvoir.
Publié en français à Paris en 1923, le roman prophétique de Zamiatine, Nous Autres, qualifié de contre-utopie par la critique philosophique, exprime la terreur devant les velléités totalitaires de la Russie bolchevique. Si aujourd’hui la menace bolchevique a disparu, la lecture de Nous autres est toujours d’actualité : les utopies totalitaires continuent de modeler la pensée d’une partie des élites post-modernes.
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