« Mon serment, je l’ai fait sur le cercueil du Colonel Jeanpierre… Plutôt mourir, mon colonel, que de laisser l’Algérie aux mains du FLN, je vous le jure ! »
Nous sommes le 6 juillet 1962, à l’aube, au fort d’Ivry. Le lieutenant Roger Degueldre se présente devant le peloton d’exécution en tenue de parachutiste, le drapeau tricolore sur la poitrine. Autour de son cou, il a noué un foulard de la Légion. Dans la poche intérieure de sa vareuse, il y a la photo d’un bébé, son fils qu’il n’a jamais vu. Il a conçu cet enfant dans la clandestinité. Le bébé est venu au monde alors que son père se trouve dans sa cellule de condamné à mort.
« Dites que je suis mort pour la France ! » lance-t-il à son avocat. Puis il refuse qu’on lui bande les yeux et, au poteau crie : « Messieurs, Vive la France ! » avant d’entonner la Marseillaise. Les trois premiers officiers désignés pour diriger le peloton d’exécution refusent de commander le tir. Ils sont sanctionnés, rayés des cadres et mis aux arrêts.
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