Après le déni du réel et la culture de l’excuse (notre article), le déni face au Jihad (notre article), troisième volet consacré au déni. C’est une question passionnante, en science sociale comme dans la vie politique : face à une réalité qu’une personne ne peut pas accepter sans quoi cela fragiliserait tout son espace mental et son système de pensée, par quels stratagèmes et contorsions peut-elle nier ce qu’elle a devant les yeux. Comment en est-on arrivé là ?
Les promoteurs de SOS Racisme ont traduit dans leurs slogans réducteurs la parole dominante et obligatoire de l’élite française de l’époque. Depuis un certain temps déjà, hommes politiques, journalistes et intellectuels s’efforçaient de réduire les difficultés de la cohabitation multiraciale à une série de malentendus, comme ils réduisent aujourd’hui les incessantes attaques au couteau à une série de faits divers pour nier que le phénomène est devenu fait de société. L’oligarchie réfutait les « fantasmes calomnieux » sur l’étranger parasite et délinquant, mais ne s’aventurait guère au-delà. Face aux premiers symptômes, elle s’empressa de noyer le poisson dans une décoction de bons sentiments, d’affirmations péremptoires et autres produits masquants. Mais le phénomène et son révélateur refusant de se laisser réduire, il fallut compléter progressivement cette réponse par trop sommaire des premiers temps.
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