Pourquoi s’interroger sur le passé et l’évolution passée du socialisme, à l’heure où, souvent, il recule électoralement en Europe, où il n’a plus ni projet politique cohérent ni bras armé, soviétique ou autre, où un individualisme forcené, gros de catastrophes sociales, prend le pas dans les mentalités post-modernes du « premier monde », de l’engouement yuppy au burrowing du citoyen branché sur son petit monde virtuel ? Parce que le socialisme, qu’on le veuille ou non, demeure un réflexe, une aspiration, communautaire. Pour reprendre un discours aussi banal que réalitaire, l’homme n’est pas un être centré exclusivement sur lui-même, sur sa propre égoïté. Il est l’enfant de parents, il est aussi petit-fils ou petite-fille, frère ou sœur, père ou mère, cousin, voisin, collègue. En ce sens, il peut désirer le bien de son groupe ou des groupes au sein desquels il vit et agit, et hisser ce bien commun au-dessus de son bien-être individuel.
Comme l’ont souligné tous les tenants des grandes religions et aussi les adeptes de l’humanisme classique, un homme peut sacrifier son bien-être pour ses enfants, pour une cause, pour toutes sortes de motifs qui transcendent la pure égoïté. Son intelligence et sa mémoire instinctuelle (deux qualités qui ne sont pas nécessairement hétérogènes et incompatibles) peuvent donc postuler des sacrifices pour un temps sensé être meilleur mais qui doit encore advenir. L’homme n’agit pas seulement dans une perspective présentiste, mais table souvent sur le long terme, sur la prévision, parie sur l’avenir des siens. En énonçant ces banalités, qu’anthropologues et sociologues connaissent trop bien, notre but est de signaler l’inanité des théories philosophiques ou économiques qui postulent, têtues, un individualisme méthodologique et que cherche à imposer en tous lieux la marotte contemporaine de la « political correctness ».
Lire la suite « Faux socialisme et vrai socialisme »



