« Mes collègues américains m’ont expliqué que le faible niveau de culture générale et d’éducation scolaire dans leur pays est une réussite délibérée au service d’objectifs économiques. En effet, une fois qu’une personne cultivée a lu beaucoup de livres, elle devient un acheteur bien moins bon : elle achète moins de machines à laver et de voitures, elle commence à leur préférer Mozart ou Van Gogh, Shakespeare ou les théorèmes. Cela nuit à l’économie de la société de consommation et, avant tout, aux revenus des maîtres de la vie — c’est pourquoi ils s’efforcent d’empêcher toute culture et toute éducation (qui, de surcroît, les gênent pour manipuler la population comme un troupeau dépourvu d’intelligence). » — Vladimir Igorevitch Arnold (l’un des plus grands mathématiciens du XXe siècle).
Forts de l’éclairage qu’apporte cette démonstration, on comprend pourquoi nos gouvernants mettent depuis quelques décennies tant de passion et d’énergie à nous remplacer par des millions d’individus au quotient intellectuel défaillant qu’ils importent des contrées les plus obscurantistes de la planète. Le confort de gestion et la richesse des « maîtres de la vie » en dépendent.
Ils ne peuvent pas nous éliminer en masse pour procéder a ce remplacement et atteindre la baisse du niveau intellectuel et qualitatif qu’ils recherchent (quoi qu’on se demande si la promotion des injections à l’ARNm n’a pas constitué un moyen de faire avancer les choses en la matière). Ils sont tenus d’attendre que le temps fasse son œuvre dans la baisse du nombre d’Européens (bien qu’ils puissent aider à cela par le culte de l’avortement ou le déclenchement d’une grande guerre). Nous savons qu’il est aisé de qualifier ces réflexions de théorie du complot. Qu’importe, nous sommes convaincus que leur action est totalement cynique, mais ils s’en moquent.
Cette aspiration de la gouvernance n’est pas nouvelle, elle a été théorisée sous la période des « Lumières » et ceux qui y ont intérêt ne l’ont jamais oubliée même si elle a fait l’objet d’une lente application jusqu’à nos jours pour les raisons mentionnées plus haut. L’idéal pour ces penseurs du XVIIIe siècle était que la « machine tourne toute seule » afin que le gouvernant n’ait qu’à jouir de son statut dans l’oisiveté. Une société d’hyménoptères donc, la machine sociale parfaite en auto-fonctionnement, reproduisant sans fin l’inexorable jeu tranquillement mécanique de l’horlogerie cosmique. Le Dieu horloger, autre figure en vogue à l’époque, son office achevé, est inoccupé, c’est un « Dieu fainéant ». L’idéal souriant du gouvernant oisif, qui regarderait tourner la machine n’est pas absente du paysage politique théorique des Lumières. L’ingénieuse « société d’automates » – quatre-vingt-six, grandeur nature – que se fait fabriquer en 1742 le roi de Pologne et Duc de Lorraine Stanislas, où chaque fonction économique est assumée par une aimable figurine articulée symbolise assez bien ce modèle de souverain spectateur attendri d’une mécanique allant d’elle-même et sans à-coups. Robespierre imprégné de Rousseau parlera de « chef-d’œuvre » social : le gouvernement, de fait, ne serait plus surmené. Des dirigeants malveillants n’ont pas besoin d’un peuple de qualité, ils n’ont besoin que de ventres consommateurs et de bras au labeur.
