Du berceau au tombeau, dans le bain républicain

On ne dira jamais assez le mal qu’aura fait Rousseau à la France en pavant la voie sur laquelle nous sommes encore menés aujourd’hui. 

La Révolution française, dans sa démarche de limitation puis d’anéantissement du rôle de l’Eglise, a fait via Robespierre la promotion de la religion laïcarde artificielle de l’Être Suprême, entité divine adoptée par la franc-maçonnerie, dont le « delta lumineux » se trouve au sommet de la Déclaration des droits de l’homme de 1789. 

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La séparation des pouvoirs est une fiction

Montesquieu, cette figure chérie des crétins et des salopards qui n’ont que « liberté » et « République » à la bouche, a écrit, prêtez bien attention s’il vous plait : « Lorsque dans la même personne ou dans le même corps de magistrature, la puissance législative est réunie à la puissance exécutrice, il n’y a point de liberté ; parce qu’on peut craindre que le même monarque ou le même sénat ne fasse des lois tyranniques pour les exécuter tyranniquement ». Et Montesquieu continue par ailleurs : « Il n’y a point encore de liberté si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice… ». On reconnaît sa célèbre théorie de « séparation » nécessaire des pouvoirs. Mais que voit-on dans notre réalité ? Dans les deux cas évoqués, le régime sous lequel nous souffrons, est en parfaite contradiction avec ce que prône son illustre idole du XVIIIe siècle, ces pouvoirs séparés. Démonstration :

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Sacro-sainte majorité…

A dire vrai, le principe de la majorité de « 50 + 1 voix » est une abomination car il laisse toujours une moitié d’insatisfaits obligée de subir ce que lui impose l’autre partie. On ne voit aucune raison de logique et de bon sens pour accepter cette situation. Le seul principe de raison, c’est que ce qui concerne tout le monde doit être décidé par tout le monde. Raison pour laquelle si l’intelligence primait sur les intérêts sordides, le monde devrait être divisé de façon négociée dans un apartheid d’idées, avec des pays conçus sur des bases idéologiques homogènes, chacun allant vivre dans le territoire compatible avec sa conception de la vie, des pays de gauchistes, et des pays de gens normaux, des pays voués à la chienlit, et des pays où règne l’ordre, la droiture, la sécurité. Utopie et théorie direz-vous. C’est pourtant la seule façon de faire envisageable afin que chacun vive heureux. 

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Quelles orientations à court terme ?

La société française est de plus en plus polarisée, de moins en moins réconciliable. C’est la fin d’un double consensus. La fin du consensus social-libéral, celui postérieur aux années 1990, consensus mondialisé. C’est-à-dire un modèle de société qui s’imposait, en tant qu’héritage de l’État-providence qui un peu partout en Occident disait que quel que soient les problèmes que nous ayons, la réponse est toujours socio-économique. Les questions identitaire, économique, existentielle, trouvaient une réponse exclusive dans une matrice matérialiste. Le propre de cette espèce de social-démocratie consistait à dire que le politique n’existe pas, il n’est simplement question que d’ajustements techniques, avec des gens globalement d’accord sur les objectifs et les orientations, les sociaux-libéraux d’un côté, les libéraux-sociaux de l’autre, avec un désaccord relatif sur les méthodes. La mondialisation était pour ces gens l’horizon indépassable de notre temps. Il était inimaginable d’en sortir. Sont tout de même apparus au début des années 1990 des antimondialistes, qui sont rapidement devenus des altermondialistes, et finalement des mondialistes comme les autres, qui avaient tous la même idée que l’on soit de gauche, de centre, de droite : c’est à l’échelle du monde, d’une gouvernance globale, que doit désormais se poser le problème politique, l’espace national est un espace périmé.

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Un marché de dupes

Avec les thèses évolutionnistes, les philosophes et les encyclopédistes ont théorisé le « contrat social » qui selon eux a succédé à « l’état de nature » dans lequel vivait l’Homme avant que quelques individus se soient dit : « les gars, mettons-nous en société », reformulé ci-après par Platon. Mais quels droits et obligations naissent donc du contrat social, qui apparait dans l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 sous le terme « association politique » ? Ce qui est visible, c’est que l’on souffre de cette vie dans la société française sous cette belle théorie contractuelle, penchons-nous brièvement sur le sujet. Attention ça va secouer ! 

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La mise en garde de Dostoïevski

Dostoïevski a mis en garde la Russie contre les mauvaises sirènes venant de l’Occident, à savoir les sirènes socialistes. Est-il besoin de rappeler que l’idée communiste n’est pas née en Russie, elle y fut importée. L’idée communiste eut de nombreux précédents ailleurs, mais c’est en France, pays inventeur de la « Grande Révolution », qu’elle connut sa théorisation matricielle, fondatrice, moderne. Les plus durs des communistes soviétiques se sont toujours considérés comme de pâles disciples de Robespierre, de Gracchus Babeuf et des grands révolutionnaires français pour lesquels ils ont toujours eu une reconnaissance idéologique infinie. Ils se qualifiaient eux-mêmes de « jacobins prolétariens ». 

Les Russes savent que le marxisme qui leur a fait (à eux et à d’autres) tant de mal est venu d’Occident. On sait désormais que Lénine a été en partie financé et aidé par l’Allemagne pour être expédié en Russie, comme on inocule le bacille de la peste, afin de saper ce concurrent à l’Est. Lénine disait que l’on n’avait rien fait de plus génial que le marxisme puisqu’il est la combinaison des trois plus grandes conquêtes intellectuelles de l’humanité, le socialisme français, l’économie politique anglaise, et la philosophie allemande. Rien de russe en effet dans tout cela.

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Aristote…

Tout, ou presque tout, est dans l’œuvre monumentale de ce penseur de génie.

En philosophie, Aristote emprunte à Platon une intuition essentielle : celle que la contemplation de la vérité est, pour l’homme, l’idéal le plus élevé. Mais il fonde ses recherches non sur des idées désincarnées, mais sur l’observation de la réalité qui l’entoure. En associant observation et pensée logique, on peut dire qu’il fonde la science, puisque toutes les sciences créées par notre civilisation occidentale reposent sur ces fondements.

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Sortir du « démocratisme » à la française

Pour encore trop de cervelles anesthésiées, la démocratie, c’est le régime politique parfait auquel toute l’humanité doit parvenir, il n’y a pas de mot davantage chargé d’une connotation positive. Qualifié démocrate, tout homme, toute action est comme sanctifié pour ces cervelles embrumées ou peu exigeantes. Toute tiédeur démocratique, en revanche, est source d’une intense suspicion. Toute opposition à la démocratie vaut, aujourd’hui diabolisation.

Il faut rappeler que pour les penseurs grecs, fondateurs de la science politique, la démocratie n’est simplement qu’une des formes de gouvernement parmi d’autres. Ils ne confèrent pas à la démocratie une légitimité particulière. Le critère de la légitimité du pouvoir réside non dans sa forme, mais dans la réalisation du bien commun. Et cette réalisation peut tout autant se trouver dans d’autres régimes. Chaque forme de gouvernement présente des avantages et des inconvénients, chacune est menacée de dégénérescence.

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Limites et homogénéité, ou le chaos

Rome meurt de sa démesure et les Romains avec elle. Ce peuple d’exception n’avait pas trouvé en lui-même les ressources qui avaient permis aux colonies grecques de résister aux périls de l’Orient. Il avait cédé à l’hubris, la démesure, que les Grecs considéraient comme le mal suprême.

Au chant XVIII de l’Iliade, Homère s’écarte du récit épique pour décrire la cité des hommes selon ses vœux. Il utilise pour prétexte le décor du bouclier d’Achille forgé par Héphaïstos. Ce qu’il montre est un univers en ordre, un cosmos. Le terme, à l’origine, désigne une troupe en ordre de bataille.

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Il naîtra de faux fascismes

Vous pensez le régime républicain vertueux et irréprochable dans ses méthodes et son action parce qu’il passe son temps à clamer qu’il est tel ? qu’il est le « camp du Bien » ? Maurice Bardèche en 1961 publiait Qu’est-ce que le Fascisme ? Tout est vrai et important dans l’extrait qui suit, mais plus particulièrement l’affirmation de Bardèche selon laquelle les caractères extérieurs par lesquels les adversaires du fascisme le définissent, ne le définissent pas en réalité :

« La suppression de la liberté, les arrestations arbitraires, les camps de concentration, la torture qu’on prétend rejeter sur le fascisme, sont tout aussi bien et tout aussi souvent le propre des régimes dirigés contre le « danger fasciste ». Tous les caractères extérieurs par lesquels les adversaires du fascisme le définissent, ils se retrouvent ou peuvent se retrouver dans les régimes antifascistes : c’est qu’ils ne définissent pas le fascisme qui, finalement, est une manière de réagir, un tempérament, une manière d’être, incarnée dans un certain type d’hommes. C’est ce type d’hommes, c’est cette attitude devant la vie qui, au fond, commandent toutes les réactions fascistes et les formes, diverses selon les peuples, que le fascisme a prises et prendra dans l’histoire. Là où ces hommes dirigent, là ou leur esprit inspire l’action de pouvoir, il y a un régime fasciste. Au contraire, lorsqu’ils sont persécutés ou combattus, quoi qu’on vous dise et quelque bruit que fasse la trique en tournoyant, reconnaissez les signes de la décomposition, de la décadence et le règne de l’or et des pharaons de l’étranger. Voulez-vous reconnaître à coup sûr et instantanément le faux fascisme ? Vous le reconnaitrez à ces signes : il emprisonne au nom des droits de la personne humaine et il prêche le progrès, mais il respecte les milliards et les banques sont avec lui. Ne cherchez pas plus loin. Vous verrez quelques mois plus tard le faux fascisme faire la chasse au courage, à l’énergie, à la propreté. Il vous dévoilera ainsi son vrai visage. Il a besoin d’esclaves assez abrutis pour ne pas trop sentir leur collier. »

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