Pour encore trop de cervelles anesthésiées, la démocratie, c’est le régime politique parfait auquel toute l’humanité doit parvenir, il n’y a pas de mot davantage chargé d’une connotation positive. Qualifié démocrate, tout homme, toute action est comme sanctifié pour ces cervelles embrumées ou peu exigeantes. Toute tiédeur démocratique, en revanche, est source d’une intense suspicion. Toute opposition à la démocratie vaut, aujourd’hui diabolisation.
Il faut rappeler que pour les penseurs grecs, fondateurs de la science politique, la démocratie n’est simplement qu’une des formes de gouvernement parmi d’autres. Ils ne confèrent pas à la démocratie une légitimité particulière. Le critère de la légitimité du pouvoir réside non dans sa forme, mais dans la réalisation du bien commun. Et cette réalisation peut tout autant se trouver dans d’autres régimes. Chaque forme de gouvernement présente des avantages et des inconvénients, chacune est menacée de dégénérescence.
Dans l’idéologie démocratique, la démocratie sort du champ de la science politique pour faire irruption dans celui de la morale. Si la religion démocratique est omniprésente, avec son clergé, son culte, ses cérémonies, force est de constater son caractère fallacieux. Textes, pratique, faits, tout établit de longue date que le peuple en France ne gouverne pas, contrairement à ce qu’affirme la formule poudre aux yeux de Abraham Lincoln reprise dans le cinquième alinéa de l’article 2 de Constitution du 4 octobre 1958 (voir notre autre article Sommes-nous en démocratie ? répertorié dans la thématique République, Démocratie, Vie politique française). Tout au plus le peuple désigne-t-il des gouvernants, ce qui caractérise un régime de délégation et non de participation démocratique à la décision (par référendum par exemple).
Mais pour que les représentants expriment fidèlement les aspirations populaires, encore faudrait-il que le peuple soit informé loyalement et que le débat politique soit libre, deux conditions dont on sait bien qu’elles ne sont pas réalisées, le Système prend des décisions dans le dos des Français et la pensée unique obligatoire interdit l’expression d’idées divergentes de celles qu’il impose. Le refus permanent de recourir au référendum sur les questions de l’insécurité et de l’immigration pourtant voulu par un peuple réfractaire aux délices de la diversité heureuse, la frénésie du ministre de l’Intérieur à dissoudre tout mouvement qui ne soit pas inféodé au régime (Génération Identitaire, Civitas, Academia christiana…), l’interdiction de réunions publiques au motif de ce qui pourrait y être dit, inventant la notion de « crime avant sa commission » (colloque de l’Institut Iliade sur Dominique Venner), en sont d’éloquentes illustrations.
De plus, on a pu constater de façon aveuglante, depuis fort longtemps, qu’il existe un pouvoir au-dessus du prétendu pouvoir du peuple. Dans la coulisse, les groupes de pression, lobbies et sociétés secrètes s’en donnent à coeur joie. Rappelons à titre d’exemple l’élection du président de la fraternelle parlementaire maçonnique à la présidence du Sénat. Elle a le mérite de montrer, évidemment, la puissance des « frères trois points ». De même, la multitude des affaires de corruption qui les ont amenés sur le devant de la scène ont permis de se faire une idée de l’influence de la franc-maçonnerie dans toutes les sphères du pouvoir. Avec 40 % des parlementaires francs-maçons et le reste de « francs-maçons sans tablier », on comprend que rien ne soit entrepris par ces assemblées pour lancer la destitution de l’homme qui martyrise la France depuis 2017. Mais la maçonnerie n’est que l’un des nombreux et importants pouvoirs qui, dans la « démocratie » française, ne sont pas d’origine démocratique. Par son intolérance envers tout ce qui n’est pas elle-même, la République française n’est pas différente des régimes dirigistes qu’elle critique et condamne. En soi cela ne nous choque pas, il est dans la nature du pouvoir de diriger et si nous y accédions nous serions dirigistes, mais dans un sens positif, pour faire le ménage et rétablir les Français dans leur souveraineté sur leur sol. Ce qui nous choque en revanche c’est sa malhonnêteté, c’est qu’elle continue à ne pas assumer ce fait et qu’elle continue à se présenter comme une démocratie au prétexte qu’y a cours un « théâtre parlementaire » lui servant de caution.
