Liberté individuelle versus Justice sociale

Ou les raisons de l’échec global du socialisme.

L’un des principaux motifs pour lesquels la démocratie a réussi à supplanter la doctrine marxiste dans la plupart des parties du globe tient à ce que l’idée de liberté individuelle s’est montrée plus vitale, plus productive sur le plan économique que l’idée de justice sociale. 

L’idée de liberté maximale de l’individu s’est trouvée au cœur de la doctrine démocratique, tandis que, au contraire, l’idée de justice sociale était caractéristique des sociétés qui avaient adopté l’idéologie marxiste. Il ne s’agira ici que de la démocratie en tant qu’associée à l’idée de liberté individuelle. Parce que pour ce qui est de l’idée inscrite dans son nom, le gouvernement par le peuple, il est clair et établi désormais qu’il s’agit d’une monumentale escroquerie. Celui qui en doute encore peut s’en convaincre à la lecture de nos articles Sommes-nous en démocratie ?, La démocratie mérite bien un procès, La démocratie représentative, cette admirable mécanique, L’astuce finale qui a trompé le peuple, et On vous a dit que la République c’est la démocratie ? 

Il faut par ailleurs, s’agissant de démocratie et liberté, parler au passé, car on voit partout en Occident comment la démocratie est entrée dans un processus de restriction de plus en plus dure des libertés, de circulation (la limitation de la vitesse sur route, sa taxation par les radars), de mouvement et d’emploi (lors de l’épisode Covid-19), de parole (toutes les lois interdisant de parler librement de certains sujets, le pire du totalitarisme woke étant la situation du Canada qui envisage de l’emprisonnement à vie pour délit d’expression, voir notre article). La dérive autoritaire de la démocratie est devenue tellement flagrante qu’elle fait désormais l’objet de publications telles que par exemple Autoritarismes démocratiques et démocratie autoritaires au XXIe siècle dans la collection Recherches aux Éditions La Découverte (2016). En France, la politique technocratique héritée de Saint-Simon, pose par définition que le peuple est sot et qu’il doit obéir aux sachants, ce qui est en réalité un courant anti-démocratique. La technocratie n’est pas démocratique. Un sot que l’oligarchie politique et technocratique n’a donc pas intérêt à élever intellectuellement, ce que réussit parfaitement l’Éducation nationale produisant des cohortes de jeunes gens moulés et formatés (certains s’en libèrent) pour marcher docilement sous l’idéologie du régime, gage pour cette oligarchie de maintient dans sa position de supériorité.

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Bastiat, le libéral inconnu des Français

Libéral au sens français, pas au sens américain qui désigne la gauche, le Parti démocrate. Nous ne sommes par partisans de la politique économique libérale et du libre-échange débridés et sans pitié tels que les pratiquent les mondialistes, on voit les ravages que cela a provoqué et provoque toujours sur les emplois et certains secteurs, comme l’agriculture actuellement. Cela ne signifie pas qu’il faille aller vers une économie communiste, gage certain de désastre. Mais sans être de ces libéraux, il faut néanmoins reconnaître que la doctrine a eu un penseur qui n’est pas dénué d’intérêt, en la personne de Frédéric Bastiat.

Frédéric Bastiat est un économiste français (1801 – 1850), dont les œuvres complètes tiennent en sept volumes. Ayant été un champion du libre-échange, un partisan d’un interventionnisme minimal de l’État, un pédagogue du droit de l’individu et, de là, un pourfendeur du socialisme, il est totalement occulté par les gens qui tiennent la France. Un économiste optimiste, parfois angéliste. Un temps fort célèbre, il est tombé dans l’oubli. Le libéral inconnu, en quelque sorte ? Presque. On ne l’enseigne plus. Son nom surnage dans la mémoire des rares intellectuels qui ont lu L’histoire des doctrines économiques où Karl Marx s’oppose à lui. Ses textes ne sont connus que d’un petit nombre d’économistes et de politiciens. Chez les champions du libre-échange, Margaret Thatcher en a cité de mémoire des paragraphes entiers pour épater Giscard, Ronald Reagan le lisait déjà avant d’entrer en politique. Bastiat est toujours à l’étalage des librairies aux États-Unis, publié au Brésil, pratiqué au Japon, traduit en lituanien. Il est tabou en France. Avant de citer le personnage et la pertinence de ses propos, commençons par évoquer le tableau français :

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L’Économie n’est pas le Destin

« Les seules réalités qui comptent pour notre avenir sont d’ordre économique », déclarait au cours d’un débat un ministre, qui est aussi, paraît-il, le meilleur économiste de France. « Je suis bien d’accord avec vous », lui répliquait l’adversaire politique qui lui était opposé, « mais vous êtes un piètre gestionnaire et nous sommes plus forts que vous en économie ». Dialogue révélateur.

Comme Nietzsche, sachons débusquer les faux savants sous le vernis des « spécialistes », osons déboulonner les idoles. Car la fausse science, la métaphysique aussi, de notre époque, et la première de ses idoles, c’est bien l’économie.

« Nous vivons dans des sociétés, note Louis Pauwels, pour lesquelles l’économie est tout le destin. Nous bornons nos intérêts à l’histoire immédiate, et nous bornons celle-ci aux faits économiques ». Notre civilisation, en effet, qui n’est plus une « culture », est fondée sur une conception du monde exclusivement économique. Les idéologies libérales, socialistes, ou marxistes, se rejoignent dans leur interprétation « économiste » de l’homme et de la société. Elles postulent toutes que l’idéal humain est l’abondance économique individuelle ; bien qu’elles divergent sur les moyens de parvenir à cet état, elles admettent unanimement qu’un peuple n’est qu’une « société », elles réduisent son destin à la poursuite exclusive de son bien-être économique, elles n’expliquent son histoire et n’élaborent sa politique que par l’économie.

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Pauvres Français !

Nos amis Suisses gagnent presque trois fois plus que les Français. Pourtant le coût de la vie en Suisse n’y est que 63% plus élevé.

Et si l’on prend les Pays-Bas ? Le Hollandais moyen gagne près de 14 000 € de plus par an pour un coût de la vie quasi identique à celui des Français. 

Le « pays de glace » l’Islande, terre minérale et semi désertique, aux maigres forêts (plus de la moitié du territoire islandais est dépourvue de végétation), sans agriculture (les terres arables en Islande représentent moins de 1 % de la surface de l’île ; la pêche et le tourisme y sont importants en revanche), qui n’exporte pas son énergie, parvient à se classer deuxième, et est l’un des pays les plus prospères dans le monde.

Qu’est-ce qui ne va pas en France ? On pose la question par formalisme. La réponse est connue : des « élites » politiques et économiques incompétentes et lamentables, une politique volontaire de bas salaires, 60 % d’une population de mendigots trop pauvre pour être soumise à l’impôt sur le revenu et pour compenser un écrasement fiscal des 40 % imposables, une dilapidation de l’argent public dans une générosité délirante envers des populations hostiles importées et maternées par millions… Un système général à abattre et à reconstruire en interdisant d’accès au pouvoir les idéologies et les hommes dudit système. Mais il gèlera en enfer avant que ce soit le cas. Pourtant, la France était la quatrième puissance économique et militaire du monde dans les années 1970. C’est à cet incroyable déclassement que l’on mesure la bêtise malfaisante des générations qui ont gouverné depuis cette époque, avec une aggravation extraordinaire opérée par celui qui est en poste depuis 2017. C’est un crève-cœur.

Florent de Mestre

Un modèle économique à bout de souffle

La grande photographie de l’économie française que propose Jérôme Fourquet, auteur de La France d’après aux Éditions du Seuil, peut laisser penser que ce sociologue serait un vieux grincheux décliniste qui décrit un appauvrissement du modèle économique français. Il ne fait montre que de lucidité.

Pour lui, depuis la fin des années 1970, le métabolisme économique de la France a changé. Le pays a basculé dans un système qu’il appelle « stato-consumériste », terme définissant une économie centrée non plus sur la production, sur ses usines, mais sur la consommation des ménages avec le soutien de l’Etat devenu une espèce de guichet à argent public sous forme de prestations sociales, d’aides directe, de prolifération des services publics… Le modèle stato-consumériste produit de moins en moins, mais consomme beaucoup, avec le soutien de l’État.

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Notions d’économie

Tout allait si bien naguère dans les verts pâturages boursiers. Pendant la décennie 1990, les conseillers financiers expliquaient à leur clientèle que, « à long terme, le trend (c’est-à-dire la tendance du marché) est toujours à la hausse ». La preuve ? Le graphique des « performances », affichant à l’époque plus 80 % sur les cinq dernières années haussières. La Bourse semblait un excellent moyen de gagner de l’argent… Naturellement, on parlait peu des risques. Cependant, il arrivait qu’avant de succomber à la tentation boursière, un client méfiant évoquât le crash de 1929, de triste mémoire. Le conseiller financier le rassurait sans difficultés : « 1929 ne pourrait pas se reproduire. Les techniques financières ont fait d’immenses progrès depuis cette époque. Aujourd’hui, on se « couvre » contre les baisses avec les « options », et les banques centrales contrôlent parfaitement les cycles économiques ! Au contraire : les petites baisses des marchés sont d’excellentes opportunités d’achat. Souvenez-vous du crash de 1987 : imaginez, si vous aviez acheté quand les cours étaient bas, quelle bonne affaire vous auriez faite ! ». Tout paraissait simple : il suffisait d’ « investir à long terme », et l’on était sûr de gagner. Cette croyance dans le caractère illimité des richesses disponibles présidait également aux faits et gestes du secteur public occidental. Les dirigeants politiques persuadaient les masses accourues des pays pauvres, que la société d’abondance avait définitivement résolu le problème de la production de richesses. Et qu’elles aussi avaient le droit de s’asseoir à la table du festin. « Toute la misère du monde » affluait vers un Occident qui annonçait fièrement l’avènement de la « Nouvelle Solidarité » et de la « Sécurité Sociale pour Tous ». Il semblait admis que les richesses naissaient désormais par génération spontanée.

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1 FRANC = 0,15 euro

Le franc est définitivement mort. C’est ce que proclament les euromonétaristes bien prompts à oublier qu’en politique tout n’est que question de courage, et que ce qu’une loi a fait une loi peut le défaire.

Le franc faisait partie de notre histoire comme de notre imaginaire national, bien au-delà de sa valeur pécuniaire. La première monnaie-or ayant cours légal en France, un écu d’or valant dix sous tournois, est l’oeuvre de Louis IX (1266), revendiquant la frappe monétaire comme instrument de souveraineté… et de libération des Français, qui ne seront plus obligés de payer leurs transactions commerciales importantes en or florentin (florin), vénitien (ducat) ou du Saint Empire romain germanique.

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Du diktat économique

Étymologiquement, économie vient de deux racines grecques qui signifient ordre dans la maison. Dans la hiérarchie des savoirs fixée par la scolastique (réflexion philosophique classique), l’économique, vient après la politique, cette dernière après la morale, laquelle est précédée de la métaphysique. Ceci du fait que l’économie est subordonnée à des principes, à des priorités, à des activités qui lui sont préalables et… supérieures. La sphère économique n’est pas indépendante du reste de la société : encore moins peut-elle, dans un monde normal, lui dicter ses lois. Mais nous ne vivons pas dans un monde normal.

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Végéter et survivre

La vie ne se résume plus qu’à cela pour beaucoup en France en 2023.

« La société du travail est en train de disparaître ». Dans une chronique publiée le 5 septembre dernier sous ce titre dans Les Échos, Antoine Foucher donne des éléments effrayants, chiffres et références à l’appui, sur la dégradation de la situation financière des Français et la maladie économique d’un pays où le travail pour la plupart d’entre nous ne permet plus aucune ascension sociale. On comprend l’hémorragie-expatriation de jeunes actifs notamment vers d’autres pays qui ont conservé une normalité en la matière. Voici l’essentiel de son propos :

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Un ordre où l’économique reste subordonné à l’humain

Comment défendre son peuple si on ne se préoccupe pas de son quotidien ? Toute pensée authentiquement patriote ne peut occulter la gravité de la question sociale, ni ignorer son actuelle mutation. L’ère moderne se caractérise par l’accaparement marchand de la planète par une minorité imbue d’elle-même : l’oligarchie ou hyperclasse qui constitue la tête du Système. Désormais s’imposent la tyrannie de l’Avoir et le despotisme du Fric, grands fossoyeurs de toutes différences. Le déchaînement financiariste et le rôle dissolvant des marchés contribuent aussi à cet arasement des héritages populaires et identitaires.

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