On a beaucoup parlé de la crise financière mondiale, de la crise du capitalisme, ce dernier est-il en crise, mais personne ne se pose la question de savoir – à part quelques figures intellectuelles de notre courant de pensée – si l’exploitation de l’homme par l’homme, l’accumulation et la suraccumulation du capital et du profit, si l’illimitation de l’argent, des objets, de la production et de la consommation, ne sont pas intrinsèques au capitalisme et si finalement le capitalisme ne contient pas en germe sa propre crise. Très souvent, chaque fois que le capitalisme rencontrait une crise et qu’il en a triomphé, ce qu’il a incontestablement fait, il est de coutume de dire que le capitalisme se nourrit de ses crises si bien qu’en définitive les crises sont une bonne chose, elle sont un signe de vitalité, et on s’appuie en général à ce propos sur des théories comme la théorie du cycle de Kondratieff, avec des moments de contraction et de dilatation, ce qui finalement nourrit une espèce de conception « météorologique » de la crise, les gens entendent dire que l’on est dans la crise comme on dit que l’on est dans le brouillard ou qu’il fait nuit, ou un peu froid, et que tout ça va changer, se réchauffer, que le jour suivant va se lever, etc. C’est vrai souvent, mais ce n’est pas vrai toujours. Et c’est là où il faut faire une différence entre les crises structurelles et les crises conjoncturelles, ces dernières comme leur nom l’indique renvoyant à une conjoncture, bonne ou mauvaise, mais dont on sort sans pour autant changer de système. Les crises structurelles, que l’on appelle aussi crises systémiques, sont d’un autre caractère car ce sont des crises dont on ne parvient pas à sortir en restant à l’intérieur du système qui les a produites. Et c’est à partir de là qu’il faut s’interroger sur le rôle de l’économie, les rapports de l’homme et de l’économie, s’interroger aussi sur le système du capitalisme qui a triomphé de ses compétiteurs pour toute une série de raisons pendant longtemps, mais qui a aussi il faut bien le dire ses contradictions internes qui aujourd’hui paraissent éclater.
Lire la suite « Critique et décryptage du système capitaliste »
