Cruelle décadence

« Après avoir régenté les deux hémisphères, les Occidentaux sont en passe d’en devenir la risée : des spectres subtils, des fins de race au sens propre du terme, voués à une condition de parias, d’esclaves défaillants et flasques, à laquelle échapperont peut-être les Russes, ces derniers Blancs. »

— Emil Cioran, L’Écartèlement

Cioran n’avait pas seulement anticipé la chute de l’Occident, il en avait compris le fond obscène : l’autodétestation. Spectres subtils, esclaves flasques, fins de race… Tout était déjà dit. Et si nos dirigeants vomissent les Russes avec une telle constance, c’est peut-être parce que les Russes nous renvoient, eux, l’image insupportable de ce que nous avons trahi : la vigueur, l’enracinement, la verticalité.

Nous avons vu Dracula

Pari réussi pour Luc Besson dans son adaptation de Dracula, la reconstitution est parfaite avec des décors et costumes magnifiques, tous les acteurs sont excellents. Le réalisateur a insisté et développé opportunément l’aspect fondamental du roman si souvent minoré (sauf par Francis Ford Coppola) pour ne se focaliser que sur l’ « horreur », aspect fondamental qui est l’histoire tragique d’un amour contrarié par le destin. Nous ne donnerons pas de détails trop précis pour ne pas vous gâcher la surprise mais Luc Besson a eu quelques idées originales intéressantes qu’il est venu puiser dans le patrimoine architectural et littéraire français (il fait entre autres se passer l’action occidentale à Paris au lieu de Londres), les servants de son château, la scène du couvent qui rappelle la possession des Ursulines de Loudun mêlée à un emprunt au premier roman de Patrick Süskind porté à l’écran en 2006, nous n’en dirons pas davantage. Sur le plan de la minoration de l’ « horreur » évoqué plus haut, nous avons apprécié que le comte Vlad mène son combat final sous forme humaine et à l’épée tel un hussard magnifique au lieu de la sempiternelle image de métamorphose ailée hideuse. Tout cela est très bien vu. Le cinéma français de qualité est suffisamment rare pour être signalé lorsque c’est le cas. Il y a une ou deux petites incohérences mais elles seront pardonnées en regard de la qualité de l’ensemble. Allez voir ce superbe Dracula de Luc Besson.

Les races sont les classes sociales de l’humanité

Les élites sont le contraire de l’élite. Les cultures sont le cimetière de la culture. Les musiques sont le tombeau de la musique. La submersion migratoire n’est absolument pas indépendante de la subversion sociale et culturelle. Les races sont les classes sociales de l’humanité. C’est la haine de classe qui a amené la haine de race et ses crimes quotidiens, ses égorgements, ses viols et sa conversion de l’espace en poubelle renversée. C’est la dictature de la petite bourgeoisie qui impose la tyrannie du remplacisme global, de la diversité et du meurtrier vivre ensemble. Les Européens, pour le meilleur et pour le pire, ont été les aristocrates et les bourgeois de la Terre. Détruisez la culture et les classes cultivées, il ne reste rien d’eux.

– Renaud Camus

Et les normies sont arrivés

Durant les quinze premières années de l’Internet, c’était la culture geek qui dominait. Tout le monde était sous pseudo et anonyme. C’était l’époque des forums phpBB, où Internet était littéralement un paradis et chaque jour on découvrait des nouvelles pépites, et on jugeait quelqu’un uniquement à ses idées. Puis sont arrivés les normies, et là, le drame : ils ont essayé d’importer leur culture de normie, en mettant leur vrai nom et leur vraie photo pour se faire mousser, pensant que ça leur donnerait plus de crédibilité. Et la descente aux enfers de l’Internet a commencé : au lieu d’être un nouvel espace de liberté indépendant, il est devenu une version digitale du monde réel avec tous ses défauts. Et maintenant la gouvernance veut en contrôler l’expression par la censure. Un outil merveilleux a été transformé en terrain sous surveillance où l’on avance avec la crainte d’un coup porté par les chiens de garde du Système.

Les opinions des hommes et l’ingénierie sociale

Beaucoup de gens m’écrivent ou me demandent pourquoi j’ai cessé de participer à des émissions de radio ou de télévision. Il s’agit sans aucun doute de personnes naïves qui vivent dans un monde imaginaire. Dans un passage particulièrement abject de son Contrat social, Rousseau fait sans vergogne référence à la nécessité de façonner l’« opinion publique » de manière induite : « La volonté est toujours droite, mais le jugement qui la guide n’est pas toujours éclairé. Il faut lui faire voir les objets tels qu’ils sont. Tous ont également besoin de guides. Il faut obliger les uns à conformer leur volonté à leur raison ; il faut enseigner aux autres à reconnaître ce qu’ils veulent ». Et, un peu plus loin, Rousseau étaye cette vision ignominieuse de l’être humain par un aphorisme malveillant : « Corrigez les opinions des hommes et leurs mœurs se purifieront d’elles-mêmes ».

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Longue mémoire

L’esprit tragique, présent dans toute la littérature épique européenne depuis Homère, examine les échecs en proportion de leur héroïsme, au point de voir en eux un prétexte à l’éternisation des héros. Cette idée rappelle que la vision que l’on se fait du passé détermine l’avenir. Il n’y a pas de futur pour qui ne sait d’où il vient, pour qui n’a pas la mémoire de ce qui a fait ce qu’il est.

— Dominique Venner, Histoire et tradition des Européens

Soljenitsyne, présent !

Le 3 août 2008 disparaissait Alexandre Soljenitsyne. Écrivain, dissident, témoin du goulag, il fut l’une des grandes consciences du XXe siècle. Sa voix, rude et droite, n’a cessé de dénoncer les crimes du totalitarisme soviétique. Rescapé des camps, Soljenitsyne livre au monde une œuvre majeure : « Une journée d’Ivan Denissovitch », « Le Premier Cercle », « L’Archipel du Goulag »… Par sa plume, les souffrances d’un peuple entier sont arrachées au silence. Ses textes, transmis clandestinement à l’Ouest, révèlent l’enfer du système concentrationnaire soviétique. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1970. De retour en Russie dans les années 1990, Soljenitsyne reste fidèle à sa vision : une Russie enracinée, spirituelle, exigeante. Ni nostalgique du tsarisme, ni réconcilié avec le communisme, il prône une renaissance fondée sur la vérité et la justice. Mais Soljenitsyne n’est pas qu’un témoin : il est un penseur. Dans son discours d’Harvard (1978), il alerte l’Occident sur les dérives du matérialisme, du relativisme, du confort sans âme : « Un déclin du courage est peut-être le trait le plus frappant de l’Occident. » Soljenitsyne meurt le 3 août 2008. Son œuvre demeure un socle pour qui refuse l’oubli, la soumission, le mensonge. À ceux qui veulent comprendre le XXe siècle, il offre cette leçon : « Ne vivez pas dans le mensonge. »

Une élite intellectuelle

Dans les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne a été témoin d’une merveille révolutionnaire : le Horten Ho 229 construit par les frères Walter et Reimar Horten. Cette conception a laissé un impact indélébile sur la furtivité moderne et l’innovation aéronautique, les Allemands laissant leur marque en tant que pionniers de la technologie furtive des décennies avant son temps.

L’Allemagne a été une extraordinaire puissante intellectuelle et technologique, avec entre autres son excellence dans la chimie, ses paquebots transatlantiques remportant régulièrement le « Blue Riband » (la marque des navires les plus rapides), ses sous-marins, son avance dans la motorisation des fusées avec Wernher von Braun, et le Horten Ho 229. C’est parce que cette excellence continentale constituait une menace économique pour l’hégémonie sur l’Europe des puissances atlantistes (Royaume-Uni, USA, les théories de Halford Mackinder et Alfred Mahan) qu’elles décidèrent de l’abattre, de tout faire pour la réduire à un pays vassal.

Ce n’est pas rien d’être fils d’Europe

Les mythologies antiques des peuples d’Europe sont pleines de figures inspirant le merveilleux et l’héroïsme. Elles furent lessivées par le christianisme misérabiliste qui « tend l’autre joue ». Nous n’appartenons pas aux fables du Jourdain, de la Mer rouge ou d’un caillou tombé du ciel du côté de la Mecque.

Bellérophon est un héros de la mythologie grecque. Il fut « le plus grand héros et tueur de monstres, aux côtés de Cadmos et de Persée, avant l’époque d’Héraclès ». Son plus grand exploit fut de tuer la Chimère, un monstre qu’Homère représentait avec une tête de lion, un corps de bouc et une queue de serpent : « Son souffle jaillissait en de terribles flammes ardentes. »