Le poids des émotions en matière politique

Voici un sujet à la croisée des chemins entre psychologie, anthropologie et politique, où l’on peut distinguer les régimes politiques en fonction de leurs ressorts émotionnels.

 Il faut avant tout distinguer émotion et passion. Le premier terme est devenu le plus courant dans les sciences sociales, sous l’influence de la psychologie et de Darwin. On a tendance à les confondre, alors que ce sont en fait deux temps dans l’état affectif des êtres humains. L’émotion est la réaction brusque, irréfléchie, initiale, alors que la passion vient dans un second temps se greffer sur l’état émotionnel initial et y fixe une idée qui devient plus ou moins obsessionnelle et qui constitue donc la passion. Les passions affectent le comportement en société, ainsi que les rapports entre gouvernants et gouvernés.

On identifie quatre phénomènes ou ressorts qui permettent d’expliquer le comportement en société : 

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L’expérience de Asch : la fabrique du conformisme

Situation familière : une collègue se lance dans une diatribe dégoulinante de moraline, un autre embraye sur les bienfaits de la diversité et quand vient enfin votre tour, n’osant pas émettre d’opinion contraire, vous vous contentez d’un vague hochement de tête.

Si vous vous êtes déjà retrouvé dans cette situation, cet article est pour vous ! Car si la pression sociale est un phénomène connu. Une expérience psychologique réalisée en 1951 a montré que les gens sont bien plus influençables qu’ils voudraient le croire, parfois au point de déformer la réalité sans s’en rendre compte.

Voici en quoi consiste cette expérience fascinante et surtout quelles leçons en tirer pour résister au discours dominant.

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Du Conditionnement

En 1932, Aldous Huxley publie son livre Le Meilleur des Mondes, une dystopie décrivant une société futuriste où le contrôle technologique et social est omniprésent. Il est précédé en 1921 par le russe Eugène Zamiatine qui écrit sa propre dystopie totalitaire Nous Autres. Il sera suivi de George Orwell avec 1984. Le glissement de notre époque contemporaine vers les univers décrits par Zamiatine, Orwell et Huxley a amené les érudits et les analystes à évoquer de plus en plus fréquemment leurs trois romans dans le débat, dans des articles, permettant de les faire connaître davantage, mais tous ceux qui ne les ont pas encore lu doivent absolument le faire.

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La richesse est ennemie de la Tradition

La chose est connue, en Europe avec par exemple le mythe de l’Anneau maudit des Nibelungen et de la malédiction de l’or du Rhin. Gardé par les trois filles du fleuve, Woglinde, Wellgunde et Flosshilde, un trésor d’or pur repose au fond du Rhin. Alberich, de la race des Nibelung, maudit l’amour qui lui est associé et vole l’or afin d’en forger un anneau qui donne une puissance sans limite et apporte la richesse à celui qui le possède. Sur le conseil de Loge, cet anneau ainsi que les richesses accumulées par Alberich lui sont ensuite dérobés par Wotan pour payer le salaire de Fasolt et de Fafner, les deux géants bâtisseurs du Walhalla qui est censé devenir la demeure des dieux dont Wotan est le maître. Fou de colère et de douleur, Alberich maudit l’anneau, qui causera désormais la perte de quiconque le possédera. Wotan garderait bien l’anneau pour lui mais Erda, déesse de la sagesse, lui conseille de fuir la malédiction qui y est attachée. La malédiction fait son effet : Wotan cède l’anneau aux géants, mais au moment du partage du butin, Fafner tue son frère Fasolt afin de posséder l’anneau… moment dont s’est inspiré J.R.R. Tolkien pour établir les débuts de Sméagol, le futur Gollum, qui s’empare de l’Anneau unique après avoir tué son ami qui venait de le découvrir.

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Une société invertébrée et un peuple d’éternels adolescents

Si nous analysons objectivement la société dans laquelle nous vivons, nous nous rendons compte que tout est vraiment grotesque. Nous avons des divertissements médiatiques de type adolescent pour chaque tranche d’âge, nous avons un système éducatif qui a remplacé le véritable apprentissage académique par des images et des slogans avec des résultats dévastateurs (j’enseigne l’économie et le droit dans un lycée, nda), nous achetons des produits pharmaceutiques qui soulagent mais ne guérissent jamais, nous avons des services sociaux destinés à tous mais pris en charge exclusivement par des profiteurs sans scrupules, nous déléguons la gestion du temps libre de nos enfants à Internet (jeux, pornographie, arnaques, etc.). C’est inacceptable.

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L’Homme occidental est en exil intérieur

A écouter une certaine frange de la pensée officielle, les citoyens occidentaux n’auraient à se plaindre de rien du fait du confort matériel historiquement élevé qui est le leur. L’accumulation matérielle aurait banni le malheur. La misère vaincue, il ne resterait aucun motif de colère à l’homme. La souffrance n’a plus de raison d’être, car nous disposons de l’eau courante, de l’électricité, de l’I-pad, de l’ordinateur portable, de l’écran plat, de cent parfums de crèmes glacées, d’une garde-robe élargie, et de « vaccins » mis à sa disposition par cette gouvernance si bienveillante. L’homme a trouvé le salut dans la marchandise. Qu’un individu ose déplorer sa triste condition et un chien de garde du système lui répondra que ses griefs sont illégitimes et que, par sa plainte, il se comporte en enfant gâté. Ni ses ancêtres, ni l’immense majorité de la population mondiale n’ont joui de son confort. Alors qu’il se taise.

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Yann Moncomble, éminent clairvoyant

« En clair, ceci revient à dire qu’un petit groupe aura la haute main, par le système de la manipulation psychique, sur la masse. H.G. Wells, grand admirateur des idées de Tchakhotine, disait lui-même que, pour conduire les masses populaires sur cette voie (le socialisme à visage humain !), cela ne pourra être que « l’œuvre en premier lieu d’un Ordre d’hommes et de femmes, animés d’un esprit combatif, religieusement dévoués à l’idée, qui s’efforceront d’établir et d’imposer une nouvelle forme de vie à l’espèce humaine ». (…)

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Machiavel, prince du Mal

Au Moyen-Âge, on pense encore qu’un homme qui n’est ni bon ni honnête ne saurait faire un bon souverain et régner de façon vertueuse. A contrario, la Renaissance, avec des auteurs tels que Machiavel, connait un premier effondrement de la moralité, ne voit pas d’incompatibilité entre fonction de pouvoir et malhonnêteté, donnant la primeur à l’efficacité, faisant de la duplicité une norme en politique, et même plus qu’une norme, une vertu. Nous n’en sommes jamais sortis depuis.

L’Italien Nicolas Machiavel (Niccolò di Bernardo dei Machiavelli), l’homme qui a théorisé la pourriture du comportement politique, et dont le nom est passé dans le langage commun en tant que synonyme de ruse perfide, de don inégalé pour la machination et le complot.

Qui parle au nom de qui ?

Quelles sont les structures traditionnelles qui, de longtemps, se répartissent la prise en charge de la société ? Organisations politiques, syndicales, religieuses, professionnelles, chacune possède une légitimité sociale très supérieure à celle de ses dirigeants, qui demeurent des « représentants » parlant « au nom de… » et dont le poids dépend autant des arguments qu’ils présentent que des cautions qu’ils apportent. Le fonds de commerce est effectivement un système de cautionnement discutable qui crédite ses propriétaires du présent et du passé.

L’organisation s’exprime au nom d’un certain nombre de personnes – militants, sympathisants, électeurs, fidèles, clients – censées se reconnaître en elle. Plus nombreux sont les représentés, plus puissants sont les représentants, aussi les seconds ont-ils intérêt à gonfler les effectifs et à exagérer leur représentativité. Qui parle au nom de qui ? C’est la grande partie de poker menteur à laquelle les pouvoirs publics prêtent parfois la main. Recherchant des partenaires pour jouer à la concertation, ils ont souvent intérêt à ne pas examiner de trop près les titres véritables de leurs interlocuteurs.

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Comment Emmanuel Macron rend malade le corps social

L’expérience de Robert Sapolsky sur les babouins, et les élections législatives anticipées offrent une perspective fascinante sur les dynamiques sociales et les effets du stress.

Les babouins de Sapolsky, vivant en sociétés hiérarchisées, montrent que ceux en bas de l’échelle sociale subissent un stress chronique plus intense. Ce stress se traduit par des problèmes de santé, tant physiques que mentaux, dus à un manque de contrôle et à une incertitude constante.

Lors des élections législatives anticipées, une situation similaire se dessine chez les électeurs. Ceux qui se trouvent en position de vulnérabilité sociale ou économique ressentent un stress accru face à l’incertitude politique. Cette pression peut influencer leurs comportements électoraux, les poussant vers des choix plus réactifs, souvent en quête de solutions rapides et sécurisantes.

Tout comme les babouins bénéficient de relations sociales positives pour atténuer les effets du stress, les individus disposant de solides réseaux de soutien (famille, amis, communauté) traversent mieux les périodes d’instabilité politique. Ces soutiens jouent un rôle crucial en apportant réconfort et stabilité, réduisant ainsi l’impact du stress chronique. L’instabilité politique prolongée, tout comme le stress hiérarchique chez les babouins, peut avoir des conséquences graves sur la santé publique. Les citoyens exposés à ces tensions peuvent développer des troubles de santé mentale, tels que l’anxiété et la dépression, ainsi que des maladies physiques comme l’hypertension. Ainsi, la stabilité politique et le soutien social sont essentiels pour minimiser les effets délétères du stress sur la société. En somme, l’expérience de Sapolsky illustre comment les dynamiques de pouvoir et le stress affectent les individus tant chez les babouins, que chez les humains en période électorale. Comprendre ces parallèles nous rappelle l’importance de créer des environnements sociaux et politiques qui réduisent le stress et favorisent le bien-être collectif. Ce que l’occupant de l’Élysée ne fait pas.