Notons d’abord que certaines particularités institutionnelles et sociologiques font obstacle par nature au développement normal d’un débat public pluraliste en France : le monopole de l’État (et, en réalité, des syndicats enseignants de gauche et de la franc-maçonnerie) sur l’éducation, et la mainmise des mêmes forces idéologiques sur la presse et les médias. Cette situation est ancienne, mais ses effets n’ont cessé de s’aggraver dans les années récentes.
L’« école unique », dont la théorie a été faite dans les années 1920 et 1930 a été mise en place par la Ve République en raison d’une fatale erreur d’analyse de de Gaulle. Or, depuis 1968, ce monopole administratif et idéologique n’a plus eu pour seul effet de créer de l’uniformité et du conformisme, mais il est allé dans le sens d’une dévalorisation systématique du savoir. Les nouveaux maîtres de l’Éducation nationale, se rendant compte qu’ils ne pouvaient unifier l’école en l’alignant par le haut, mais ne voulant pas, par idéologie, renoncer au projet même de l’unifier, ont sciemment décidé de l’aligner par le bas. Ils ont sacrifié le savoir sur l’autel de la prétendue « réduction des inégalités sociales ».
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