Un regard de l’esprit et du sang

Le paganisme – tout au moins le paganisme tel que, d’abord, je le ressens et tel que, ensuite, je le comprends (après l’avoir réellement intériorisé au contact de Saint Loup) – m’apparaît comme beaucoup plus qu’un regard qui embrasse le monde, ce regard fut-il d’explication, de réconciliation ou d’harmonisation. Aux moments de recueil, d’études mais aussi d’interrogation sur l’avenir : devenir de nos peuples menacés sur leur sol et dans leur sang, il m’emplit chaque fois de nouvelles espérances et de nouvelles certitudes et je l’éprouve alors dans l’apaisement infini du regard souverain qui restitue dans sa pensée et ré-installe dans son harmonie originelle tout ce que vingt-et-un siècles de dérive obscurantiste, de rupture dualiste et d’éradication égalitariste ont extirpé des matrices naturelles, amputé, mutilé, jusqu’à criminaliser aujourd’hui les peuples qui ont encore conscience de leur identité ou à diaboliser les cultures qui veulent vivre leur originalité ; regard qui monte des racines, qui relie le droit du sol à la loi du sang, regard identitaire qui nous réapprend que la dignité de l’homme n’est concevable que dans le respect imprescriptible de ses différences et, à cause de cela même, regard du sang qui se métamorphose en esprit, dit Nietzsche, regard de l’esprit et du sang, dit Knut Hamsun, enclin alors à deviner et à saisir, plus loin que soi, la « fibre nerveuse qui unit l’homme à l’univers et aux éléments » car une race regarde le monde avec les yeux de ses mythes, écoute ses dieux avec les oreilles de ses archétypes, parle aux arbres, aux bêtes et aux hommes dans la langue ancestrale de sa culture. Mais je ressens aussi le paganisme comme le regard que la nature se porte à elle-même quand ses dieux, dont les actes miment et répètent les archétypes de l’harmonie primordiale, dévoilent à la conscience des hommes les lois qui fondent l’ordre du monde. Autant dire que le paganisme m’apparaît comme un élément constitutif du monde et de la vie.»

Pierre Krebs

Ethlinn, figure de la mythologie irlandaise

Ethlinn, ou Eithne dans certaines traditions celtiques, est une figure fascinante et complexe, connue pour son rôle dans les récits des Tuatha Dé Danann, le panthéon divin des anciens Celtes d’Irlande. Son histoire, à la croisée de la malédiction et de la destinée, illustre des thèmes universels de pouvoir, de prophétie et de transformation.

Ethlinn est principalement célèbre comme la fille de Balor, le roi cyclopéen des Fomoires, une race de géants souvent en conflit avec les Tuatha Dé Danann. Balor, conscient d’une prophétie affirmant qu’il serait tué par son propre petit-fils, tenta de contourner son destin par des moyens drastiques. Il enferma Ethlinn dans une tour ou une forteresse isolée, l’éloignant ainsi de tout contact masculin pour empêcher toute possibilité de conception. Cette isolation montre un contraste frappant avec la notion celtique traditionnelle de la féminité comme source de fertilité et de pouvoir.

Lire la suite « Ethlinn, figure de la mythologie irlandaise »

Joyeux Beltane !

Beltane, fête du 1er mai dans le paganisme celte, est à l’opposé de Samhain le 1er novembre sur la roue traditionnelle païenne de l’année… Les deux moments ont en commun le fait que leurs nuits sont celles où le voile entre les mondes est assez fin. A Beltane, il est dit que les fées reviennent de leur refuge d’hiver. A ce moment, la nuit est remplie de magie. Les enfants conçus durant Beltane (et naissant à Imbolc, le 1er février) étaient considérés ayant le pouvoir de voir les fées et être capables d’interagir avec elles. Bonne fête de Beltane à tous les Européens de racine, d’esprit et de coeur.

Notre sacré vivra

Aujourd’hui le sacré de tradition européenne est bien vivant. Grâce à ceux que certains veulent appeler des « néo-païens » (appellation impropre puisqu’elle désigne des hommes et des femmes tout simplement païens, païens de toujours puisque leur foi – oui, leur foi – ne relève pas d’une époque ou d’une autre, étant liée au destin ancestral des peuples européens, au fil des siècles et des millénaires). Mais aussi grâce à ces éveilleurs qui, par le biais de la littérature, de la musique, des arts graphiques, du cinéma, du théâtre sont porteurs d’un message très simple : l’homme ne peut retrouver son équilibre et sa joie qu’en étant en harmonie avec l’univers, avec cette nature que tant de charognards s’ingénient à détruire aujourd’hui. Pour faire du fric. Et aussi parce que, quelque part, l’être de ces charognards (lié à leurs origines peut-être ?) est révulsé par tout ce qui constitue une identité enracinée, un attachement à une patrie charnelle. N’est-ce pas, Bernard-Henri Lévy ?

Notre sacré vit en nous. Il vit intensément lorsque nous sommes adossés à un chêne, auprès d’une source, devant un menhir, sur un sommet baigné de brume ou éclairé par le soleil. Ou tout bonnement en cheminant par plaines et montagnes, « une fleur au chapeau, à la bouche une chanson ». Mais aussi sur les hauts lieux de notre histoire, de Verden à Héligoland, de Delphes à Tolède, de Bibracte au Champ des Merles, de l’arc de Titus sur le Forum à Berlin, Moscou ou Riga.

Des voix fraternelles nous accompagnent tout le long de notre longue marche et chacune d’elles, à sa façon, nous rappelle s’il en est besoin où est notre sacré. Barrès le Lorrain, Colette la Bourguignonne, Giono le Provençal, Henri Vincenot le vieux Gaulois, Mabire le Normand, Genevoix le Solognot, Saint-Loup de la république du Mont-Blanc … et tant d’autres. Ils sont tous là, chantres de la terre et du sang, pour nous dire que tant que l’un de nous se tiendra debout notre sacré vivra. Un sacré réservé aux âmes fortes.

Athènes ou Jérusalem ?

J’ai choisi les racines spirituelles de notre terre d’Europe dans sa diversité. Embrassez votre culture européenne, vous n’êtes pas censé adorer les fils du désert ! Nous sommes les enfants du Soleil. Dans sa course nous voyons le char d’Apollon. Dans sa lueur, nous trouvons notre vérité. Son feu éclaire notre chemin, sa chaleur emplit notre âme et son voyage éternel à travers les cieux nous rappelle notre place dans le grand tout. Comme le Soleil se lève et se couche, nous faisons de même, liés à jamais à sa lumière.

Dans sa diversité… Qu’il se nomme Zeus chez les Grecs, Jupiter chez les Romains, Taranis chez les Celtes, Thor chez les Nordiques et Germaniques, Perun chez les Slaves, tous les peuples d’Europe partagent l’image d’un même dieu de la foudre et du tonnerre.

Revenez aux dieux de l’Europe !

Il y a certes une bataille pour l’Europe entre le Paganisme et l’Islam. Mais il en est une autre plus ancienne, celle entre le Christianisme et le Paganisme, qui ne devrait pas être une bataille entre les chrétiens et les païens. Nous sommes un peuple du Soleil. Nous sommes un peuple de la Forêt. Nous sommes un peuple du Nord. Nous Européens sommes les filles et les fils de la Terre Mère et du Père Cosmos. Nos pensées et opinions, nos actions et nos actes, le centre de notre esprit ainsi que le cœur de notre cœur tambourinent, palpitent et respirent au rythme de la nature nourricière et abondante de notre continent, pas de l’aridité des contrées sémites. Pour l’homme européen en recherche de spiritualité, le Polythéisme est l’ultime retour à la maison. Mais même dans les cercles nationalistes, il est des gens égarés, qui se complaisent spirituellement dans le marxisme culturel, soit en ne croyant en rien, soit en s’engageant dans le néo-occultisme (syncrétisme judaïque), soit en conservant le christianisme, pensée sémite importée, dans leur vie, ce qui est l’aberration suprême. Une fois que vous vous connectez aux Ancêtres et aux Dieux de notre tradition historique véritable et que vous êtes sérieux à ce sujet, tout commence à bien se dérouler, et vous vous retrouverez sur une meilleure voie. Revenez aux dieux de l’Europe, frères chrétiens. Cela nous brise le cœur de vous voir greffés sur l’arbre de Judée.

Ostara fête païenne du Printemps, et la symbolique de l’Oeuf

La tradition d’offrir des œufs décorés est bien antérieure au christianisme. Le symbole de l’œuf est quelque chose que l’on retrouve dans toutes les civilisations. La naissance du monde à partir d’un œuf est une idée commune aux Celtes, aux Grecs, aux Égyptiens, aux Phéniciens, aux Cananéens, aux Tibétains, aux Hindous, aux Vietnamiens, aux Chinois, aux Japonais, aux populations sibériennes et indonésiennes, à bien d’autres encore… Le processus de manifestation revêt toutefois plusieurs aspects ; l’œuf de serpent celtique, figuré par l’oursin fossile, l’œuf craché par le Kneph égyptien, voire par le dragon chinois, représentent la production de la manifestation par le Verbe. Quelles que soient les traditions, l’œuf revient à un moment de la création.

Lire la suite « Ostara fête païenne du Printemps, et la symbolique de l’Oeuf »

Aux sources géographiques du légendaire religieux germanique et nordique

Aux XVIIIe et XIXe siècles, la civilisation allemande donna le jour à une longue série de cerveaux extraordinaires : littérateurs, savants, philosophes, musiciens prodiges se succédèrent en un carrousel étincelant.

Ne retenons pourtant dans cette liste que trois noms : Schopenhauer, Nietzsche et Wagner. Trois sommets qui illustrent parfaitement divers aspects du génie germanique. Schopenhauer en relève le côté le plus pessimiste et il en délimite la voie par une analyse intellectuelle impitoyable. Pour lui, l’effort est douleur, et la volonté de vivre, un mal. On sait que la philosophie de Schopenhauer n’est pas sans affinités avec certaines conceptions de l’Inde et du Bouddhisme.

Par une réaction brutale, Nietzsche élabore une œuvre qui prit systématiquement le contre-pied du pessimisme de Schopenhauer. Le monde humain n’est ni bon ni moral, mais il peut être beau et dramatique, terrible et passionné, et il peut donner naissance à des « Surhommes » agissant ici-bas « par-delà le bien et le mal ». Les œuvres des héros de cette sorte suffisent à justifier et à glorifier la Vie. C’était le vieil idéal de l’Odinisme qui renaissait sous l’aspect d’une doctrine philosophique.

Quant à Wagner, n’étant point philosophe mais poète et musicien, il ne se lia à aucun système rigoureux. Son esprit flotta du pessimisme à la joie créatrice de l’art. Il chanta les héros des légendes germaniques, il célébra longuement les beautés violentes des vieilles mythologies. L’homme était sensible et complexe, et toute une large partie de son œuvre est empreinte du plus pur Odinisme ; on y trouve alors l’exaltation de l’action, et l’amour de la vie y éclate intensément, en contraste surprenant et combien révélateur du génie germanique.

Lire la suite « Aux sources géographiques du légendaire religieux germanique et nordique »

Religiosité indo-européenne

La religiosité indo-européenne n’est nullement servitude ; elle n’implique nullement les pleurs de l’esclave foulé aux pieds devant son maître inaccessible et impitoyable, mais bien l’accomplissement dans la confiance d’une réelle communauté englobant et les dieux et les hommes. – Hans F.K. Günther