
Être païen…


Avant les grandes civilisations historiques, avant les villes et les royaumes, l’Europe était le berceau d’une culture aussi ancienne qu’imposante : la culture mégalithique. Des côtes atlantiques de la Bretagne aux vallées alpines, du nord de l’Écosse à la Méditerranée, d’énormes structures en pierre — menhirs, dolmens, tombes collectives — témoignent de l’existence d’une société capable de pensée symbolique, de conception architecturale et d’organisation communautaire. Pourtant, malgré ces preuves, cette civilisation est longtemps restée occultée par des préjugés culturels, des mythes romantiques et des interprétations fantaisistes. Aujourd’hui, grâce à l’archéologie, nous pouvons lui redonner la place qu’elle mérite dans l’histoire profonde de l’Europe.
Lire la suite « Aux origines de la civilisation mégalithique européenne »Nous venons de passer la fête de Litha, au solstice d’été. Désormais les nuits vont s’allonger lentement jusqu’aux célébrations de Yule dans 6 mois.

Julleuchter, tour ou lanterne de Yule, éclairée au solstice d’hiver
Le paganisme peut être un athéisme esthétisé mais en pratique c’est rarement le cas. Les païens croient en une immanence mais, à la différence du christianisme ou du monothéisme en général, cette croyance n’est pas bornée dans un dogme. Elle est multiforme, curieuse et évolutive. La plupart des païens sont panthéistes, ils cherchent le divin en eux et autour d’eux, fondamentalement c’est une spiritualité de l’émerveillement.
Concernant les dieux, les païens ont chacun leur niveau de compréhension des mythes : entités réelles, incarnation des forces de la nature, incarnation des principes universels/métaphysiques (ordre, chaos, etc.), archétypes, etc.
Le dualisme est étranger au paganisme, qui ne croit pas que le cosmos se résume à deux principes antagonistes (bien/mal), mais à une multitude complexe. La force créatrice de la vie est un de ces principes cosmiques.
En pratique, le paganisme n’est pas une orthodoxie mais une orthopraxie, ce n’est pas le credo qui fait sens mais les rites qui sont le moyen principal de relation au sacré, peu importe ce que vous mettez derrière ce terme. C’est difficile à concevoir dans une société christianisée depuis aussi longtemps que la nôtre, mais c’est la spiritualité originelle commune à toute l’humanité et encore trés répandue (hindouisme, shintoïsme, etc.).
Fondamentalement le païen ne pense pas que la Vérité lui soit accessible dans son entièreté, et il rejette les vérités révélées qu’il considère naïves et paresseuses. Quand on considère l’immensité de l’univers connu (des milliards de galaxies contenant chacune des milliards d’étoiles) il apparaît qu’il faut être humble, et il faut estimer grotesque l’hypothèse selon laquelle un dieu tribal d’un morceau de désert ait apporté la Vérité à l’humanité, et que le sens de la vie soit de croire très fort à lui sinon il vous punit comme un enfant.
En outre il faut savoir que le paganisme ne se résume pas au polythéisme, le culte des ancêtres est tout aussi important. Il peut inclure la croyance en une réincarnation au sein d’une lignée. Ce culte, là encore commun à toute l’humanité à ses origines, est encore prégnant y compris dans des sociétés supposément athéistes comme en Chine.
Pour conclure, le paganisme n’est pas seulement affaire mythes et de panthéons antiques, il a souvent aussi une dimension animiste, la croyance en l’existence des esprits des sources, montagnes, forêts, etc, c’est-à-dire des puissances vivantes enracinées dans un lieu précis.

Pourquoi ne pas l’avouer ? Je me suis résolu à écrire ce petit livre parce que j’avais grande envie de le lire. Il n’existait rien de tel en langue française : une sorte de Que sais-je de la mythologie nordique. Guère plus de deux cents pages et un peu d’ordre dans ces récits décousus et parfois contradictoires. Cet ouvrage a donc été d’abord composé comme mon propre « pensedieux ». Je voulais en faire une sorte d’aide-mémoire élémentaire pour éclairer tant de ténèbres.

Ils ignoraient que nous étions des semences.

Une conversation avec le Dr. Stephen Flowers

L’un des paradigmes dominants de la société moderne est la fragmentation. Dans le monde de la culture populaire cela se traduit par des distractions éblouissantes et des éphémères incessants, alors que dans le monde académique cela engendre une spécialisation excessive et un refus tacite d’une simple tentative de comprendre « l’ensemble du tableau », particulièrement d’un point de vue métaphysique.
Dans cet environnement atomisé, quiconque faisant l’éloge d’une vision cohésive marquée par les valeurs traditionnelles – pour ne pas parler de standards élevés – devient automatiquement une anomalie. Et c’est le cas pour le Dr. Stephen Flowers, qui est la plus rare des espèces : un érudit avec de l’esprit, qui a un esprit obstiné mais néanmoins ouvert. Pendant plus d’un quart de siècle il a consacré ses énergies à décoder les mystères non seulement de l’ancien alphabet symbolique des Runes, mais aussi des domaines les plus profonds du mythe et de la culture germaniques dont ils provenaient. Pour Flowers, cette quête est résumée dans un seul mot, RUNA, qui est l’ancienne forme de la vieille langue gothique pour « rune » et qui était équivalente au terme grec mysterion (« mystère »). Ce fut au début des années 1970 que Flowers entendit distinctement ce mot murmuré à son oreille, et depuis ce moment il a infatigablement suivi un chemin pour comprendre ses implications.
Lire la suite « Sagesse pour l’Âge du loup »Les religions païennes pré-chrétiennes étaient axées sur la nature, les cycles de récolte et les saisons basées sur la mort annuelle et la renaissance du soleil. Commençons par une idée importante : la vision du monde de nos ancêtres était cyclique, non linéaire comme celle imposée par les monothéismes orientaux. Mais en même temps, un aspect de la renaissance spirituelle était la compréhension de la nature du Temps.

Roue cyclique, notre conception du Temps
Origines historiques des divinités féminines
Si la religion des Scandinaves de l’Age du bronze et celle de l’Age du fer sont à peu près connues désormais, la filiation historique des déesses est difficile à préciser. Comme nous l’avions mentionné par ailleurs, peu de divinités ont eu un caractère individualisé, jusqu’à la fin de l’Age du fer. La majorité des fonctions féminines se concentrait autour du concept de TERRA-MATER. Cependant, dans le cas d’un certain nombre de déesses, il est malgré tout possible de repérer les déités archaïques dont elles descendent et auxquelles elles ont pris leurs attributions.
Lire la suite « Les déesses du panthéon scandinave »