Un fasciste juge Vichy

J’avais quitté Vichy au bout de deux mois, à l’automne 1940, écœuré par les intrigues de cette cour ridiculement balnéaire, par le gaullisme qu’y affichaient en toute impunité maints hauts personnages, par les inspecteurs des finances et les gens du Comité des Forges aussitôt installés aux postes de commande pour bloquer toute velléité de révolution. Le contraste était encore plus exaspérant maintenant entre les gigantesques événements de l’Est et les petitesses de cette pseudo-capitale, les méandres mesquins de son double jeu, son cléricalisme, les bricolages futiles sous les plus graves aspects de ces officiers du SR, dont j’avais mesuré, en mai 1940, quand je travaillais à leurs côtés, l’indigence intellectuelle et militaire. Bref, le tableau complet de la pire réaction.

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Proudhon l’éveilleur…

Étrangement, dirons-nous avec ironie, on n’entend jamais Proudhon cité par la gauche « institutionnelle » du système en place qui campe dans les médias, LFI, Parti communiste, Parti socialiste, NPA, EELV… Proudhon ne fait pas partie de leurs références. Et pour cause. Il a été délaissé par la gauche française qui on le sait lui a préféré les auteurs russes et allemands, dont bien sûr Marx et Engels (sur la nature de cette gauche, nous renvoyons le lecteur à notre article La gauche lutte-t-elle vraiment contre le capital ?). Marx développera d’ailleurs une rancune envers Proudhon parce que ce dernier refusa de devenir son correspondant français dans une sorte d’internationale de philosophes allemands, anglais et français qu’il souhaitait créer. D’aucuns y verront la mégalomanie vindicative du « peuple élu » auquel rien ne saurait être refusé. En réponse à Philosophie de la misère de Proudhon qui parait en 1846, Marx écrit alors Misère de la philosophie, où il prétend démontrer « la crasse ignorance » de Proudhon en économie. Deux ans plus tard, Marx et Engels écrivent le Manifeste du Parti communiste (1848) dans lequel ils s’emploient à ridiculiser Proudhon et, de façon générale, tous les courants « socialistes » en dehors bien sûr de leur socialisme à eux, du communisme marxiste. Proudhon qui était jugé suffisamment intéressant par Marx pour que ce dernier l’ait invité à faire partie de cette sorte d’internationale de philosophes, était subitement devenu un incompétent après son refus. Rien d’étonnant donc à ce que cette gauche marxiste, trotskiste, établie dans le jeu politique français ignore superbement Proudhon, qui à leurs yeux doit avoir de surcroît deux autres défauts : 

  • celui d’être un philosophe Français issu de milieu ouvrier et non un membre de la bourgeoisie juive d’Europe centrale qui a fait le Bund.
  • et une parenté de vues sur le prolétaire, le paysan, le capitalisme, avec celles que porteront au XXe siècle le fascisme mussolinien, le Phalange espagnole de Jose Antonio Primo de Rivera, la British union of fascists d’Oswald Mosley, et le National-Socialisme hitlérien, quatre mouvements dont le véritable souci pour le peuple et les prolétaires est ignoré de ceux qui restent dans la matrice de l’histoire officielle, et qui du fait de ce que l’on vient de rappeler sont donc logiquement détestés par cette gauche trotsko-marxiste française maternée par les vainqueurs de 1945.

Pour toutes ces raisons, il est utile de lire l’analyse de Pierre Vial sur Proudhon.

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Le droit d’asile dévoyé

A Angers, en juillet 2022, un Soudanais qui avait bénéficié du droit d’asile, a tué trois personnes à l’arme blanche, après avoir été accusé de deux agressions sexuelles. Il est évident qu’il y a parfois corrélation entre demandeurs d’asile et criminalité. L’asile, qui a toujours été considéré comme un droit sacré par toutes les civilisations, est devenu aujourd’hui une autoroute pour la régularisation de ceux qui entrent illégalement sur le territoire national. Il a été peu à peu détourné de ses fonctions pour devenir une filière d’immigration massive. Comment ?

Pour rentrer légalement en France, si l’on n’appartient pas à un pays de l’espace Schengen, il faut disposer d’un visa. Or, l’immense majorité des demandeurs d’asile viennent en France on le sait de manière irrégulière. Et lorsqu’ils se dévoilent en sollicitant l’asile, l’État leur remet une attestation de demande d’asile, comme une autorisation provisoire de séjour, et par cette simple demande leur séjour perd son caractère illégal, est régularisé, première aberration qui constitue un appel d’air considérable pour ceux qui sont amenés sur le territoire national soit par des passeurs, soit par des associations militantes. Il y a donc dès le départ un détournement procédural administratif en faveur du demandeur.

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Jouer avec les Russes

Bismarck était un homme qui en savait beaucoup. En politique internationale, mais pas seulement. Le vieux chancelier de fer comprenait les hommes. Et il comprenait les peuples. Et il disait qu’il valait toujours mieux éviter de « jouer » avec les Russes. Même lorsque vous les voyez (ou les croyez) faibles. Car, tôt ou tard, les Russes reviennent en force. Et ils viennent pour reprendre tout ce qui leur appartient. Et pour les autres, c’est la souffrance. Alors, il vaut toujours mieux jouer la carte de la discrétion. Et le chancelier de conclure : maintenez l’accord.

C’est ce qui se passe aujourd’hui. La Russie, après l’effondrement de l’URSS, a connu une longue période de faiblesse. Elle était à terre. Son empire se désintégrait. À Moscou, avec Eltsine, des oligarques étaient au pouvoir qui ne pensaient qu’à piller le pays. Et à le vendre. Le peuple était littéralement affamé. Les gens mouraient dans les rues.

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Celui qu’on veut duper, on le flatte

Avoir fait croire au peuple, pour le flatter perfidement, qu’il est souverain, qu’il détient l’autorité, mais qu’il est normal qu’il délègue celle-ci à des représentants, est probablement la plus formidable escroquerie qui ait été forgée dans l’Histoire. C’est ce qu’ont fait les penseurs des « Lumières » et les théoriciens de la Révolution de 1789. De là toutes ces fadaises sur la « volonté générale », sur la démocratie « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » (Abraham Lincoln), ou inscrites dans la Constitution, pour faire vrai, aux articles 3, 6, le concept abstrait de « nation » évoqué par Sieyès, etc. Flatterie avons-nous dit. Montesquieu dans L’Esprit des lois déclare : « le peuple est admirable [rien que ça !] pour choisir ceux à qui il doit confier quelque partie de son autorité ». Il ajoute même que le peuple « a assez de capacité pour se faire rendre compte de la gestion des autres ». On voit à longueur de journée en effet comment et combien la caste politique rend compte de ses actions à ses mandants, décide de tout en les ayant préalablement consultés. On le sait, toute la dépense de l’argent public, les milliards envoyés en Afrique, est faite arbitrairement sans le moindre égard pour le contribuable. Ce sera encore le cas pour reconstruire ce que six jours d’émeutes ont détruit suite à cette affaire « Nahel ». C’est le fait du prince, en réalité totalement affranchi de toute obligation de se justifier devant ce peuple dont la souveraineté n’est qu’une cruelle chimère qu’on lui a collé sur les yeux pour l’empêcher de voir. Le peuple est souverain, tellement souverain que le Conseil constitutionnel refusait même récemment qu’il s’exprime par référendum et que l’on fait miroiter cette possibilité au peuple à la condition qu’elle ne porte que sur des sujets sans véritable importance. On doit bien rigoler dans les années du pouvoir.

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L’individuité est païenne

L’individualisme exacerbé s’oppose à la cohérence de toute communauté constituée de vivants et de morts et structurée par le principe de filiation, ou de lignée… Alors quoi, peut-on se demander, faut-il donc le proscrire ?

Il semble bien évident que le paganisme est une spiritualité d’abord et avant tout communautaire, dans laquelle un individualisme forcené n’a pas vraiment sa place. Mais la question reste de savoir si l’on doit disparaître dans la masse ? Il convient de rester méfiants devant la notion de collectif. Car l’effacement d’un individu devant la collectivité, est la définition même du collectivisme, que nous refusons au profit du « solidaire ».

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Cette imagination au service de la dégradation…

Nicolas Sarkozy a mis un terme à l’expulsion des étrangers après qu’ils aient purgé une peine de prison, leur donnant ainsi un droit perpétuel à récidiver. François Hollande a aboli le fait qu’être présent sur le territoire sans y être autorisé soit un délit, rendant l’expulsion sans objet. Deux exemples parmi une liste sans fin de décision funestes prises depuis 1974. Tous, d’une façon ou d’une autre dans tel ou tel domaine, ont participé activement au pourrissement de la France. D’où leur vient ce génie pour trouver toujours de quoi aggraver les choses ?

Réhabiliter la Tyrannie

Tyran, Tyrannie… le sens négatif, détestable, attaché à ces mots et unanimement affiché par les dictionnaires est tellement installé qu’il est difficile de s’en défaire. Pourtant on n’est pas surpris, lorsque l’on creuse le sujet, de découvrir que le sens de ces mots présente les aspects d’une diabolisation menée par l’idéologie régnante depuis les « Lumières », pour dénigrer bien entendu ce modèle de gouvernance, tout comme à l’inverse d’autres termes ont été choisis pour faire valoir des époques, des idées, des personnages.

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Il n’y a pas de pensée sans mots

La disparition progressive des temps (subjonctif, passé simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé…) donne lieu à une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projections dans le temps. La généralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la ponctuation sont autant de coups mortels portés à la subtilité de l’expression.

Supprimer le mot « mademoiselle » est non seulement renoncer à l’esthétique d’un mot, mais également promouvoir l’idée qu’entre une petite fille et une femme il n’y a rien. Moins de mots et moins de verbes conjugués c’est moins de capacités à exprimer les émotions et moins de possibilité d’élaborer une pensée.

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Ce verrou mental…

Nous savons que sous la conduite de la ploutocratie mondialiste, et si rien n’est fait pour la chasser du pouvoir, la France, l’Europe occidentale, marchent à la mort. Pourquoi la majorité des gens ne réagit-elle pas ? Sans doute parce que, comme le soutient le philosophe David Flemming réfléchissant sur la notion de « principe de précaution », une société n’a tendance à reconnaître un risque que si elle voit des solutions pour y remédier. Ce qui constitue une double anormalité mentale : celle de ne pas reconnaître un risque, et celle d’être incapable d’adopter une solution. C’est la raison pour laquelle les risques auxquels s’attaquent les gens ne sont pas vraiment les risques majeurs (pour lesquels ils sont incapables d’adopter une solution), ceux qui touchent à la menace d’anéantissement de peuples entiers par submersion démographique par exemple, et qu’ils s’attaquent aux risques minimes et/ou individuels dont la résolution est davantage à la portée de leur dose minime de courage. La question fondamentale est donc : pourquoi les gens ont-ils dans la tête ce verrou mental qui les rend incapables de reconnaissance des vrais risques, et incapables de projection vers leurs conséquences futures ?