
En 2006, l’historien et professeur à la Sorbonne Jacques Marseille publiait Du bon usage de la guerre civile en France (éditions Perrin). Il y faisait la démonstration à travers sept guerres civiles passées (une huitième est en cours), du XIVe au XXe siècle, qu’à chaque fois que la France s’est trouvée en péril de disparaître, un sursaut salvateur s’est produit, et que ces guerres civiles que les historiens rechignent – faute de mieux – à appeler un « tournant » de l’histoire de France ont précipité l’adoption de transformations majeures au point qu’on peut créditer la guerre civile d’une véritable fonction matricielle selon les mots de l’auteur.
Vingt ans ont passé. Une éternité quand on souffre. L’Avant-propos de l’ouvrage commençait par ces mots : « Ça va péter ! ». Prophétie populaire mille fois répétée. L’inertie est terrible dans ce pays où il y a tant à balayer et à reconstruire autrement dans absolument tous les domaines. Rien ne s’est passé. Rien de massif, ou du moins rien de suffisant (la théorie de Erica Chenoweth, Harvard, selon laquelle pour renverser un régime, il faut 2 % à 4 % maximum d’un peuple déterminé, soit dans le cas de la France 800 000 à 1 600 000 Français). Ne peut-on trouver ce nombre de Français sur 40 millions d’adultes pour sauver leur pays ? Les Gilets Jaunes étaient loin de suffire.
En ce XXIe siècle, la résignation est-elle définitive cette fois-ci ? Les Français qui détiennent le record mondial de la consommation d’antidépresseurs (et une société qui fait des gens ayant besoin de ces béquilles n’est pas saine), ont-ils dans leur majorité jeté l’éponge, sont-ils terrassés, ont-ils accepté sans retour possible leur disparition programmée et mise en œuvre dans la société multiraciale par leur classe politique ?
