L’Occident est en train de se détruire de l’intérieur, et Oswald Spengler l’avait compris il y a un siècle.
Dans Le Déclin de l’Occident (1918), il soutenait que les civilisations périssent rarement par la conquête extérieure seule. Elles s’effondrent lorsqu’elles perdent foi en leur propre identité et commencent à prendre plaisir à leur propre désintégration. Au lieu de transmettre avec confiance leurs traditions, leurs valeurs et leurs réalisations, elles se retournent contre elles-mêmes. Elles traitent leur histoire comme un catalogue de crimes, leurs institutions comme des systèmes d’oppression, et leurs principes fondamentaux comme des sources de culpabilité. À ce stade, elles deviennent culturellement sans défense.
L’Occident moderne présente ces symptômes avec une clarté troublante. De grandes parties de son élite participent activement à la diabolisation de la civilisation occidentale. Les réalisations occidentales en science, en droit et en liberté sont reformulées comme des sources de honte. L’immigration massive en provenance de cultures incompatibles est souvent présentée non pas comme une politique à gérer, mais comme une forme d’expiation historique. La critique de ce processus est fréquemment traitée comme moralement illégitime.
Spengler observait comment les démocraties de fin de cycle deviennent faibles et sentimentales. Elles renoncent à défendre leurs frontières ou à défendre leurs propres valeurs parce que cela entre en conflit avec l’image de société ouverte et sans jugement qu’elle se font d’elles-mêmes. Tandis que l’Occident s’adonne à une autocritique incessante, d’autres cultures restent bien plus affirmées dans la préservation de leur propre identité. Et si ces cultures sont importées ici, cela crée une asymétrie dangereuse.
Spengler ne croyait pas que ce processus pouvait être facilement inversé. Une fois qu’une civilisation perd la volonté de se défendre, elle est déjà entrée dans son stade final. Il nous reste peu de temps pour lui prouver le contraire.
