Les autorités disent vouloir lutter contre le « séparatisme islamique ». Encore et toujours, la République veut considérer les choses de façon inversée, et tous ceux qui se sont intéressés au contenu de l’islam le savent bien. Mais la République est dans une obligation de fuite en avant, elle est dans l’escalade d’engagement (mécanisme bien décrit dans le Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens, Editions PUG). Ce à quoi il faut sans cesse rappeler cette évidence sur laquelle la République observe un silence gêné pour essayer de gérer le merdier qu’elle a fabriqué : le musulman pratiquant qui passe à l’action terroriste et celui qui ne le fait pas lisent les mêmes textes, suivent la même religion, Coran, sunna, hadiths… Il n’y a pas de versions alternatives de ces textes. Mais seul le premier les applique pleinement, intégralement avec leur prescription de combat armé (voir notre article Islam ou Islamisme ? répertorié dans la thématique Islam), seul le premier les respecte dans la totalité de leur contenu. Le second, qui ne s’engage pas dans le combat armé, ne respecte pas cette obligation faite au musulman par ses textes.
Du fait de cette différence, la République, dans sa malhonnêteté de conception, est coincée par la situation monstrueuse issue de ses utopies, elle est contrainte de nommer le premier « islamiste radical » alors qu’il est simplement respectueux de la totalité du corpus doctrinal de l’islam, mais il ne faut pas reconnaître le radicalisme intrinsèque de l’islam, et nomme le second « musulman modéré ». C’est évidemment au modèle du second que la République tente de se raccrocher, à ce musulman qui ne respecte pas l’injonction du Jihad, en le faisant passer pour un musulman « normal » alors qu’il n’est en réalité qu’un musulman « partiel » dans sa pratique si l’on peut dire, et faisant passer le premier comme une déviance, une anormalité. L’inversion est complète, et elle est faite en conscience évidemment. C’est le modèle du second que vise la prétention maçonnique du régime, jouant les apprentis-sorciers de l’utopie universelle, pour imaginer accoucher d’un islam « compatible » (ce qui ne sera jamais), avec lequel les sociétés non musulmanes puissent vivre.
La République est sur la corde raide, écartelée entre lutter contre le « séparatiste islamiste » et materner le « modéré ». Elle espère faire des musulmans laïcards façon Zineb El Rhazoui, formatés par l’école républicaine (du rapport Obin au militantisme actuel de l’abaya et autres kamis, on voit que ça ne marche pas pour de nombreux enfants musulmans), suffisamment occidentalisés pour être oublieux de l’obligation de Jihad ou même de toute pratique cultuelle, parce qu’il est pour la République hors de question d’imaginer interdire l’islam et se séparer des millions de musulmans qu’elle a installés ici contre l’intérêt fondamental de la population naturelle du pays, Français de souche et issus du grand ensemble européen. Contraire à nos intérêts au temps présent et sur le temps long, parce que quand bien même ils accoucheraient d’une forme d’islam avec laquelle coexister, ça ne durerait qu’un temps ; la République ne transformera jamais 100 % de la pratique cultuelle, et du fait de l’unicité textuelle irréformable de l’islam il y aura toujours dans le futur des musulmans « modérés » pour basculer « islamistes » et pour perpétuer une pratique complète de leur religion, et lutter pour l’imposer dès que la main du régime faiblira, obligeant ce dernier jusque-là à vivre sous tension permanente. D’où les mots de Manuel Valls aux Français leur disant qu’il va falloir « s’habituer à vivre avec la menace terroriste ». Toute cette classe politique républicaine qui a fait perdre son homogénéité à la France n’est qu’un ramassis de gibiers de potence que des millions d’abrutis et de doux rêveurs ont suivi par le vote.
Les quelques imams ayant les faveurs médiatiques, imams « républicano-compatibles » (les Chalghoumi, les Merroun…), sont là pour jouer la partition de la version « modéré » que la gouvernance veut faire rentrer dans les têtes de l’opinion afin de maintenir et faire accepter l’énorme présence musulmane sur le sol national, ils couchent avec le pouvoir et reçoivent ses décorations. Mais de deux choses l’une : soit ils sont dans la taqîya (la dissimulation de leurs véritables pensées), soit ils sont sincères dans leur adhésion à la République, et dans ce second cas ces imams sont de ce fait des déviants à leur religion et clairement en rupture avec le reste des fidèles qui savent bien (tout comme eux d’ailleurs) que l’obligation d’éliminer les infidèles fait partie des textes sacrés de leur religion. Rejeter cette prescription, ne pas l’appliquer, c’est certes un progrès pour ce qui nous concerne, mais c’est pour eux sortir du dogme, c’est être autant hérétique qu’étaient hérétiques les luthériens qui niaient la transsubstantiation.
