Parlons Justice, Police et Droit pénal

Comme souvent, les choses sont très simples en réalité dans la vie, contrairement à ce que prétendent ceux qui s’ingénient à les compliquer, pour notre malheur. En matière de lutte contre le crime et de traitement de la délinquance, deux visions fondamentales de la société, deux philosophies diamétralement opposées se font face. D’une part une vision de doux rêveurs qui a cours dans les « sociales-démocraties » occidentales (exception faite des États-Unis), forgée par les idées de Jean-Jacques Rousseau, de Cesare Beccaria et de Marc Ancel, nous y reviendrons, qui pense qu’il y a toujours du bon dans l’homme, que cela vaut toujours le coup de se battre pour la réinsertion du malfaiteur, quel que soit le temps que cela demandera. Apparemment chez certains cette bonté de l’homme par nature met beaucoup plus de temps à se manifester que chez d’autres. En attendant que la bonté finisse par émerger chez le malfaiteur, le nombre de victimes qui n’avaient rien demandé prospère. Et d’autre part une vision qui pense que l’efficacité passe par l’adoption de mesures beaucoup plus dures, pour dissuader et neutraliser le malfaiteur. « Terroriser les terroristes », selon la formule de Charles Pasqua, mais qui dans sa bouche n’était que la poudre aux yeux habituelle du régime, rien n’ayant été fait depuis comme chacun sait pour permettre aux Français de vivre en sécurité. Deux visions, celle de la mansuétude gauchiste, et celle de la sévérité dont nous souhaiterions pour notre part qu’elle soit même impitoyable, d’une froideur implacable pour celui qui choisit sciemment de se ranger du côté de la malfaisance.

D’un côté, le camp de ceux qui pensent que l’humanité, c’est de ne jamais désespérer d’un être, qu’il n’y a aucun angélisme, aucune naïveté à espérer d’un délinquant qu’il revienne dans le droit chemin, à être à l’affût du changement, et que la société porte en elle cet espoir de « rédemption » (nous utilisons ce terme volontairement, pour bien marquer combien cette vision qui a force religieuse est pétrie des délires chrétiens d’indulgence et du « tendre l’autre joue »). Des gens qui pensent que le crime est une pathologie de la société, que le malfaiteur est un malade, la victime d’un mauvais destin, qu’il y a souvent des facteurs tiers pour expliquer ses actes, notamment en matière de récidive, l’alcool, la drogue, la maladie mentale ou les troubles de la personnalité… Tous prétextes permettant d’écarter ou d’amoindrir la responsabilité de l’auteur. Des gens qui, il faut le noter, ne manquent jamais une occasion de rappeler que tout mis en cause est « présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable » (article 9 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen), mais oublient bien vite que l’homme, excepté s’il est fou bien sûr, a toujours son libre-arbitre dans ce qu’il choisit de faire ou ne pas faire. Comme cette hémiplégie sélective de la mémoire est pratique ! Si le drogué qui ne peut résister au besoin de voler pour payer sa dose se trouve dans cette situation inconfortable pour lui et préjudiciable pour autrui, c’est parce qu’en conscience, usant de son libre-arbitre, il a un jour choisi d’essayer la came pour une première fois, il est fondamentalement responsable de la situation qui le pousse ensuite à la délinquance et à générer des victimes de ses actes. Et il n’y a aucune justification à ce que certains œuvrent à faire en sorte que les coupables échappent à leur responsabilité. Des millions de gens pour qui la vie n’est pas forcément facile s’astreignent à vivre sans faire de faux-pas. Il n’y a aucune raison que ceux qui rejettent cet effort pour eux-mêmes n’en paient pas le prix. Cet escamotage du libre-arbitre dans l’idéologie « compréhensive » gauchiste est fondamental, nous y reviendrons.

De l’autre côté, le camp de ceux pour qui l’idée primordiale est de protéger à tout prix la société des déviants, inadaptés, mauvais sujets, des vérolés et des fous, protéger les honnêtes gens de tous les inconvénients de la marginalité lorsqu’elle présente un danger. Le camp de ceux qui postulent que si les choses vont si mal en France, si la délinquance et le crime y sont si importants, c’est précisément du fait de la domination dans les sphères du pouvoir de cette vision philocriminelle que nous dénonçons, laquelle nous qualifie évidemment de primaires, de simplistes dans la vision qui est la nôtre et les solutions que nous appliquerions. La responsabilité de la situation ne peut être attribuée qu’aux idées qui sont installées au pouvoir et font fonctionner le pays, à personne d’autre. Ce fait est incontestable.

Les policiers qui s’échinent en procédures, et clairement désormais au risque de leur vie, pour voir le délinquant après trois heures de garde à vue élargi par le premier substitut du Procureur au bout du fil, multipliant les arrestations d’énergumènes ayant à leur actif soixante dossiers d’infraction, ne cessent de le dire, le problème est du côté de la Justice en France. Faisons un constat sur quelques points en la matière, tout en évoquant d’autres façons de procéder.

Du côté de la Justice

Il faut affronter franchement le problème de l’insécurité car ses enjeux sont bien plus vastes qu’il n’y paraît et dépassent de fort loin le cadre d’une quelconque consultation électorale, si importante soit elle. La politique de sécurité a pris une place de premier rang dans l’ordre politique contemporain. De mauvaises raison y conduisent, mais d’excellentes aussi. L’exigence croissante de sécurité est une réalité. Ce qui compte, à juste titre, c’est de pouvoir, vivre paisiblement, le plus loin possible de la violence et des agressions de toute sorte. L’État doit prendre prioritairement cette revendication en charge, parce que la bataille permanente pour les libertés se joue aussi à l’occasion de cette lutte contre la délinquance, liberté pour le citoyen d’aller et venir sans risquer l’agression ou le vol à chaque coin de rue (la sécurité est la première des libertés ne cessent de nous dire ceux qui par ailleurs ne font rien pour faire de cette affirmation une réalité), liberté de jouir de son droit de propriété, etc. 

L’activité délinquante et criminelle en France est absolument colossale. Mais personne ne la connaît vraiment. La majeure partie des crimes et des délits échappe aux statistiques officielles ! Cette proposition, assez incroyable quand on l’écoute pour la première fois, nous pouvons pourtant la vérifier nous-mêmes, expérimentalement, en regardant rapidement autour de nous, ou en nous penchant sur notre passé. Combien de fois n’avons-nous pas renoncé à déposer plainte ? Quand notre compagnie d’assurance ou l’administration ne nous contraint pas à le faire, bien souvent, nous évitons d’aller « perdre notre temps » au commissariat ou à la gendarmerie, parce que l’on sait que la démarche restera très certainement sans résultat tant la masse d’infractions et la charge de travail des services sont importantes. Cette idée première sur la misère des chiffres et l’impuissance d’une police submergée est confirmée par la science elle-même. Des chercheurs ont depuis longtemps validé cette impression d’inexactitude. Ils ont eu l’idée de ne plus s’en tenir au filtre des statistiques policières mais d’aller directement vers les victimes potentielles que nous sommes. Ils ont sélectionné des échantillons de population en demandant aux personnes interrogées si elles avaient été victimes d’infractions sur une période donnée. Ces enquêtes, qui sont menées dans le monde entier depuis une soixantaine d’années, sont admises par la communauté scientifique internationale, même si, elles aussi, posent des problèmes méthodologiques sérieux et que leur marge d’erreur est importante. On les appelle du nom barbare d’« enquêtes de victimation ». Leurs résultats sont étonnants. Le « chiffre noir » de la délinquance est énorme : quatre ou cinq fois le chiffre officiel selon certains spécialistes du sujet. Ce qui sur la base des 4 millions par an de crimes et délits officiels (portés à la connaissance des forces de l’ordre) place donc le chiffre réel entre 16 et 20 millions ! Tous les ans ! Pour une population de 67 millions de personnes ! Soit statistiquement un Français sur quatre, victime tous les ans d’un crime ou d’un délit. Quel cerveau normalement constitué peut être indifférent face à une pareille prospérité de la malfaisance, ou s’en satisfaire ?! L’écart avec les chiffres officiels de la police est impressionnant. L’enseignement est clair : la grande majorité des victimes ne porte pas plainte, convaincues à juste titre d’ailleurs qu’il ne servira à rien de le faire parce que l’auteur de l’infraction ne pourra pas être identifié. Nous disposons de quelques chiffres officiels, qui datent un peu aujourd’hui, mais on sait qu’en France tout se dégrade et que ce genre de données ne fait logiquement qu’augmenter avec le temps : en 2009 la chancellerie avait enregistré 5 millions d’affaires susceptibles de faire l’objet de poursuites pénales. Parmi celles-ci, seules 1,5 million ont vu leur auteur identifié. Et 673.000 auteurs seulement ont été effectivement fait l’objet d’un passage devant les tribunaux ; 126.000 ont été condamnés ; et, finalement, seules 82.000 condamnations ont été exécutoires ! Donc 82.000 peines concrètement subies sur 5 millions officiels d’infractions. Peut-on se prétendre intelligent, raisonnable, soucieux du bien commun, comme osent le faire nos « élites », lorsque l’on laisse prospérer une société aussi marquée par la criminalité, et lorsque l’on accepte que les auteurs de 4.918.000 affaires s’en tirent comme de doux innocents. Voilà la réalité de l’ampleur du délire dans lequel on nous fait vivre. Ces quelques éléments montrent clairement combien le comportement malfaiteur est ici répandu et comment la voyoucratie règne en maître dans la société française. En fait, 80% de ces 4 millions officiels de crimes et délits connus font l’objet d’un classement sans suite par le Parquet pour diverses raisons, laissant leurs auteurs impunis. Il n’y a donc approximativement que 800.000 crimes et délits jugés sur les 16 à 20 millions réellement commis. Les chiffres officiels ne reflètent absolument pas la réalité de la criminalité. Ils reflètent avant tout l’activité des services de police et la façon dont ils sont utilisés à un moment donné. Les victimes réagissent en fait en fonction de la gravité du préjudice et des possibilités d’indemnisation. Ainsi, si moins d’un quart des faits donne lieu à une plainte, les vols de voiture, eux, sont déclarés à 90 % et les cambriolages à 70 % car ils déclenchent des mécanismes d’assurance. S’agissant des atteintes aux personnes l’écart est tout aussi considérable : moins de 30 % des violences physiques (en dehors des vols) sont connues des services de police ou signalés à eux.

Mais quelles peuvent être les raisons pour lesquelles la malfaisance se porte si bien en France ?

Quelques pistes :

Les belles âmes arguent souvent de la « prédestination sociale », laquelle accouche de la culture de l’excuse. En France (comme dans toutes les « sociales-démocraties » occidentales pourries par la mansuétude chrétienne, le marxisme culturel et les idées « progressistes »), chaque canaille est suivie d’un sophiste armé d’une éponge. En réalité, tenter de comprendre aboutit finalement à laisser les délinquants en liberté et à accroître le crime. Si l’on peut considérer que nous avons tous en nous de quoi faire un parfait délinquant, demeure ce qui fait la distinction entre celui qui passe à l’acte et celui qui s’en abstient : le libre-arbitre. A l’exception bien entendu de l’abolition du discernement au sens psychiatrique, du domaine de ceux qui ont perdu la raison, l’homme a toujours son libre-arbitre dans ses actions. La délinquance, nous pouvons la choisir ou la rejeter librement. Elle fait l’objet d’un pur choix de l’esprit humain. Si elle est exercée, c’est qu’elle est l’expression d’une volonté délibérée. Commettre un crime ou un délit est une affaire de volonté, une volonté qu’il faut donc briser par la sanction et la dissuasion, par la certitude qu’en cas de récidive la sanction sera encore plus dure. La lutte pour la sécurité est un combat de volontés contraires : d’un côté celle du délinquant qui tient farouchement à passer à l’acte pour y trouver diverses satisfactions, de l’autre celle de l’État protecteur qui doit, dans un monde normal, légitimement punir sévèrement et même de plus en plus sévèrement si le malfaiteur persévère à s’en prendre aux honnêtes gens. Mais les belles âmes nient les vertus de la dissuasion, elles ne jurent que par les lubies de la « resocialisation » du délinquant. Tous les étudiants en droit connaissent la pensée phare sur laquelle est fondée toute la doctrine pénale française, elle est effrayante et hautement symbolique du point auquel les cervelles sont frelatées, inversées, chez ses concepteurs et ses adhérents, qui ne se préoccupent que du sort du malfaiteur, et chient littéralement (excusez l’expression mais il faut parler clairement) sur la victime, jugez plutôt : « Peu importe ce qu’ait pu subir la victime et la gravité des actes commis, l’important n’étant pas de punir l’auteur mais de tenter d’éviter qu’il ne recommence en le resocialisant ». C’est le fruit pourri de la doctrine de Marc Ancel et de sa Défense sociale nouvelle dans les années 1950, évoqué dès les premières pages du manuel de droit pénal Jean-Claude Soyer aux Editions LGDJ. On connaît les résultats de ces lubies philocriminelles, il est sous nos yeux depuis trop longtemps maintenant. On sait l’efficacité de cette indulgence « resocialisante » et du maternage éducatif (de la petite racaille chez les mineurs) en matière de prévention de la récidive, sur la population délinquante à laquelle nous avons affaire. L’étude du droit pénal apprend qu’une peine d’enfermement est réputée avoir cinq fonctions : une fonction de neutralisation (la personne ne peut pas durant ce temps commettre d’autres crimes ou délits), une fonction de dissuasion vis-à-vis de l’incarcéré mais aussi sur les autres potentiels malfaiteurs, une fonction de rétribution (la société décide de se « venger » du mal qui lui a été fait), une fonction de réparation, et une fonction de réinsertion. La Défense sociale nouvelle de Marc Ancel nie, rejette les quatre premières de ces fonctions, elle ne jure que par la dernière, il n’y a qu’un seul intérêt à la peine, c’est la réinsertion. La chose a constitué une rupture majeure dans la pensée judiciaire, elle fait toujours sentir ses effets désastreux aujourd’hui. Quant aux vrais cas psychiatriques, que l’on ne peut juger responsables puisqu’ils ne sont pas conscients de ce qu’ils font, des idéaux humanistes dangereux ici encore opposés à l’enfermement ont fini par imaginer possible de les traiter au sein de la société, ce qu’ils ont appelé « l’inclusion », donnant aux dingues libres d’aller et venir la possibilité de frapper, générant des victimes et des drames inutiles qui auraient pu être évités. Et l’on voit les hypocrites au pouvoir, après chaque drame médiatisé, venir « déplorer », « condamner avec la plus grande fermeté », pour finalement ne jamais rien modifier positivement à ce système gouverné par l’inversion des normes (comme dans bien d’autres domaines). Tout est fait pour élargir le plus possible les pénalement responsables (aménagements, bracelet électronique, l’emprisonnement doit être l’exception et non la règle…). Et quant aux psychiatriques pénalement irresponsables, on ne veut plus les tenir enfermés au motif de l’inclusion. Bref, les malfaiteurs potentiels ou avérés sont dehors, et des gens innocents sont frappés par leurs actions.

S’agissant de la récidive, nos belles âmes humanistes obsédées par le sort du malfaiteur nous disent d’ailleurs qu’elle n’est pas empêchée par le passage en prison. Nous les remercions de cet aveu, dont tout esprit logique ne peut tirer que deux déductions : 

– la prison n’est donc pas assez répulsive pour qui y séjourne, trop confortable, trop aménagée.

– si même la prison est inefficace à empêcher la récidive, dès lors que faire d’autre du malfaiteur si ce n’est être contraint de l’éliminer (pourquoi entretenir toute leur vie à nos frais derrière les barreaux des gibiers de potence ?!), seule façon que laisse à notre disposition pour l’empêcher de recommencer à nuire celui qui en son libre-arbitre a choisi de se ranger du côté de la délinquance et du crime.

Nous ne sommes pas des sanguinaires, nous n’éprouvons aucun plaisir particulier à souhaiter l’élimination de telle ou telle personne, il ne faut jamais perdre de vue que c’est le malfaiteur qui par son comportement nous contraint à envisager sa neutralisation, toujours dans le souci de protéger la société, c’est lui qui ne nous laisse pas d’autre alternative.

Sur la récidive toujours, et la condition qui la précède, le sursis, soyons clairs pour le lecteur ignorant des particularités du droit pénal. Un individu est condamné à une peine de prison avec sursis. Nous savons tous ce que cela signifie par principe : s’il recommence, il devra alors purger l’emprisonnement auquel il avait échappé à la condition qu’il se tienne bien. Le sursis est révoqué du fait que le malfaiteur a recommencé. Mais le sursis ne vaut que pour un type d’infraction commise, pas hélas pour le comportement général du malfaiteur, sans quoi il serait beaucoup plus aisé de l’extraire de la société et donc plus profitable à celle-ci en termes de sécurité. Condamné avec sursis pour vol, donc non-incarcéré, un mois plus tard il agresse un couple, tue le mari et viole la femme, deux infractions distinctes de la première, il est condamné pour le meurtre et le viol (qu’il n’aurait pas eu l’occasion de commettre s’il avait été condamné sans sursis), mais le temps d’emprisonnement pour vol ne s’ajoute pas à son incarcération pour ces deux nouvelles infractions puisqu’il n’a pas récidivé, recommencé en matière de vol. Il serait pourtant plus utile à la société de mettre à profit son incarcération pour meurtre et viol en la prolongeant de sa condamnation initiale (pour vol), au titre du comportement général de l’individu, afin de le neutraliser le plus longtemps possible au bénéfice des honnêtes gens. Mais non, ceux qui font le droit pénal ici n’ont qu’une chose en tête : amoindrir toujours autant que faire se peut le temps d’incarcération, par tous les stratagèmes possibles, la place de la prison doit selon eux être limitée dans l’arsenal des peines, en assénant des oxymores délirants qui ont prouvé leur échec, du genre : « la sécurité des citoyens sera mieux assurée si les détenus sont traités dignement ; la protection des victimes passe par une utilisation modérée de la prison ; la prévention de la délinquance exige une politique restrictive de l’emprisonnement et le développement de toutes les mesures alternatives à la prison ; toutes les peines dites “alternatives” doivent être développées ; il faut recruter massivement des éducateurs, des travailleurs sociaux et du personnel de soin pour rendre la prison moins inhumaine et développer enfin réellement le “milieu ouvert” ; une sanction efficace est une sanction humaine à laquelle le condamné peut adhérer, etc. ». Rendre la prison moins inhumaine… nous posons la question : les cambrioleurs qui ligotent, rouent de coups et torturent un couple d’octogénaires pour savoir où sont cachées ses liquidités et extorquer le code de leur carte bancaire (nous avons connu ce cas) ; des extra-européens généreusement accueillis, qui malgré cela séquestrent une gamine de treize ans, la violent et la sodomisent sans interruption durant vingt-quatre heures, font-ils acte d’humanité ? Par ailleurs et enfin, dernier clou du cercueil de la dissuasion, le sursis n’est plus révoqué lorsque le malfaiteur commet une nouvelle fois l’infraction pour laquelle il avait été condamné avec sursis. Il n’y a plus d’épée de Damoclès, elle a été privée de son sens, il peut récidiver indéfiniment. Ce droit pénal français philocriminel est fou.

Autre raison faisant que le crime se porte si bien en France, le refus idéologique des politiques de construire le nombre de places de prison nécessaires pour extraire le malfaiteur de la société. Lorsqu’ils y consentent tout de même, c’est du bout des doigts et demeure donc insuffisant. Engorgées, surpeuplées malgré la réticence des magistrats à emprisonner, ceux-ci face à l’insuffisance de places n’ont d’autre choix dans leurs décisions que de se rabattre (à la grande satisfaction de la « gauche morale » tellement pétrie de sollicitude pour le pauvre délinquant) sur du non-emprisonnement. La bride sur le cou, et comme la prison est inefficace à empêcher la récidive, le malfaiteur recommence.

La prison enfin, cela vient d’être évoqué, n’est pas ce qu’elle devrait être. Elle ne devrait pas être là pour « préparer la réinsertion », elle devrait être un endroit, répulsif, dissuasif, où l’on ne souhaiterait aller ou retourner pour absolument rien au monde. L’objet ne doit pas être de se resocialiser en passant par la case prison, il est que le citoyen adopte, au besoin par la terreur qu’elle devrait susciter, le comportement de droiture et d’honnêteté qui fera éviter d’y séjourner. Il n’y a pas meilleur moyen pour éviter de générer des victimes. Il est un autre argument plaidant dans ce sens : on nous dit selon la formule bien connue que la prison est « l’école du crime », raison pour laquelle il n’est pas judicieux d’y faire séjourner les gens. Nous répétons donc que pour éviter d’y faire séjourner les gens, le meilleur moyen est qu’elle soit un véritable enfer à même de dissuader les plus déterminés à agir. Elle ne les dissuadera pas tous bien sûr, mais tout au moins une partie des potentiels malfaiteurs y réfléchira à deux fois avant de passer à l’acte. Mais répétons-le le dogme en place nie les vertus de la dissuasion, prétendant que même la peine de mort n’empêche pas des auteurs de passer à l’acte. Ce qui est certain en tout cas, c’est que l’assassin d’enfants, le tortionnaire de petits vieux pour faire main basse sur leur bas de laine, n’aura pas l’occasion de recommencer une fois raccourci. Et c’est tout ce qui compte.

Aux États-Unis, sacro-saint modèle de l’Occident, qui ne passe donc pas pour être un exemple de dictature, on fait tout de même mieux qu’ici, on ne plaisante pas dans les condamnations de droit commun. Dans les États qui l’ont adopté, les magistrats ont la possibilité d’appliquer le « Three strikes, out » (inspiré du baseball où un joueur est exclu après trois infractions), loi qui prévoit une peine très élevée et incompressible à partir de la troisième condamnation. Les peines s’échelonnent alors de 25 ans de réclusion à la réclusion criminelle à perpétuité. Et la perpétuité là-bas est réelle, elle n’a pas été dévoyée comme ici où le mot même est devenu une escroquerie sémantique puisqu’un condamné à « perpétuité » en France peut ressortir de prison, il ne meurt pas de vieillesse en incarcération (le fait qu’ils aient inventé d’y accoler le terme incompressible dans certains cas montre bien qu’en dehors de cette exception la perpétuité française n’a plus rien de perpétuel).

Les exemples américains d’application de cette loi sont connus. Par exemple :

– réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une mesure de sûreté de 27 ans pour le vol d’une roue de secours après deux condamnations pour vol avec effraction.

– 25 ans d’emprisonnement pour le vol d’une pointe de pizza après avoir été condamné pour cambriolage et possession de drogue.

– réclusion criminelle assortie d’une mesure de sûreté de 25 ans pour détention de 0,5 gramme d’héroïne, après deux condamnations pour vol avec effraction.

– 30 ans d’emprisonnement pour avoir volé le magnétoscope et la collection de monnaie de son voisin alors qu’il avait été condamné deux fois pour avoir mis le feu à une boîte à ordure et au vide-poche de la voiture de son voisin.

On le voit, la peine infligée est sans rapport direct avec la troisième infraction commise. Un vol de sucette dans une boulangerie suffit. Ce qui est sanctionné, c’est le comportement général, le mental de l’individu. La société a été magnanime, elle a laissé deux occasions au malfaiteur de changer de comportement. Il n’en a pas tenu compte, il ne veut pas adopter un comportement respectueux d’autrui, il est exclu. Une vision des choses qui fait rêver.

On peut reprocher beaucoup de choses au monde de l’Islam, mais en matière de dissuasion du malfaiteur il a compris ce qu’il faut faire. À Riyad ou Doha, vous pouvez laisser votre voiture portière ouverte avec une Vacheron Constantin et 50.000 dollars visibles sur le siège, revenir trois heures plus tard, et retrouver l’ensemble. Le voleur sait ce qu’il risque s’il est pris.

Un jeune garçon, en Yougoslavie dans les années 1950, pourrissait la vie de son quartier. Il fut envoyé sur l’île de Goli Otok dans la mer Adriatique, choisie pour faire office bagne parce qu’elle a la particularité d’être totalement minérale, pas un brin d’herbe, pas un arbre, pas d’ombre où s’abriter. Sous le soleil, il passa un an en allers-retours à déplacer des pierres et des rochers d’un bout à l’autre de l’île. Il est rentré chez lui vacciné, doux comme un agneau, c’en était fini de ses conneries. Nous tenons cet exemple d’un de ses voisins.

N’en déplaise à nos doctrinaires bisounours et au législateur français, même le malfaiteur le plus intellectuellement limité, est capable dans son libre-arbitre de soupeser entre le bénéfice de son geste et l’assurance de ce qu’il va subir s’il est pris. La dissuasion par la crainte, si ce qu’on risque est supérieur à ce que l’on commet, ça marche ! Et s’il est malgré tout il est trop idiot, tant pis pour lui, l’honnête citoyen n’a pas à pâtir de l’existence de cet idiot indécrottable. Mais les partisans des idées qui ont mené la France dans la situation de violence et de criminalité actuelle nous diront que la politique de fermeté et d’emprisonnement est une réponse simpliste à une même vision simpliste de la délinquance. Leurs résultats sont là pour les discréditer totalement en la matière. Ils n’ont plus droit qu’à se taire.

Le juge est doté du pouvoir d’interprétation du droit, et d’individualisation de la peine au cas par cas, à l’individu jugé plutôt qu’à l’acte commis. Quelles en sont les conséquences ? Il y a eu vol : A-t-il été préparé ou non ? Comment s’est-il déroulé ? Démontre-t-il une improvisation, une maladresse, ou au contraire une habitude, un professionnalisme ? A-t-il réussi ou échoué ? Y a-t-il un butin, un profit ? La victime a-t-elle souffert de ce vol ? Lui a-t-il causé une simple gêne ? Un traumatisme ? Le vol a-t-il causé un trouble dans le quartier, la ville, la région ? Quelle est l’attitude de l’accusé ? Est-il sincère, crédible ? Regrette-t-il réellement les faits ou pas du tout ? Avait-il des antécédents ? A-t-il évolué depuis ? Présente-t-il des troubles (toxicomanie, alcoolisme, maladie mentale, traumatismes divers…) qui peuvent être à l’origine du vol ? Ces troubles ont-ils déjà été repérés ? Ont-ils été soignés ?… Notons au passage que la mansuétude gauchiste dans la pratique du juge invente la possibilité d’un vol sans butin, sans profit pour l’auteur. La victime a-t-elle souffert de ce vol peut s’interroger le juge ? Mais peu importe que la victime n’ait pas souffert, été gênée, traumatisée, le droit de propriété doit être sacré et rien ne doit venir amoindrir la gravité de son atteinte. Dans la normale, le juge n’a pas à prendre en considération une quantité énorme de données pour forger sa décision. S’il y a eu vol, il suffit de le dire, inutile de s’attarder sur tant de détails et hypothèses. La justice ne doit se préoccuper que de ce que la victime a subi, pas de l’histoire du malfaiteur. La seule exception que l’on puisse admettre au caractère sacré du droit de propriété est « l’état de nécessité », le vol de nourriture sous la contrainte de la faim devenant dangereuse, état reconnu par la jurisprudence depuis 1898 avec l’affaire d’une mère, elle-même affamée, volant un pain pour nourrir son enfant. L’état de nécessité est selon nous le seul cas où l’on doit admettre le droit d’interprétation du juge sur les inflexibles prescriptions de la loi. Il faut donc supprimer le droit d’interprétation des juges qui ne doivent redevenir que « la bouche qui prononce les paroles de la loi » (dixit Montesquieu) en constatant la culpabilité (ou l’innocence) de l’inculpé (nous préférons le terme traditionnel à la novation démagogique mis en examen) au regard de l’enquête, et de prononcer la sentence prévue à l’article correspondant du Code pénal. Faute de quoi c’est la porte ouverte à la dérive de mansuétude, d’accommodement, pratiquée depuis des décennies et qui a abouti à la catastrophe insécuritaire que nous connaissons actuellement, parce que le corps de la magistrature est infesté par la pensée gauchiste du fait que la formation qu’elle reçoit en est imprégnée par un corps enseignant militant. Hormis l’état de nécessité et la démence, tous détails et considérations pris en compte dans l’examen d’une infraction ouvrent la porte à tempérer la sanction si la charge de rendre la justice est placée dans des mains gauchistes, donc à ne pas dissuader l’auteur de recommencer, donc à entretenir le prolongement de son comportement délictueux ou criminel, donc à générer de nouvelles victimes.

En matière d’individualisation de la peine, il y a un autre problème, celui de l’existence du Juge d’application des peines, les célèbre JAP dont la production télévisuelle a même fait une série. Avant son invention en 1958, le procès pénal s’achevait par la décision du tribunal parée du principe dit de « l’autorité de la chose jugée » (on ne revient pas sur ce qui a été décidé et sur le quantum de la peine, plus aucune voie de recours pour tenter d’échapper à la sanction prononcée). Mais le JAP, et c’est là toute la perversité des fonctions qui ont été inventées pour lui, intervient tout de même après le jugement, avec le pouvoir de le modifier, d’adapter la sanction au condamné, d’individualiser, de raccourcir la peine. En somme l’existence du JAP n’est rien moins qu’une négation de l’autorité de la chose jugée, laquelle est en définitive bafouée, vidée de sa valeur. Le délinquant s’en frotte les mains.

Une autre cause majeure de la non-neutralisation du malfaiteur en France est la pratique du non-cumul des peines, contrairement à ce qui se fait dans de nombreux autres pays, dont l’Espagne pour en citer un à notre connaissance, où l’on peut dépasser les 100 ans de condamnation à l’emprisonnement. En France, on n’est pas puni pour l’ensemble de ses méfaits. Si une canaille ici commet plusieurs infractions dans un même cours d’action (par exemple : vol d’une voiture pour réaliser un braquage de banque ; extorsion de fonds dans la dite banque ; violence physique sur le personnel – coups de crosse au visage – ; meurtre d’un vigile ; délit de fuite ; excès de vitesse ; non-respect de plusieurs stops et feux rouges ; écrasement mortel d’un piéton ; dégradation de bien public en s’encastrant finalement dans un lampadaire) cette canaille ne finit punie que pour l’infraction la plus grave du lot, les autres sanctions se « confondent » dans la peine la plus élevée, comme on ferait une remise à un bon client. Une conception des choses proprement hallucinante.

Dans le petit monde de la magistrature de gauche, on prétend que le « gouvernement des juges » n’existe pas. Il est pourtant au contraire bien réel, comme en attestent les décisions des tribunaux au pénal, des tribunaux administratifs, du Conseil d’État, du Conseil constitutionnel, qui ne cessent comme chacun peut régulièrement le constater dans l’actualité, surtout en matière d’immigration, d’imposer au pays une certaine politique, une orientation idéologique manifeste, grâce à la liberté d’interprétation des textes et des situations octroyée au juge par les pouvoirs exécutif et législatif (et qui est sa seule et véritable marque « d’indépendance »). Corporatisme oblige, et par culture de l’ego, les juges se voient au rang des Pouvoirs, avec l’exécutif et le législatif, selon la séparation théorisée par Locke et Montesquieu, qui les a nourris de cette situation de « puissance » institutionnelle fraction de l’ancien pouvoir royal. Ils craignent, s’ils ne sont pas « indépendants » des deux autres pouvoirs, s’ils doivent rendre des comptes, que la Justice ne devienne une « administration », qui prendrait alors sa place dans la « chaîne » pénale dont tous les maillons sont déjà en place, entre la police et la prison. Ils feignent de ne pas comprendre que c’est précisément ce qu’elle est ! une administration. Hormis la liberté d’interprétation reconnue aux juges, leur prétendue indépendance est une imposture entretenue bon an mal an aux yeux de l’opinion. En réalité, quand on est nommé et que l’on agit sous l’autorité d’un ministre c’est-à-dire d’un membre du pouvoir exécutif, que la carrière dépend d’un système hiérarchique pyramidal relevant de la fonction publique d’État, on n’est évidemment pas indépendant. La justice est une administration, et dans ce cadre la magistrature doit obéir aux décisions du politique, comme tout fonctionnaire, quand bien même elles ne sont pas à son goût. Cette évidence d’une application neutre de la politique décidée par ceux qui ont encore une « légitimité de l’élection dans les urnes », révulse la magistrature, de gauche, de droite, qui prétend s’en affranchir. C’est pourquoi cette profession doit être dépolitisée et le syndicalisme interdit en son sein, à l’instar de l’armée.

Nombre de crimes et délits perpétrés en France sont le fait de gens qui ne devraient pas se trouver sur le territoire national. François Hollande a apporté une contribution considérable à la dégradation de la situation en abrogeant le délit de présence en situation irrégulière sur le territoire, installant de fait un droit pour les clandestins de se trouver ici légalement. Le droit d’asile a été dévoyé. L’asile, en principe, cela concernait traditionnellement quelques individus aux professions ayant établi leur notoriété, le chercheur, le journaliste, l’artiste, le sportif de haut niveau, l’écrivain, l’opposant, persécutés ou dont la vie est menacée par les autorités de leurs pays pour motif politique. Rappelons ce droit tel qu’il est défini par l’article 3 du Préambule de la Constitution de 1946 : « tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République ». Ces foules qui posent le pied sur le continent européen ne seraient faites que de gens ayant dans leurs pays mené une action en faveur de la liberté, des Soljenitsyne ? Bien évidemment non ! Le droit d’asile a été fallacieusement étendu à tous les nés dans une zone de sous-développement, et à des ressortissants fuyant la guerre dans leurs pays. De quoi créer des masses aujourd’hui énormes vu la démographie mondiale, arguant du « droit d’asile ». Cette conception délirante du droit d’asile est tellement importante qu’elle écrase, abolit l’ensemble des autres droits. La souveraineté de l’État ? Le territoire de l’État ? L’identité française ? Tous écrasés. Rien ne compte davantage que ce droit d’asile. Selon cette logique, ses praticiens prennent ce droit, le détachent de tous les autres droits de tout esprit d’équilibre, ils l’absolutisent, le sacralisent, bafouent tout le reste de la législation, et ont le culot de venir affirmer que l’ensemble de la société doit se soumettre à ce droit, sans quoi on n’est plus dans un « État de droit », on n’est plus une société qui respecte les droits. Difficile d’agir avec davantage de mauvaise foi. Et les choses vont très loin dans ce dévoiement du droit d’asile. Dans un délire d’enragés à accueillir tout le Tiers-monde, les juges du Conseil d’État, que nous citions en amont à propos de l’action politique orientée des tribunaux français, ont inventé une jurisprudence qui a été adoptée ensuite par l’Union européenne, qui consiste à dire que si jamais l’examen de la demande d’asile est refusée parce qu’il n’y a pas de persécutions politiques dans le pays du demandeur, on accepte le prétexte de la « persécution privée » qui est conflit de voisinage, conflit familial, etc. On garde donc des gens qui ne sont pas persécutés dans leurs pays, aux frais du contribuable Français, avec les millions de chômeurs que nous avons, simplement parce que ces demandeurs déclarent ne pas s’entendre avec leurs familles. On en est là ! La France a bien accueilli et assimilé des migrants dans le passé, mais ils étaient de pays européens, des populations qui nous étaient et sont culturellement compatibles, et dans des proportions bien inférieures à la submersion extra-européenne en cours. Il en va autrement des ressortissant venant de pays en conflit, ou même de pays où il n’y a aucun conflit. Nombre d’attaques au couteau émaillent l’actualité 120 par jour. Ces évènements ont été pour les Français l’occasion de découvrir le scandale, l’hallucinante incurie administrative des OQTF non respectées par toute cette canaille. Nous ne nous attarderons pas sur l’absurdité utopiste du législateur assez idiot ou déconnecté des réalités pour croire qu’une racaille va d’elle-même quitter le territoire parce qu’une préfecture lui a remis un bout de papier lui intimant de le faire ! Vient ensuite l’impossibilité dans laquelle nos politiques ont placé la France, par l’adhésion à des textes scélérats, par manque de volonté, par faiblesse dans les relations internationales, au motif d’une jungle de prétextes fallacieux, d’expulser des malfaiteurs vers leurs pays d’origine. 

Ce sont là trois autres des causes majeures à l’origine des drames qui frappent massivement les Français.

Du côté de la Police

Suite à l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir, sous l’empire de son ministre de l’Intérieur Pierre Joxe, a été adopté en 1986 un « Code de déontologie de la Police », que les fonctionnaires ont obligation de porter sur eux, façon de bien montrer leur soumission à son contenu. Il faut y noter l’article 10 : « Toute personne appréhendée est placée sous la responsabilité et la protection de la police ; elle ne doit subir, de la part des fonctionnaires de police ou de tiers, aucune violence ni aucun traitement inhumain ou dégradant. » Ce code, qui interdit de lever la main sur la canaille quel que soit son comportement même en garde à vue après son interpellation, fut préparé par des syndicalistes policiers francs-maçons de la FASP. Pour notre part, nous pensons que la « rééducation » du malfaiteur, surtout par exemple lorsqu’il s’agit d’une petite merde insolente qui mes ses pieds sur les sièges de la banquette d’en face dans le train ou le métro, d’un multirécidiviste avéré, d’un casseur black-bloc qui vandalise une vitrine, d’un violeur, d’un pédophile, d’un terroriste bien sûr, doit commencer entre les mains des forces de l’ordre. La dissuasion passe par là, par la « botte-au-cul-thérapie ». Il fut un temps béni, encore pas très ancien, où le Procureur se levait de son bureau pour mettre une baffe au salopard qui osait se plaindre de mauvais traitements policiers. La pensée gauchiste et la féminisation de la magistrature à partir de 1981 ont fait disparaître ces bonnes pratiques. Seul le cas du crime passionnel autorise à traiter l’auteur avec dignité et discernement par rapport à d’autres exemples de nuisance et de malfaisance. En illustration ci-dessous, l’arrestation du kidnappeur et meurtrier d’enfant Patrick Henry en février 1976, qui sera défendu par Robert Badinter, avocat avant de devenir le ministre de la Justice de François Mitterrand, cas sur lequel Badinter s’appuiera pour faire voter l’abolition de la peine de mort. Un juste comportement du Commissaire de Police ô combien satisfait de l’arrestation et de pouvoir « malmener » cette ordure devant les journalistes. Une scène inconcevable hélas de nos jours.

Nicolas Sarkozy a introduit dans l’administration de l’État les méthodes de rentabilité de l’entreprise, du secteur privé. Une pure aberration. Car d’une façon générale, les méthodes de comptable, de management et de pression productiviste n’ont rien à y faire. L’administration n’est pas l’entreprise risquant de perdre un marché par manque de compétitivité, le service de l’État n’est en concurrence avec personne. Et bien sûr, la Police n’y a pas échappé, introduisant une considérable dégradation du travail et de l’esprit policier : « Les responsables de la police et de la gendarmerie devront travailler en fonction d’objectifs précis et seront évalués en permanence. De leurs résultats dépendra leur carrière ». Une pure aberration puisque l’activité policière ne dépend par principe que des infractions commises ou non, elle ne peut être soumise à la réalisation d’objectifs, on ne peut pas exiger de réprimer vingt cambriolages par mois sur une circonscription s’il n’y en a eu que dix de commis, et noter l’activité des fonctionnaires sur cette non réalisation des objectifs. L’administration ne peut pas agir comme une entreprise produisant le nombre de boulons correspondant à ce qui lui est commandé par son client. Malgré cela, dès juillet 2002 la consigne est claire. La philosophie d’ensemble porte un nom, « la culture du résultat » que Nicolas Sarkozy explicite dans son ouvrage : « avec l’obsession du terrain, la culture du résultat fut la seconde règle que je nous fixais en prenant la responsabilité du ministère de l’Intérieur. J’exigeai d’avoir chaque soir un état récapitulatif des statistiques de la délinquance et de l’immigration. Je décidai de les publier chaque mois, afin que nos résultats soient vérifiables et connus de tous. Je créai les réunions “3+3″ : Chaque mois, je recevais les trois préfets dont les résultats étaient les meilleurs et les trois préfets dont les résultats étaient les plus mauvais ; les premiers pour les féliciter, les seconds pour comprendre et les aider à progresser » (“Témoignage”, XO Editions, p. 32).

Chaque jour, donc, depuis 2002, policiers et gendarmes se réveillent avec cette double exigence. La première, celle de toujours, la leur : assurer la paix publique, lutter contre la délinquance. La seconde, celle du moment, celle du ministre, du futur candidat, celle qui fera ou défera leur carrière et qui tient du casse-tête chinois : faire baisser le nombre des infractions, tout en augmentant celui des interpellations, puisque l’un et l’autre sont nécessaire à une instrumentalisation électoraliste.

Et dans ce cadre, dans la bataille des chiffres pour servir des intentions électorales, la manipulation des statistiques joue un rôle primordial. Un rapport établi par les trois inspections générales (administration du ministère de l’intérieur, police nationale, et gendarmerie) en décembre 2005 mais non publié par le ministre de l’intérieur – on comprend pourquoi – recensait les différentes causes de manipulation des statistiques policières (évoqué par L’Express du 18 mai 2005, Le Canard Enchaîné du 24 mai 2005, Le Nouvel Observateur, 11 janvier 2007). On a du mal à le croire mais il suffit de se rendre dans un commissariat pour comprendre. Nombre de personnes qui veulent déposer plainte sont tout bonnement découragées de le faire. Au mieux, on établit une main courante. « La propension des services à ne pas systématiquement prendre de plaintes pour des faits apparemment avérés » dit le rapport permet de faire baisser les statistiques. Le rapport est tout à fait explicite sur les causes de cette disparition d’infraction par fonte des plaintes : il s’agit tout bonnement d’une manipulation permettant de faire baisser l’image officielle de la délinquance. L’existence de « pareilles dérives » provient notamment de « la pression exercée sur les services en matière de statistiques de la délinquance ». On ne peut être plus clair ! Il suffit de s’entretenir un instant avec un policier en France pour comprendre que cette pression est colossale, à tous les niveaux, de haut en bas de la hiérarchie policière.

La formule soigneusement soupesée utilisée par les services de l’inspection – « pression exercée sur les services en matière de statistiques » – se comprend très aisément lorsqu’on se rappelle la stratégie du 3+3 fièrement prônée par Nicolas Sarkozy convoquant chaque mois les bons préfets et les mauvais préfets. On imagine aisément ce genre de réunions, la félicité des premiers de la classe et l’angoisse des petits derniers. On imagine encore plus facilement comment cette “culture du résultat” a pu se transmettre du haut en bas de la hiérarchie policière, dont on sait qu’en temps ordinaire elle est déjà pour le moins rigide, des commissaires aux officiers puis aux gardiens de la paix. Le mot d’ordre permanent est donc de faire baisser à tout prix les statistiques. Concrètement, comment faire ? Recueillir nous l’avons vu le moins de plaintes possibles, s’en tenir si possible à des main-courantes, renvoyer le plaignant vers un autre service, ce qui n’améliore évidemment pas la qualité du service ni les relations avec la population. Ou truquer purement et simplement les statistiques. Peu de policiers osent évidemment l’avouer publiquement. Mais personne ne conteste ces témoignages anonymes faute d’être courageux, comme celui d’un commissaire de banlieue : « quand une bande fait une descente dans un parking et casse 30 voitures, on devrait faire 30 procédures, une par véhicule dégradé. En fait, pour alléger les stats, il suffit de tout rassembler dans un seul fait, et la délinquance baisse » (Le Nouvel Observateur, 11 janvier 2007, p. 20.)Le paradoxe est qu’il faut parallèlement multiplier les interpellations et les gardes à vue pour démontrer que les policiers sont actifs et efficaces. Les effets pervers de cette politique sont connus. Une partie de l’activité des policiers est donc par défaut orientée à rechercher les infractions les plus faciles, celles qui permettent facilement de faire des « bâtons » sur le tableau, qui ne nécessitent pas d’investigations trop longues et qui améliorent sans coup férir le taux d’élucidation.Le comble du ridicule fut atteint à la fin de l’année 2006 lorsqu’il a fallu démontrer aux Français que le nombre de voitures incendiées était en baisse. Le ministre de l’intérieur n’a pas hésité à inventer la nouvelle catégorie statistique des « incendies par propagation ». N’étaient officiellement comptabilisées que les voitures incendiées directement. Mais dès lors que le feu avait eu la maladresse d’atteindre un véhicule avoisinant, il n’était plus comptabilisé, nous n’étions plus dans la statistique officielle, là le chiffre baissait effectivement. Le tour était joué.

A nouveau, la criminalité n’est pas un produit boursier. On peut admettre qu’un chef d’entreprise, un directeur de société affirme : « nous augmenterons notre chiffre d’affaires de 2 % cette année, ou bien « nous réduirons nos frais généraux de 2 % ». Il n’est pas normal que le pouvoir puisse demander à la police d’amener la comptabilité de la délinquance ou le taux d’élucidation à des chiffres arbitrairement décidés. Ce qui est en cause ce n’est même plus la qualité du thermomètre, c’est la compréhension de la maladie.

Citons encore le fait que si le code pénal (le catalogue des infractions et leurs peines) est sévère dans l’énoncé des sanctions prévues, le code de procédure (la façon de travailler des policiers) est plein de dispositions qui compliquent considérablement l’enquête, la gestion du malfaiteur, et sapent cette sévérité de principe. Dans ce domaine, les lois Élisabeth Guigou (ministre de la Justice dans le gouvernement socialiste de Lionel Jospin), pleines de prévenance pour le délinquant et de contraintes pour le protecteur, ont considérablement alourdi une procédure pénale déjà relativement inefficace. Ce ministre a mis en place un tel nombre d’actes à respecter et à exécuter pour la gestion d’une simple garde à vue, chrono en main, que cela multiplie les risques d’oubli ou d’erreur, surtout lorsque l’on est débordé de travail, donnant ainsi davantage de possibilités à l’avocat d’invoquer un vice de forme procédurale qui entraîne immédiatement l’arrêt des poursuites par le Parquet et la remise en liberté du malfaiteur. Et Nicolas Sarkozy ensuite, que les Français évidemment manipulés ont vu à tort comme un volontariste sécuritaire, a lui aussi imposé des dispositions de confort et de prévenance à l’égard des délinquants durant la garde à vue, de nature à considérablement affaiblir l’efficacité de cette mesure pour parvenir à la manifestation de la vérité. Car lorsque l’on est une canaille bien au chaud, respectueusement traitée, régulièrement visitée par un médecin (comme si les services étaient équipés de salles de torture !) et mieux nourrie que certains policiers qui n’ont pas toujours le temps de manger chaud et à l’heure, le moral n’est pas aussi affecté que lorsque l’on est dans l’inconfort ; on est plus à même de réfléchir et d’échafauder des mensonges cohérents. En conséquence, on a tendance à mieux résister à l’enquête, augmentant ainsi les chances d’échapper aux poursuites… Tous éléments de bon sens auxquels la cervelle des « humanistes » est totalement imperméable. 

Il ne faut pas oublier les théories de la proportionnalité de la riposte, et de la légitime défense, manifestement forgées l’une et l’autre dans une volonté de dissuader le policier de se servir de son arme, et de lui nuire si tant est qu’il le fasse. Elles forment les deux bracelets juridiques qui enchaînent le policier français. Telles qu’elles sont définies, elles sont très difficilement applicables par ce dernier dans le feu de l’action, ce qui a bien évidemment pour conséquence de l’obliger à modérer sa façon d’intervenir, au détriment de son efficacité et de la prévalence de la sécurité dans la société. Prétendre indispensable leur application au point d’en avoir fait des obligations légales relève de la malhonnêteté intellectuelle la plus absolue. La théorie actuelle de proportionnalité de la riposte découle de la bien connue loi du Talion hébraïque antique et de son principe « œil pour œil, dent pour dent », qui en soi est une mesure juste :  subir à l’identique ce que l’on a fait subir à une victime, ni plus, ni moins. Mais la proportionnalité du châtiment ne doit pas être associée à la proportionnalité des moyens mis en œuvre pour neutraliser le délinquant. Pour forger cette absurde et neutralisante proportionnalité de la riposte, législateurs et doctrinaires du droit pénal français ont confondu proportionnalité des moyens et proportionnalité du résultat. Si la seconde peut être considérée comme normale et juste (œil pour œil, dent pour dent), imposer une proportionnalité des moyens pour parvenir à celle du résultat est anormal et malhonnête, elle sert le malfaiteur. Cette confusion est une manœuvre subtile qui a des conséquences colossales sur le développement de l’insécurité. La seule chose qui compte en réalité, c’est la neutralisation du malfaiteur, quels que soient les moyens utilisés. Mais en France, nous ne vivons pas dans un monde normal. Il faut insister sur la responsabilité à la source de cette situation : que les magistrats appliquent le droit parce qu’ils sont payés pour le faire, et que certains se satisfassent idéologiquement qu’il soit aussi bienveillant pour la canaille est une chose ; mais ils ne font pas le droit, ils n’en sont que les utilisateurs, ce sont les parlementaires qui ont adopté par leur vote toute cette législation insane, les véritables et premiers coupables de la mansuétude appliquée dans les faits (parce que dans la lettre les peines sont pourtant lourdes), ce sont eux et le pouvoir politique qui par idéologie refuse de doter le pays du nombre de place de prisons que requiert la situation.

Conclusion : nous venons de passer en revue une partie des éléments essentiels expliquant la situation actuelle. Il faudra la volonté d’un pouvoir fort pour purger les écuries d’Augias, s’appuyant sur des juristes sains, et un travail considérable de réforme pour remettre les choses à l’endroit un jour. Le chantier n’avait aucune chance d’être mis en oeuvre. La France est-elle prête à devenir « méchante » avec ceux qui lui font du mal ? Tant qu’elle ne le sera pas, elle continuera de souffrir.