Emmanuel Macron, ce fédéraliste européen enragé

Il a fait la une de The Economist avec son discours de la Sorbonne et ses formules selon lesquelles « l’Europe est mortelle » … « la meilleure façon de construire ensemble c’est d’avoir le moins de nationalistes possible »

Ce qui saute aux yeux depuis longtemps, c’est que l’actuel occupant de l’Élysée trouve le costume France étriqué, il est à l’étroit dans son pays, il se rêve un destin supranational, donc européen. Il trouve peut-être moins fascistes que ploucs les « populistes » accrochés à leur drapeau tricolore. Et pour nos européistes, Europe fédérale est une expression tabou parce qu’elle fait peur dans les pays qui tiennent encore à leur souveraineté. L’Europe fédérale pour Macron, c’est la formule de Gambetta en 1871 pour l’Alsace-Lorraine, « Y penser toujours, n’en parler jamais ». En réalité, Emmanuel Macron rêve de toujours davantage d’intégration dans l’Union européenne et d’Europe fédérale. Et la formule qui cache l’Europe fédérale, c’est la « souveraineté européenne ».

C’est une vraie idéologie. Et comme pour le communisme dont les communistes nous disent qu’il n’a pas échoué parce qu’il était mauvais mais parce qu’on n’en a pas fait assez, qu’il a été trahi, qu’on ne l’a pas assez appliqué, de même les européistes, Emmanuel Macron en tête, viennent dire pour justifier leur projet qu’il faut « encore plus d’Europe ». Mais ils se gardent bien d’aucun bilan sur les échecs patents européistes, et il est hors de question de revenir en arrière.

Il faut rappeler qu’Emmanuel Macron, longtemps en phase avec son électorat âgé né sur les décombres de deux guerres mondiales fratricides qui ont décimé la fine fleur européenne, Emmanuel Macron qui a été biberonné au libéralisme glorieux dans une Europe instituée sur le commerce, la CECA fondatrice (communauté européenne du charbon et de l’acier) dès l’origine convertie au capitalisme et au libre-échangisme anglo-saxon, ne voit pas en quoi le mondialisme serait un problème.

L’Europe que Macron présente, c’est l’Europe séduisante, de la paix, des synergies économiques, une Europe qui ne fait pas peur. Sauf que l’Union européenne, ce n’est pas ça ! Elle est un Léviathan mouvant, technocratique, sans adhésion populaire, dont les dirigeants ne sont pas élus par le suffrage universel mais nommé en interne, sans identité culturelle, et aux contours géographiques étirables à l’infini. Elle est passée de 6 à 27 pays membres, sans parler des nombreux pays qui attendent sur le seuil. Si tout est Europe, rien n’est Europe. Et le comble, c’est que cette Union européenne vendue dès ses origines comme une Europe de la paix devient contre toute attente de plus en plus belliqueuse, menée par des épiciers qui veulent jouer les soldats. Même l’idée qu’unie l’Europe serait plus forte pour s’opposer aux grands blocs est en train de s’effondrer, et beaucoup d’Européens le comprennent. La Suisse, qui convenons-en est un petit pays, s’en sort plutôt mieux que la France sans être enferrée dans cette Union.

A l’origine, l’Europe de Jean Monnet et Maurice Schumann a été voulue par les États-Unis, notre article Qu’est donc véritablement la construction européenne le rappelle, dans le cadre de la Guerre froide et pour servir de débouché commercial aux produits américains. Et à l’image de la « Destinée manifeste » des États-Unis, elle a jusqu’à la tentation messianique de s’étendre à l’infini, d’étendre ses « valeurs » en lesquelles elle voit une sorte de décalogue mondial.

– On perçoit le fédéralisme enragé d’Emmanuel Macron à mille indices, dont la liste suivante ne saurait donc être exhaustive : 

– Il ne parle que de « souveraineté européenne », jamais de souveraineté nationale, de souveraineté française. On l’accuse d’être inconstant, de dire tout et son contraire, mais s’il y a bien un sujet sur lequel il n’a jamais varié, c’est sa constance européiste. 

– En janvier 2024 à Davos il a été présenté par Claus Schwab comme un « leader dont le cœur bat pour l’Europe ». Et de fait, au cours de son intervention à ce moment il n’a été question encore que de souveraineté européenne et pour aller toujours plus loin dans cette souveraineté supranationale qui fera de nous des nains sans pouvoir. 

– Il y eu l’épisode du drapeau de l’Union européenne déployé par deux fois à trois mois d’intervalle sous l’Arc de Triomphe, au mépris des usages, une fois pour célébrer la présidence française de l’Union, et la deuxième à l’occasion du sommet de l’Union européenne tenu à Versailles.

– Il ne prend aucune décision sans avoir l’aval de la structure, on l’a vu à l’occasion de la crise sanitaire, de la crise agricole, de la crise de l’électricité, il est allé chercher ses ordres auprès d’Ursula von der Leyen. Une exception à cette règle : l’idée lui vient d’envoyer des troupes françaises en Ukraine d’initiative.

– Il soutient le candidat fédéraliste Mario Draghi ancien président de la Banque centrale européenne, pour remplacer Ursula von der Leyen.

– Il pousse pour l’extension à des domaines très stratégiques du vote à la majorité qualifiée et non plus à l’unanimité des 27 pays, ce qui est extrêmement dangereux.

– Il plaide pour une intégration toujours plus importante dans une politique de défense, notamment avec cette idée folle de partage de l’arme nucléaire française, une mutualisation de ce qui est par excellence un instrument de souveraineté.

– Il vient d’oser, symbole éloquent de renoncement à la souveraineté nationale, de soumettre son entretien avec le président chinois Xi Jinping, à la présence de Ursula von der Leyen.

Rappelons que si la dissuasion nucléaire est précieuse, elle a un coût. Elle n’appartient pas à Emmanuel Macron mais à tous les Français qui l’ont financée par leurs impôts. L’étape suivante déjà évoquée, du destructeur de notre souveraineté nationale, c’est le partage du siège permanent de la France au Conseil de sécurité de l’ONU, proposition faite sans vergogne en 2018 par Olaf Scholz (quand il y a de la gêne il n’y a pas de plaisir !) à l’époque vice-chancelier allemand.

« L’Europe est mortelle ». Macron a joué là sur l’ambigüité. A quelle Europe faisait-il allusion ? Évidemment à celle de son projet fédéraliste aujourd’hui massivement rejetée, et non pas l’Europe des peuples et des patries charnelles que les souverainistes entendent préserver. Mais si l’Union européenne est mortelle, l’eurolâtre Emmanuel Macron n’aura peut-être à s’en prendre qu’à lui-même, parce qu’en multipliant ces signes d’intégration et d’allégeance à une puissance supranationale, il va il faut l’espérer faire peur à nombre de pays qui ne vont plus voir comme seule issue que des « Exit », à la britannique.

En fait Emmanuel Macron est pour la France le plus grand danger qu’elle ait connu probablement depuis le traité de Troyes du 21 mai 1420 conclu entre le roi de France Charles VI et le roi d’Angleterre Henri V, traité prévoyant à la mort du premier la réunion des deux royaumes sous une seule couronne, l’anglaise, un accord qui reconnaissait le souverain de la famille Lancaster comme l’héritier légitime du royaume de France, au détriment du Dauphin. Emmanuel Macron est le Charles VI de notre temps.

Une majorité de Français a follement acquiescé depuis cinquante ans à l’installation dans leur pays de millions de ressortissants originaires du continent africain, détruisant la cohésion et l’homogénéité ethnique du pays, suscitant des tombereaux de problèmes et de drames, vont-ils aller encore plus loin et se laisser totalement déposséder de leur souveraineté, dissous dans la dictature européiste sous la conduite des fossoyeurs en place ? Le mouton va-t-il avoir un sursaut de lucidité et d’instinct de préservation avant de sortir de l’Histoire, ou bien son encéphalogramme est-il définitivement plat ?

(Image Reuters)

Éminent symbole d’abandon volontaire de souveraineté, autour d’une table choisie ronde à dessein, donc neutre, à laquelle personne ne préside, Emmanuel Macron soumet la politique diplomatique française à l’approbation et à la suzeraineté de l’Union européenne.