De Charybde en Scylla, décade après décade

Avec l’entrée orchestrée par le pouvoir de centaines de milliers d’étrangers extra-européens inassimilables par an depuis de nombreuses années et leur répartition partout selon l’infâme formule de « transition démographique », l’insécurité s’est répandue partout sur le territoire désormais, non seulement les zones urbanisées mais aussi toutes les régions. Après des décennies de dénégations par les auteurs de cette catastrophe, le lien entre immigration afro-musulmane et insécurité, notamment par le trafic de stupéfiants, est désormais officiellement reconnu. Il n’est plus possible d’être à l’abri nulle part. Comment en est-on arrivé là ?

Faisons une chronologie des enjeux migratoires sous la gouvernance française depuis une quarantaine d’années, et de la politique appliquée par des apprentis-sorciers jouant à faire leur « expérience sociétale », selon la méthode bien connue du « dégradé » par étapes.

Les années 1980 sont l’époque des prophéties non entendues. Des clairvoyants dans l’espace public commencent à dire que l’immigration va causer des problèmes majeurs dans l’avenir, problèmes identitaires, culturels, de nationalité. Ils ne sont pas entendus, et plus encore ils sont diabolisés pour avoir dit cela. Leur diabolisation ne cessera pas, jusqu’à nos jours. A l’époque, la politique migratoire à la hauteur de l’enjeu tel qu’il est compris par les clairvoyants aurait dû être une politique pour empêcher que le pire n’advienne, une politique de prévention par l’interruption du mouvement mis en oeuvre à partir de 1976 avec le regroupement familial des funestes Giscard/Chirac. Au lieu de quoi on décide d’envoyer avec mépris au bagne mental et médiatique ceux qui mettent en garde : le clairvoyant est un fou « d’extrême-droite », un idiot qui n’a pas lieu de s’inquiéter.

Les années 1990 sont le début d’une prise de conscience, très minimale : « Il faut assimiler ». On croit que la France est capable d’assimiler. On sort du chapeau à ce moment-là un mot qui était un peu oublié : laïcité. La laïcité devient l’instrument utile en toutes circonstances pour relancer la machine à assimiler, elle devient le symbole de l’assimilation. Sur l’historique de la distinction entre assimilation et intégration, nous renvoyons le lecteur à notre article Assimilation et intégration, deux concepts radicalement opposés, sous la thématique Société multiraciale.

Les années 2000 sont celles du déni absolu. Finalement tout va bien, c’est un gros Ouf ! de soulagement pour l’oligarchie immigrationniste qui tient la France et son contingent d’électeurs idiots utiles : les « fachos » ne sont pas passés malgré l’arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002. On peut revenir à la routine du primat des enjeux socio-économiques, les enjeux identitaires sont balayés, la question de l’immigration ne se pose pas vraiment. C’est la décennie du « sentiment d’insécurité », où l’on commence à traiter les Français de paranoïaques et de malades mentaux parce qu’ils s’inquiètent pour leur sécurité et pour l’avenir du pays. Tout cela ne serait que le fruit de leur peur puérile. Quand vous êtes dans le déni, vous ne faites rien. Le pouvoir français ne fera rien pour freiner la course à la catastrophe.

Les années 2010 sont les années d’adaptation. Tous ceux qui ont jusqu’alors nié le bouleversement finissent par l’admettre, la modification du pays est très forte, elle emporte la France, mais loin de la condamner ils demandent à ce que l’on s’y adapte. Ce sont les années du funeste rapport Tuot vantant le passage de l’assimilation à l’intégration puis de l’intégration à l’inclusion. Ce sont les années où l’on nous dit que la France doit se transformer pour s’adapter aux exigences de la diversité. C’est un basculement complet : c’est à la France historique de s’assimiler à la « France nouvelle » qui s’implante et qui émerge. Et que faut-il faire dès lors dans cette logique ? Quelle est la politique attendue ? C’est une politique de « rééducation » des Français, pour leur apprendre la « tolérance » et la diversité, à eux vieux peuple « Gaulois » réfractaire. L’ancien député socialiste, co-fondateur de SOS Racisme, Julien Dray, revendiquait déjà cet objectif le 29 janvier 2007 avec forces dans un débat sur France 3 en ces insupportables termes : « Il faut faire cette éducation du pays pour qu’il apprenne que désormais son avenir c’est le métissage ! ». 

Pour en venir aux années présentes, qui sont celles du fait migratoire massif. Tout le monde comprend que c’est l’enjeu du siècle. Mélenchon dit « créolisation », pendant que l’appareil préfectoral applique la « transition démographique » voulue par son chef. Ceux qui ont toujours vu clair disent submersion migratoire mettant en danger de mort l’identité, de la culture, de la race des Européens historiques sur leur propre sol, chacun nomme la réalité à sa manière mais tous constatent qu’elle est majeure. Les années présentes sont donc maintenant décisives. Pour les optimistes, il y a en France un peuple, des communautés dispersées, nombreuses, non assimilées, mais qui n’ont pas encore formé un « autre peuple » et dès lors nos optimistes se disent qu’il sera encore possible de les assimiler si on se donne du temps. En version pessimiste il y a désormais deux peuples en France, qui sont en rivalité pour savoir lequel sera légitime, il y a comme un partage territorial déjà présent. Les pessimistes, c’est-à-dire les lucides connaisseurs des leçons de l’histoire, savent de longue date que la coexistence pacifique de populations appartenant à des cultures antagonistes sur un même territoire n’a toujours été qu’éphémère dans l’échelle du temps, qu’elle s’est toujours et en tous lieux soldée par des revendications et des partitions territoriales, des tragédies, leçons que les optimistes ont toujours voulu ignorer.

Les conséquences de cette politique nous ayant mené de Charybde en Scylla sont si graves qu’il ne faut cesser d’en rappeler les origines et les responsables. Elle répondait d’une part à la volonté d’un patronat négrier et félon préférant au salarié français une main d’oeuvre importée docile et payable au rabais, elle répondait d’autre part aux lubies maçonniques de société multiraciale heureuse, les deux univers n’étant bien entendu pas cloisonnés et imperméables avec la présence de chefs d’entreprise dans les loges dont les idéaux tiennent lieu de feuille de route pour tout le personnel politique de ce régime et des social-démocraties occidentales. Il faudra des décennies d’une politique radicalement contraire en tous points à celle qui a été menée, si tant est que ce changement survienne un jour, pour réparer les dégâts, dans les larmes et le sang, avec des générations assainies de dirigeants qui tiendront impitoyablement écartés de l’accès au pouvoir les idées et les hommes ayant été capables de forger le désastre actuel.