Les « 7 vices de l’élection »

Il est certain et clairement constatable désormais par toute personne dotée d’un minimum de lucidité et d’honnêteté intellectuelle que la démocratie contemporaine en France n’est absolument pas satisfaisante. Elle est une escroquerie perverse par laquelle une minorité groupusculaire ploutocrate impose sa volonté au peuple et contre les intérêts de ce dernier. Nous renvoyons le lecteur au contenu de l’ensemble de notre thématique République, Démocratie, Vie politique française, et notamment à notre article Sommes-nous en démocratie ? 

Dans son principe, le système démocratique implique le risque que les idées que l’on a pu évincer du pouvoir du fait de leur mauvaise gouvernance, y soient de nouveau portées un jour (puisque les gens ont été assez stupides dans le passé pour y recourir). Les conséquences de leur retour sont tellement néfastes que ce risque inhérent au principe démocratique n’est pas acceptable. C’est pourquoi nous avons davantage de vues positives à l’égard d’autres systèmes de gouvernance. Mais s’il faut vraiment « sauver » la démocratie contemporaine, examinons tout de même les propositions extraites d’un texte désormais assez ancien mais toujours d’actualité d’Étienne Chouard, classé dans la gauche radicale, dont les travaux sont axés notamment sur la dénonciation : 1°) du mécanisme de l’élection, 2°) de la confiscation du pouvoir par une oligarchie de possédants. Étienne Chouard réfute l’utilisation du terme « démocratie » pour désigner les systèmes politiques basés sur l’élection et préconise un retour aux grands principes de la démocratie athénienne (dont l’une des clés de voute est le tirage au sort des représentants).

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Sortir du « démocratisme » à la française

Pour encore trop de cervelles anesthésiées, la démocratie, c’est le régime politique parfait auquel toute l’humanité doit parvenir, il n’y a pas de mot davantage chargé d’une connotation positive. Qualifié démocrate, tout homme, toute action est comme sanctifié pour ces cervelles embrumées ou peu exigeantes. Toute tiédeur démocratique, en revanche, est source d’une intense suspicion. Toute opposition à la démocratie vaut, aujourd’hui diabolisation.

Il faut rappeler que pour les penseurs grecs, fondateurs de la science politique, la démocratie n’est simplement qu’une des formes de gouvernement parmi d’autres. Ils ne confèrent pas à la démocratie une légitimité particulière. Le critère de la légitimité du pouvoir réside non dans sa forme, mais dans la réalisation du bien commun. Et cette réalisation peut tout autant se trouver dans d’autres régimes. Chaque forme de gouvernement présente des avantages et des inconvénients, chacune est menacée de dégénérescence.

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Le « citoyen », une outre pleine de vent…

– Crois-tu, dit le Grec, que si vous aviez gagné cette guerre, vous auriez fondé un véritable État, comme Rome ?

Mais le druide s’esclaffe.

– Un État ? Comme Rome ? Quelle abomination ! Oh non, quelle épouvantable chose qu’un État ! Ce n’est pas du tout de cela dont je te parle ! As-tu rencontré un seul Celte capable d’être un citoyen ? C’est bon pour les Grecs et les Romains, cette chose abstraite et grégaire, cette chose petite et sans couleur ! Un citoyen ! Cette outre pleine de vent, et toute pareille aux autres ! Un Celte qui perdrait sa couleur et sa liberté perdrait la vie ! Un pouvoir, d’accord, tant que l’on peut mettre à mort le roi qui s’en rend indigne ! Un Empire, d’accord, tant que l’on peut y dénombrer des tribus toutes différentes, avec pour chacune ses petits chefs ! Mais un État … une organisation étatique … quelle absurdité insupportable pour des hommes libres ! Quelle contrainte vide et déracinée ! Pourrions-nous devenir comme les légionnaires de Rome, des fourmis toutes identiques, des fourmis serviles qui ne savent plus bien pour qui ni pourquoi elles meurent ? Sans tribu, sans roi, sans fief ? De qui est-on l’obligé quand on n’a plus de roi ? Peut-on vivre et mourir pour l’un de ces démagogues, l’un de ses fantoches en toge que l’opinion publique mène comme des marionnettes, et qui se gargarisent de leur civisme ? Et puis ce serait trahir les lois de la nature, la nature si imaginative qui a fait en sorte que personne ne marche au même pas… Donnerais-tu la même nourriture et la même loi à l’aigle, à l’ours, au loup, au cochon sauvage ? Donne à manger des glands au loup, il en mourra ! Oblige un aigle à courir dans les fourrés et ses ailes se briseront, ses serres deviendront des moignons, il ne sera plus un aigle ! L’État… Quel crime contre-nature est-ce là ? Et quand on déciderait de commettre ce crime, sur quel animal ajusterait-on la conduite de tous les autres ? Non, mon ami, le prodige dont je te parle, c’est l’aigle, l’ours, le loup, le cochon, la forêt entière s’armant contre l’intrus qui la mutile et qui la broie ! Un Cadurque et un Breton combattant côte à côte, voilà la merveille ! Voilà la vraie force conforme aux lois sacrées de la nature ! Mais par quelle logique absurde l’ours chercherait-il à être chien ? Mais par quelle logique absurde le Cadurque chercherait-il à être Breton ? L’union n’est pas l’uniformité ! Est-il nécessaire d’être tous identiques pour défendre la même cause, et pour combattre ensemble, de manger le même foin aux mêmes heures ?

Cécile Guignard-Vanuxem, Vercingétorix, le défi des druides. Éditions Cheminements

Macron et le référendum : sincérité ou escroquerie ?

Un référendum sur l’immigration est réclamé avec force depuis plusieurs années. Ce à quoi la réponse assénée est que ce n’est pas possible à cause de l’article 11 de la constitution qu’il faudrait pour cela préalablement réformer. Or, divers observateurs et constitutionnalistes disent au contraire que la constitution telle qu’elle est actuellement permettrait un tel usage du référendum, preuve en étant que De Gaulle ne s’est pas privé d’en faire usage. L’occupant de l’Élysée prétend vouloir élargir le domaine référendaire pour que l’on puisse poser davantage de questions aux Français, allant donc à contre-courant de la démarche qui jusqu’à présent consiste à dire « non, pas sur ça » à chaque sujet que les Français voudraient voir traité, au prétexte qu’il y aurait des sujets « trop passionnels » et qu’il vaut mieux interroger les Français sur des sujets leurre sans importance. Mais cette réforme et ce libre usage du référendum par les Français tel qu’il devrait être dans un pays d’adultes responsables, n’ont pas la moindre chance de se concrétiser. On est là dans la communication politique trompeuse, méthode de gouvernement érigée ici en norme. Pas la moindre chance d’aboutir. Pourquoi ? :

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Un funambule servi par des toutous

L’occupant actuel de l’Élysée a certes été élu formellement par les Français, mais dans des conditions de promotion, de publicité, de couverture médiatique avec tous les artifices (le cadrage, le « priming »…) pour le favoriser outrageusement et dénigrer les autres. Il a été élu en 2017 de façon totalement injuste, et réélu en 2022 sans même qu’il y ait eu de campagne. Il a été porté pour promouvoir des politiques voulues par des milliardaires groupusculaires et non pas voulues par les Français. 

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Changer les institutions : une nécessité vitale

Crise institutionnelle, crise de régime, crise démocratique, crise de représentativité, les termes équivalents ne manquent pas pour nommer le fait dont nous sommes contemporains et dont un Français sur deux nous dit-on aurait ENFIN fini par prendre conscience. Les niais la découvrent aujourd’hui mais nous disons « enfin » car cette crise de régime, profonde, est en place depuis longtemps. D’aucuns identifient en tant que fondement de cette crise le délitement du rapport de confiance entre les « élites » et la population, et la dilution de la responsabilité des gouvernants. Il est vrai qu’ils ne sont plus que des pantins gestionnaires qui ont abdiqué leur pouvoir et la souveraineté du pays au profit de structures supérieures, du côté des marchés financiers et de l’Union européenne qui dicte la quasi-totalité du droit actuel simplement transposé dans nos textes par des parlementaires qui ne sont plus que des chambres d’enregistrement. L’histoire du XXe siècle, c’est celle à la fois de la construction de l’État administratif qui se substitue quelquefois à la responsabilité politique, et du développement du gouvernement des juges (voir notre article Comment en est-on venus au gouvernement des juges ? répertorié dans la thématique République, Démocratie, Vie politique française). La dilution du pouvoir politique est captée par d’autres autorités qui n’ont pas la « légitimité » de l’élection.

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Le rejet d’un système

Pourquoi Emmanuel Macron, en tant que symbole politique, a fini par être le point d’aboutissement d’une crise politique profonde qui ne se réduit pas à sa personne ? 

On entend dire qu’en 2022 il a été « mal élu » parce qu’il n’a disposé que d’une « légitimité négative », c’est-à-dire que l’indécrottable pigeon Français est allé urner non par adhésion, mais en votant pour lui parce que ce n’est pas elle. Il n’a donc eu qu’une légitimité assez faible puisque faite d’une coalition des LR (ex-UMP-ex-RPR, ce parti co-architecte de la catastrophe française avec le Parti socialiste), des centristes et d’une partie du vote de LFI. Mais c’est oublier que c’était la même chose en 2017.  Il avait face à lui Marine Le Pen, avec le même discours « antifasciste », un discours qui ne fait pas du programme politique une vision, un destin, pour le pays, mais se contente d’égrener des mesures technocratiques et de clamer qu’il faut donner le pouvoir au candidat de l’oligarchie en place parce que l’autre candidat sera un désastre pour le pays. 

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