Valeurs supérieures

Aucun temps n’a jamais reposé autant que le nôtre sur le consentement de l’imagination. Le fascisme respire cet air pur d’un monde d’après le déluge qui ne veut connaître que ce qui est. A la vérité, l’homme, tel que le conçoivent les fascistes, est un jeune sauvage qui ne croit qu’aux qualités dont on a besoin dans la brousse ou sur la banquise : il récuse la civilisation. Car il ne voit en elle qu’hypocrisie et imposture. Il croit aux pionniers, aux constructeurs, aux guerriers de la tribu. Il croit à la morale qu’il s’est faite, qu’il a éprouvée et trouvée tutélaire dans les relations des hommes avec les hommes : laquelle comprend la loyauté, qui permet le sommeil et assure l’avenir, la protection des faibles, l’engagement d’être présent à sa place au combat, et aussi à sa place au conseil et au travail. Ils estiment les hommes pour ce qu’ils sont et non au nombre de plumes qu’ils portent sur la tête. L’affection, le dévouement, le sacrifice, ce sont les trésors qu’ils portent en eux et ils les offrent joyeusement comme la jeunesse offre ses forces, par joie pure de s’en servir, mais pour ce qu’ils aiment ou pour ce qu’ils admirent.

Maurice Bardèche, Qu’est-ce que le fascisme ? (1961)

Les vertus même du nationalisme

La devise de Vichy n’en fait pas pour autant un des hauts-lieux du fascisme. Combattre la démagogie, la facilité, l’esprit de jouissance n’est que la partie négative du fascisme, celle qui est commune au fascisme et à d’autres doctrines qui ont analysé correctement l’esprit démocratique et qui en souhaitent la disparition. On n’est pas fasciste par le seul fait qu’on réclame la disparition de la comédie parlementaire. J’approuve aussi ces vertus que le régime de Vichy recommandait, l’épargne*, le travail, la patience, vertus paysannes, vertus sérieuses. Ce sont les vertus de la sagesse et de la santé. Et elles ne valent pas seulement par le sérieux qu’elles mettent dans la vie nationale, mais encore parce qu’elles repoussent et excluent : le clinquant, la publicité, la vanité tapageuse, la spéculation, enflure et parade du monde moderne, qui déguisent mal la prostitution et le dessein de vivre du travail d’autrui. Ces vertus robustes sont le fond de la tapisserie antidémocratique. Elles font partie du fascisme comme le refus du marchandage parlementaire et de toutes les autres formes de la bassesse et de la tricherie. Mais elles ne sont pas davantage le propre du fascisme. Ce sont, en réalité, les vertus mêmes du nationalisme. Et toute doctrine fondée sur le respect de la nation et le refus de l’hypocrisie moderne peut aussi les revendiquer. On n’est pas fasciste par le seul fait qu’on aime l’honnêteté.

  • Maurice Bardèche, Qu’est-ce que le fascisme ? (1961)

*Commentaire : cette vertu de l’épargne que l’on reproche à Vichy, que Guy Konopnicki reproche avec mépris aux Français qui « stockent des patates », La Place de la nation, Editions O.Orban, 1983 (voir notre article Le cosmopolitisme jusqu’à la nausée, répertorié dans la thématique Mondialisme, Cosmopolitisme), ses détracteurs étrangement n’y trouvent rien à redire lorsqu’elle était vantée aux Anglais par Churchill : « Économisez les petites pièces, les billets s’économiseront d’eux-mêmes ». Nous vivons sous la domination d’une pensée de tartuffes malhonnêtes.

De la notion d’élite dans un régime politique

L’élite représente ce qu’il y a de meilleur dans le peuple parce qu’elle regroupe les éléments physiquement les plus sains, moralement les plus purs, politiquement les plus conscients de l’intérêt de la nation. Étant l’émanation de ce qu’il y a de meilleur et de plus vigoureux dans la nation, cette minorité se substitue au peuple lui-même, c’est-à-dire qu’elle a le pouvoir d’approuver à sa place et de réaliser en son nom. Cette existence d’une élite à laquelle le régime lui-même confère une fonction propre dans l’État est la négation la plus vivante et la plus frappante du credo démocratique fondé sur la toute-puissance du nombre.

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Du divorce français

La France est devenue un pays en situation de guerre civile larvée, de « basse intensité » comme disent les militaires, et où la population demeure profondément et irréductiblement divisée depuis 1789. Avec pour schématiser grossièrement d’un côté les républicains et la gauche progressiste, laïciste, jacobine, athée, les « Lumières » et la « table rase » ; et de l’autre la droite conservatrice. Le camp dit de la « raison » contre celui de la « superstition religieuse ». Mais il faut aller au-delà de la présentation simpliste, limitée et orientée, donnée par l’enseignement des événements et des motifs de la fin du XVIIIè siècle, et aborder les fondements philosophiques profonds à la base de ce clivage.

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Ne plus être dupe sur la démocratie et la République

Sous la pression des événements en France, de plus en plus de gens commencent à le percevoir, il y a quelque chose qui ne va pas dans cette mécanique, dans les institutions françaises et leur fonctionnement. Cette prise de conscience est un bon début, mais il faut aller plus loin. Qui veut savoir véritablement sous l’empire de quelle philosophie et quelle nature de régime il vit en France doit à minima faire lecture de nos cinq articles suivants. C’est une lecture fondamentale libératrice de la version manipulatrice et trompeuse implantée dans les têtes de chaque génération par le cursus scolaire et le narratif convenu. Démocratie et République française ne vous apparaitront plus telles qu’elles vous furent présentées mais telles qu’elles sont, leurs « vertus » pas aussi vertueuses, et leur aura de « camp du Bien » subitement ternie. Encore faut-il oser prendre la pilule rouge. Je sais, ça agace de découvrir qu’on a été pris pour des cons. Nonobstant, OSEZ ces lectures !

Sous la Thématique République, Démocratie, Vie politique française :

  • Sommes-nous en démocratie ?
  • La démocratie mérite bien un procès.
  • La démocratie représentative, cette admirable mécanique.

Sous la Thématique Philosophie politique fondamentale :

  • On vous a dit que la République c’est la démocratie ?
  • L’astuce finale qui a trompé le peuple.

Retrouvez-les en parcourant le contenu de leur thématique, ou bien via le moteur de recherche à votre disposition en bas de page d’accueil du site.

Et pour élargir davantage la compréhension, les trois articles sur la philosophie des Lumières (Acte I derrière le fard humaniste, des eugénistes pur jus – Acte II un modèle parfait de citoyen – Acte III des citoyens isolés et inorganisés), ainsi que les articles de la thématique Franc-Maçonnerie. Ne faites plus partie des dupes.

La peste jacobine

Le jacobinisme est une maladie de l’esprit dont les origines remontent loin dans le temps. Il porte en effet en lui une vieille tare de l’esprit humain : le manichéisme. Phénomène mental bien plus ancien que le personnage, Manès (ou Mani, IIIè siècle de l’ère chrétienne), qui lui a donné son nom et qui n’a fait que formaliser une conception déjà présente, depuis longtemps, chez des populations d’Orient. Tare d’autant plus appréciée par ceux qu’elle marque, qu’elle offre le mérite de la simplification outrancière, toujours tentante pour les esprits limités.

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Un combat philosophique fondamental

Au centre du projet universaliste, mondialiste, et désormais transhumaniste, on trouve la notion de Nature et la conception maçonnique de cette dernière. Là est la clé, dans les différences philosophiques sur l’idée de Nature. Il y a une volonté absolue, délibérée, concertée, « éclairée » si l’on ose dire au mauvais sens du terme, de substituer à l’idée de Nature humaine celle d’une Nature évolutive que l’Homme construit lui-même.

Dans un article paru en 1999 dans Le Figaro, l’un des tenants du « Gender », disait à l’époque : « Nous aurons atteint nos objectifs lorsque nous aurons obtenu que la Femme puisse se faire greffer elle-même un sexe et s’auto-féconder ». Cela peut paraître absurde, et le fait de gens qui auraient abusé de stupéfiants, mais malheureusement c’est une politique qui est volontaire et qui se veut comme telle. Nous n’en sommes pas encore à la réalisation des objectifs mentionnés, mais nous avons vu ces dernières années combien l’action politique et médicale en faveur des délires psychiatriques de la « transidentité » a progressé dans le monde occidental, orientation que rejettent tous les pays et civilisations qui n’ont pas basculé dans cette voie de dégénérescence, à commencer évidemment par les méchants Russes, Hongrois, etc. diabolisés pour cela.

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Julius Evola : vues sur le Droit, l’État et l’Empire

Du point de vue d’Evola, le DROIT est inséparable des principes de « vérité, réalité et stabilité ». Le fait que le pouvoir et l’autorité descendent de ce qui est spirituellement transcendant, plutôt que de procéder du domaine humain, confère à la sphère juridique une légitimité divine qui l’emporte sur toutes les considérations terrestres :

    Par conséquent, l’homme traditionnel soit ignorait, soit considérait comme absurde l’idée que l’on puisse parler de règles de droit et de l’obéissance qui leur est due si ces règles avaient une simple origine humaine – qu’elle soit individuelle ou collective. Toute règle de droit, pour être considérée comme objective, devait avoir un caractère « divin ». Une fois le caractère « divin » d’une règle sanctionné et son origine rattachée à une tradition non humaine, son autorité devenait absolue : cette règle devenait alors quelque chose d’ineffable, d’inflexible, d’immuable et au-delà de toute critique. [Révolte contre le monde moderne part. 4 p.21.]

Ainsi, toute transgression de ce droit n’est pas simplement perçue comme un crime ordinaire contre la société, mais comme une offense religieuse qui apporte honte et déshonneur à l’individu ainsi qu’à sa famille. Inutile de préciser que, lorsque l’autorité spirituelle est placée à la racine même du système judiciaire, il devient très difficile de plaider sa cause sur des bases plus séculières, ce qui entraîne inévitablement des accusations d’hérésie.

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États-Unis/France : une irréductible et profonde différence de nature

« La situation est tellement dégradée qu’il faudrait qu’émerge un Trump français ! ». C’est ce que l’on entend dans la bouche des torturés ici depuis la dernière élection présidentielle américaine, regardant l’actualité des réformes américaines avec les yeux de Chimène pour Rodrigue. Mais pour ainsi dire, il gèlera en enfer avant qu’un semblable vent de libération n’arrive. Et cela tient à quelques différences fondamentales entre les deux pays, bien que les pères fondateurs américains et les révolutionnaires français de 1789 fondateurs de la République aient été tous francs-maçons, avec ou sans tablier. Ces différences sont connues, mais il n’est pas inutile de les rappeler, à destination de l’éventuel néophyte (qu’il soit le bienvenu sur nos pages).

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L’obsolescence des idéologies classiques : le nouveau paysage politique mondial

Le monde a changé. Les structures politiques qui ont dominé le 20ème siècle sont devenues obsolètes. La dichotomie traditionnelle entre gauche et droite, qui permettait autrefois de comprendre les conflits et d’organiser les sociétés, n’a plus de véritable pertinence. Ce que l’on appelait autrefois libéralisme, conservatisme ou socialisme a été absorbé, déformé et recyclé en de nouvelles formes de domination, adaptées aux intérêts des élites mondialistes. Nous nous trouvons face à un scénario où les idéologies traditionnelles ont évolué jusqu’à se diluer dans un spectre politique où tout semble entremêlé.

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