La peste et le choléra

La société communiste est une société de contrainte. Pour être tout à fait exact : il y a dans la société communiste, à tous les niveaux, une obligation de contrainte, de sorte que l’épurateur lui-même finit toujours épuré, tandis que dans la société libéralo-démocratique on aboutit à une obligation de tolérance, dont même les délinquants finissent par bénéficier.

— Giorgio Locchi, Communication au XIIIe Colloque fédéral du GRECE (1978).

Du « contrat social »

Selon sa définition, convention tacite et librement consentie entre les membres du corps social, entre les gouvernés et les gouvernants, entre l’individu et l’État.

Concept apparu au XVIe siècle, il a inspiré des philosophes de la politique dont les plus emblématiques sont Thomas Hobbes (1588-1669), John Locke (1632-1704) et le funeste Jean-Jacques Rousseau (1712-1778). Ce dernier en nommera son ouvrage de 1762.

Or, « contrat social » est un terme mensonger : on ne vous a pas demandé votre consentement, vous n’avez rien signé, vous vous y retrouvez plongé à la naissance. Dans l’absolu, le contrat social ne vaut que pour les adultes qui déclarent y adhérer, leurs enfants à la génération suivante, et à chaque génération, devraient à leur tour exprimer cette adhésion, sans quoi le contrat ne vaut pas pour ceux qui y ont initialement adhéré. À défaut, ce n’est pas un contrat, c’est un système imposé. Le “contrat social” n’a plus rien d’un contrat quand il repose sur la contrainte plutôt que sur le consentement. C’est le genre de contrat sans signature, sans clause de révision, ni de sortie… où on tape sur les récalcitrants… comme la protection de la mafia.

Les limites de la séparation des pouvoirs sont atteintes

Nous ne sommes pas des partisans de Nicolas Sarkozy, très loin de là. Si nous aimerions voir sous les verrous le soldat du mondialisme qui a voulu nous imposer de « relever le défi du métissage », c’est pour d’autres raisons que celles invoquée par la justice pénale française actuelle (voir nos articles Nicolas Sarkozy, rappel partiel de l’itinéraire d’un soldat de l’anti-France, Sarkozy, l’un des plus gros champions de la démolition française, et Sarkozy, point de bascule majeur vers le chaos (tous trois répertoriés dans la thématique France).

Ne soyons pas naïfs, il ne fait guère de doute que Nicolas Sarkozy ne pouvait pas ne pas être au courant de la démarche attribuée à deux de ses collaborateurs seuls en direction de la Libye pour rechercher un financement illégal de sa campagne présidentielle, s’il n’a pas échafaudé lui-même ce projet avec ces deux collaborateurs. Mais il apparaît au final que les magistrats en charge du dossier ne sont pas parvenus à trouver trace de cet argent libyen qui aurait été perçu : pas d’enrichissement personnel, rien dans les comptes du parti. C’est ce qu’on appelle une absence manifeste de preuve. Où que soit passé cet argent, s’il a été perçu, il n’est pas là où les accusateurs prétendent qu’il était. Or la preuve est tout de même l’élément fondamental en droit établissant la culpabilité d’un prévenu.

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Sacrifice et souveraineté : la géopolitique comme épopée théodramatique ou tragédie païenne

Le discours officiel émanant des institutions européennes présente la guerre en Ukraine comme une lutte moralisatrice, presque téléologique : une confrontation lucide et manichéenne entre le bien et le mal, la lumière et les ténèbres, l’innocence et l’agression. Les politiciens, analystes et médias consacrent l’Ukraine comme protagoniste héroïque, tandis qu’ils relèguent la Russie au rôle d’antagoniste maléfique, reproduisant ainsi une structure narrative similaire aux drames moraux théo-dramatiques expliqués par Hans Urs von Balthasar (1988).

Le drame chrétien — exemplifié dans la Divine Comédie de Dante ou dans Le Grand Théâtre du Monde de Calderón — imprègne le mal et la souffrance d’une signification au sein d’une économie de la rédemption, dans laquelle l’action humaine est soumise au jugement moral et à la possibilité de la grâce. Dans ce cadre conceptuel, le conflit se configure comme un jugement éthique, une narration de rédemption et un impératif moral : l’Europe se sent poussée à agir avec droiture, s’efforçant de protéger les opprimés et de réparer un ordre brisé. Cette rhétorique évoque les exhortations collectives des grandes puissances européennes pendant la Première Guerre mondiale, marquées par une narration linéaire et téléologique, investie d’une providence morale projetée sur les réalités géopolitiques (Mosse, 1990). Cependant, sous cette idéalisation morale se cache une réalité brute.

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Philosophie des Lumières, Acte III : des citoyens isolés et inorganisés

C’est le but qu’ont recherché les penseurs des Lumières, avec un succès indéniable. Nous le disions dès le premier de cette série de trois articles, l’ « humanisme » des Lumières n’est pas tout à fait ce que l’on nous a vendu. En effet, on constate que la solidarité familiale n’est plus possible dans la société moderne, notamment à l’égard de nos anciens confiés à des établissements spécialisés, les familles ne vivent plus sous le même toit, elles sont aujourd’hui éclatées géographiquement, pour des nécessités d’emploi, les formes d’organisation de « défense » des intérêts du citoyen sont des organisations d’opérette, bien souvent complices de la gouvernance. Le citoyen français est bel et bien seul face au pouvoir.

Les Corporations, de toutes sortes professionnelles, cercles de solidarité et de contre-pouvoir, avaient charpenté la France et son fonctionnement économique depuis le XIe siècle. Le dictatorial coup d’État de 1789 les interdira, pour ne laisser que des individus isolés, dans l’impossibilité de se défendre face à la machine étatique, vulnérables, faciles à contraindre. Et l’idée de « simple individu » à propos duquel il ne faut tenir aucun compte est déjà là (elle est aujourd’hui en France mise en application par la gouvernance à un degré encore jamais atteint, l’actualité en fait quotidiennement la démonstration, en matière d’identité, de racines, d’avis, de vote exprimé).

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Philosophie des Lumières, Acte II : un modèle parfait de citoyen

Poursuivons sur ce que les penseurs des « Lumières » avaient véritablement dans la tête à propos de « l’homme nouveau » qu’ils appelaient de leurs vœux. Nous avons vu avec l’Acte I (Derrière le fard humaniste, des eugénistes pur jus) consacré à ce sujet, que ces penseurs considéraient l’homme Français comme insuffisamment qualitatif, et qu’il fallait « améliorer la race ». Mais pas au point d’en faire un surhomme, non, l’idée étant qu’il demeure aussi le plus aisément gouvernable.

Il faut oser « revoir et corriger l’œuvre de la nature », rectifier l’homme, modifier sa substance, le remodeler, régénérer la race humaine, etc. C’est le propos de Cabanis et de ses semblables penseurs des « Lumières », époque qui s’est fait une spécialité des débuts du dévoiement et de la subversion du vocabulaire, laquelle ne cessera d’avoir cours par la suite sous le régime républicain, jusqu’à nos jours où la pratique est florissante. Revoir et corriger l’œuvre de la nature, laissant au passage entendre que sa source créatrice était incompétente et que l’on va faire mieux, rien que ça ! Pour en faire donc un homme amélioré « affiné », supérieur comme l’idée en est répandue ? Non pas, car si ces idéologues comprenaient parfaitement leur propos, la formulation pour autrui en est volontairement incomplète, imprécise. Il faut bien tromper son monde. Un projet de remodelage pour en réalité faire de l’homme un produit correspondant au nouveau mode de gouvernement alors théorisé, le type d’homme qui sera « parfait » pour cela, un parfait modèle moyen, et non pas un modèle parfait en tant que summum abouti. La nuance est de taille ! Cet idéal du « modèle parfait » n’est donc pas ce que l’on pourrait croire. Le modèle parfait ainsi rêvé, c’est en définitive celui d’un « type moyen » répétons-le, ce qui change tout. Un parfait type moyen, c’est-à-dire porteur de l’intelligibilité et de la gouvernabilité les plus adaptées au confort du gouvernant.

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Philosophie des Lumières, Acte I : derrière le fard humaniste, des eugénistes pur jus

Cet article est le premier d’une série de trois qui sera consacrée au décryptage et à la démystification d’une partie du contenu de la philosophie des Lumières. La plupart des gens n’ont évidemment pas fait d’étude approfondie des penseurs de cette période, ils n’en savent que ce que le système éducatif du régime a bien voulu présenter et dire d’eux de façon flatteuse, portant au pinacle les Diderot, Montesquieu, Voltaire, Rousseau, etc. en choisissant minutieusement quoi dire et quoi taire sur ces « éminences ». Nous allons ici apporter le complément qui, bien qu’il soit accessible à qui veut s’en donner la peine dans les bibliothèques et chez les libraires, est ignoré du plus grand nombre.

Cela va surprendre ceux qui l’ignorent, mais la philosophie des Lumières est eugéniste, nous le mentionnons dès le titre de cet article. Mais ce n’est pas à ce titre que nous la critiquons, étant nous-mêmes partisans d’un eugénisme bien mené. Ce que nous reprochons aux partisans du « Progrès », c’est leur hypocrisie, critiquant l’eugénisme lorsqu’il fut pratiqué ailleurs, alors qu’ils l’ont prôné, et qu’ils le pratiquent à un certain degré. Chez les auteurs que nous allons citer ci-après, si le mot eugénisme n’apparaît pas, tout le vocabulaire désigne une amélioration qualitative de la population et de la race. Démonstration :

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Vivre pour travailler et consommer

« L’homme est un animal politique » (Aristote), mais les puissants ont eu la brillante idée d’aliéner ce peuple d’animaux humains pour qu’il se dépolitise : infantilisé, transformé en une masse idéale de travailleurs-consommateurs hébétés de façon à ce qu’il finisse par former une parfaite masse d’électeurs endormis et formatés dans l’idée que l’élection d’un chef d’État est un devoir citoyen, dans la parfaite illusion que cette élection leur offre le pouvoir. Pire, en se moquant de l’absence de souveraineté populaire réelle.

Dans cette perte de repères démocratiques ou dans le déni de l’absence de souveraineté, la citoyenneté se noie dans le néant et le chaos, et la confusion est telle que le peuple se dit sauvé tant qu’il lui reste un minimum de pouvoir d’achat et de liberté de consommer. Pourvu pour qu’on ne lui restreigne pas ses libertés de consommer, le peuple, cette masse de travailleurs-consommateurs, a la sensation d’évoluer en régime démocratique. Voilà comment le piège du salariat — ce grand ennemi de l’émancipation et de la souveraineté populaire — se referme sur les peuples de la terre dont la devise devient « vivre pour travailler et consommer ».

Comprendre pleinement la gauche

La proposition faisant office de titre à cet article n’est pas une aberration, le sujet n’ayant pas une présentation fiable pour nombre de gens. Nous allons donc remédier à cette insuffisance de la façon la plus claire possible.

La gauche est comme chacun sait l’une des deux philosophies politiques présentes dans le débat. Mais ce terme trop simpliste recouvre plusieurs facettes, du moins deux facettes historiques, qu’il convient de préciser afin de ne pas se perdre lorsque l’on parle de la gauche. À la base, bien sûr, la gauche se veut être une philosophie politique qui choisit de se soucier du sort de l’ouvrier, des humbles, du peuple. Mais elle va se scinder en deux déclinaisons au cours du XXeme siècle. 

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