Propagande, la science du mensonge

Être perché du mauvais côté de la barrière permet de dire des choses inconfortables, désagréables, qui ne seront pas entendues parce qu’elles sont le fruit de l’esprit de ceux qui sont mal à l’aise dans l’époque en laquelle ils doivent vivre. Peu d’aspects de la société contemporaine sont aussi insupportables que la publicité, son intrusion, son infiltration partout, son occupation de l’imaginaire, sa modification non seulement des habitudes commerciales, mais aussi du langage, des comportements, des préférences, des modes de vie.

Nous détestons son faux optimisme d’aboyeur, ses techniques très raffinées, sa capacité à utiliser – selon les produits, les services, les idées qu’elle sert – le registre mélioratif, quasi hypnotique, la gaieté forcée du consommateur satisfait, la fausse neutralité « scientifique » lorsqu’elle vante des produits de santé ou d’hygiène, sa capacité à pénétrer et à coloniser l’imaginaire collectif. Aujourd’hui, elle a acquis la capacité de devenir personnalisée, sur mesure, grâce au profilage du net et du smartphone, à l’habitude inconsidérée de dévoiler sur les réseaux sociaux ses habitudes, ses déplacements, ses préférences et ses manies.

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Qui parle au nom de qui ?

Quelles sont les structures traditionnelles qui, de longtemps, se répartissent la prise en charge de la société ? Organisations politiques, syndicales, religieuses, professionnelles, chacune possède une légitimité sociale très supérieure à celle de ses dirigeants, qui demeurent des « représentants » parlant « au nom de… » et dont le poids dépend autant des arguments qu’ils présentent que des cautions qu’ils apportent. Le fonds de commerce est effectivement un système de cautionnement discutable qui crédite ses propriétaires du présent et du passé.

L’organisation s’exprime au nom d’un certain nombre de personnes – militants, sympathisants, électeurs, fidèles, clients – censées se reconnaître en elle. Plus nombreux sont les représentés, plus puissants sont les représentants, aussi les seconds ont-ils intérêt à gonfler les effectifs et à exagérer leur représentativité. Qui parle au nom de qui ? C’est la grande partie de poker menteur à laquelle les pouvoirs publics prêtent parfois la main. Recherchant des partenaires pour jouer à la concertation, ils ont souvent intérêt à ne pas examiner de trop près les titres véritables de leurs interlocuteurs.

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Sur la compromission de la presse dans les démocraties…

Et en France en particulier.

Dans l’art de convaincre, le renouvellement des sujets masque la répétition des procédés et, par là-même, assure leur pleine efficacité. Et il est impossible de traiter de la manipulation dans une société de communication sans évoquer le rôle de la presse. Il faut cependant préciser le propos, entre presse d’information, et presse de loisir.

Le citoyen moderne baigne dans un milieu saturé d’informations. Si la tromperie intervient à ce niveau, et qu’il n’est pas doté d’esprit critique, il n’a aucune chance de recouvrer sa lucidité. Les démocraties reprochent aux régimes ouvertement totalitaires de miser sur la propagande pour arracher le consentement ou la résignation des populations. Les sociétés démocratiques, véritablement démocratiques, au contraire, énoncent que c’est l’information qui doit s’opposer à toute forme de manipulation. Mais l’information est-elle toujours cet antidote de la manipulation, ne prête-t-elle jamais la main aux mystificateurs ? A priori, sa liberté semble être la garantie absolue du citoyen. 

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Démocratie, démagogie, et crédulité

La démocratie est née le jour où le premier démagogue a rencontré le premier crédule. Dans ce monde de communication où les politiques doivent convaincre pour vaincre, il leur faut se battre avec des mots, s’opposer avec des idées, s’imposer avec des images. La victoire n’est plus au bout du fusil, mais au cœur du discours, et le combat ne se livre plus au-dessus mais à l’intérieur des têtes. Pour arracher des approbations sans jugements, il leur faut simultanément neutraliser les objections de la raison et favoriser les appréciations subjectives, les préjugés favorables ou défavorables : en un mot, conditionner le citoyen-juré pour qu’il se dispense de l’examen et saute sans tarder à la conclusion.

Ils usent pour cela de petits procédés, d’apparence anodine, qui faussent la réflexion des citoyens. Parmi ceux-ci, les ruses de langage sont les plus courantes mais aussi les plus efficaces. Fondées non seulement sur un choix pervers de mots, d’images, de formules, de clichés et de clips, mais encore sur l’appel à des éléments du « prêt-à-penser » – raisonnements en kit, enchaînements automatiques de propositions – elles échappent à l’attention distraite du grand public ; dans la plupart des cas, elles fonctionnent fort bien et fabriquent de la conviction à peu de frais.

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Le concours Eurovision a été créé par l’OTAN

Pour faire suite à la brillante édition 2024 du concours européen de la chanson, retour sur l’histoire surprenante d’une machine de propagande, ou comme le dit Jean-Pax Méfret dans sa chanson L’île Saint-Louis, « manipulation sur fond de mélodies »… L’opinion s’est mise à penser au vu des dernières éditions que l’idéologie s’était emparée du concours, en fait il a dès le début été voulu comme un vecteur d’idéologie et de « soft power » au service des projets de la puissance atlantiste.

Lorsque plus de 23.000 documents secrets de l’OTAN ont été déclassifiés, selon la loi américaine leur durée de mise au secret ayant expiré, et mis en ligne en janvier de l’année dernière, personne n’y a prêté attention. La saturation commence à se faire sentir, tant au niveau des secrets que des révélations.

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Manipulation et Démocratie

Dans le principe démocratique honnêtement appliqué, le jeu social consiste à obtenir l’adhésion des citoyens. Dans la démocratie contemporaine effective, en France et dans quelques autres pays d’Europe occidentale, le jeu social consiste à obtenir cette même adhésion mais en maintenant le citoyen enfermé dans une offre limitée qui présente l’apparence de la diversité pour en réalité conserver le même fondement philosophique, mener toujours la même politique unique, dans la même orientation. Quelles que soient leurs étiquettes, tous les partis ayant gouverné la France depuis cinquante ans ont mené la même politique, dans la même orientation : immigration massive, écrasement fiscal, construction européenne. Il y a tromperie sur la marchandise, pour obtenir l’adhésion de ce citoyen abusé, non pas seulement au moment des élections, mais en permanence et dans tous les domaines. La seule limite théorique qui s’impose à tous, c’est l’interdiction de la violence. Faute de pouvoir user de la contrainte pour faire accepter une politique, les truqueurs doivent recourir à la manipulation. Du moins ce fut vrai dans le passé. On a vu en France avec quelle violence la contrainte a été appliquée dans la répression policière des Gilets Jaunes, et dans l’atteinte majeure aux libertés fondamentales lors de l’affaire Covid-19. Et quand le citoyen ne participe plus à sa manipulation, proclamer que l’on respecte la volonté du peuple, après s’être arrangé pour la fabriquer, c’est tout le secret de la démocratie nous dit Abel Bonnard (Les Opinions, 13 avril 1941).

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Décryptage d’un outil majeur de la propagande mondialiste

En juin 2019, Hervé Ryssen donnait une interview au magazine Réfléchir&Agir.

Réfléchir&Agir : Hervé Ryssen, vous avez beaucoup analysé le cinéma. Dans différents chapitres de vos livres, vous montrez comment Hollywood travaille à détruire la société européenne. Pourriez-vous nous dire ce qui vous a amené à traiter ce sujet ?

Hervé Ryssen : Il y a longtemps que je m’intéresse à cette question. Peut-être parce que, venant de la gauche radicale, j’ai pu constater après coup, dans mes années de jeunesse, à quel point j’avais été trompé par tous les mensonges de la propagande cosmopolite. J’étais tombé dans tous leurs pièges, j’avais avalé tous les bobards – surtout les plus énormes ! J’ai donc compris que le cerveau humain est malléable et que l’on peut faire croire à peu près n’importe quoi à n’importe qui quand le message est enrobé dans de belles histoires.

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On peut lire dans Médias et Démocratie…

De Roland Cayrol, aux pages 84-85 :

J’ai encore dans l’oreille ce conseil du chef d’édition du 20h de la première chaîne de télévision ; c’était ma première apparition dans cette messe, il m’accompagnait sur la passerelle descendant au studio […] il me glissa « Rappelle-toi que tu parles à des concierges, et dans « concierge » il y a « con ». » Je me rappelle aussi, à mon séminaire à Science Po, ce vice-président de la chaîne américaine ABC expliquant doctement aux étudiants : « Nous avons remarqué dans nos études que l’âge moyen du public de nos émissions était de 11 ans. Nous devons donc aussi faire des journaux télévisés pour un public de 11 ans. » Des cons, des enfants, à qui il convient de raconter des histoires simples.

Gardez cela en tête, lorsque vous allumerez votre poste pour le prochain JT.

De la négation des complots

Ou pour le dire autrement, ne pas croire au complot, c’est faire partie du complot.

Que nous dit le philosophe Alexis Haupt sur ce sujet ? :

« J’ai été témoin d’une conversation surprenante entre gens dotés d’une certaine intelligence qui plus est. Pour eux, l’idée selon laquelle tout ce que l’on vit actuellement serait planifié, même un peu, relève de la pensée complotiste.

Ce que ces gens à la raison déraisonnante peinent à comprendre, c’est que, de tous temps, les projets malveillants ont existé. En Occident, comme partout ailleurs sur la planète. L’histoire entière en témoigne, il n’y a qu’à l’étudier pour se rendre compte de l’évidence.

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Tu as signé la pétition ?

Les manipulations peuvent être fort diverses, mais leur objectif est toujours le même : provoquer une réponse réflexe qui saute à la conclusion sans passer par le jugement, qui approuve ou condamne avant tout examen. La gauche lycéenne, estudiantine, ou plus adulte en raffole, elle a usé et abusé du procédé.

Au rang des outils par lesquels le quidam peut être harponné par une opération de manipulation, figure la pétition, institution typiquement française. Cette pratique vit le jour à l’occasion de l’Affaire Dreyfus. Au lendemain du « J’accuse » de Zola, le journal L’Aurore publia une « Protestation » que signèrent un grand nombre d’ « intellectuels ». Anatole France en tête. Ce que l’on appellera le « Manifeste des intellectuels » marque l’irruption sur la scène politique d’un nouveau groupe de pression : le « parti des clercs » en quelque sorte. 

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