De la permanence idéologique du budget en terre de France

La loi de finance pour 2025 proposée par le nouveau gouvernement prévoit donc des hausses d’impôt et moult mesures qui vont s’attaquer au pouvoir d’achat de la masse, sans s’attaquer aux véritables postes où il y a matière à faire cesser le délire des dépenses. On le pressentait. Il n’y a rien à attendre d’une équipe faite de la même eau que celle dans laquelle baigne la France depuis cinquante ans. Eu égard à ce qu’est déjà la hauteur record des prélèvements obligatoires en France, d’aucuns parlent donc de matraquage fiscal. Soyons plus réalistes et précis, en parlant de « braquage fiscal ». Le terme semble plus adéquat.

Derrière cette opération qui consiste à presser toujours davantage ce citron que l’on nomme « contribuable » jusqu’au dernier centime, il faut comprendre qu’il y a une forme de dérapage qui n’est pas seulement celui des dépenses publiques, mais celui d’une certaine conception de l’État.

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Illustration d’un saccage français

On aimerait pouvoir parler de temps en temps, plus qu’on ne le fait, de choses positives, qui vont bien en terre de France, nous ne sommes pas masochistes. Mais la réalité de ce pays fabriquée depuis cinquante ans par une classe politique de félons apatrides ne le permet pas. Tant de choses ne vont pas normalement. Plongée aujourd’hui dans l’inculture crasse effrayante que l’on peut trouver désormais dans le corps enseignant français.

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L’Occident sans élites

L’Occident, ou plutôt ce que nous en sommes venus à considérer comme l’« Occident élargi », a un grave problème de fond. Il semble substantiellement dépourvu d’une élite authentique pour le gouverner. Et pour orienter son action dans une direction concrète.

Cet Occident est certainement autoréférentiel. Et incapable de comprendre que le monde, et ses intérêts complexes et multiples, va bien au-delà des limites qu’il s’est inconsciemment imposées. Et qu’il croit être les limites du monde entier. Alors qu’elles ne représentent que les frontières d’une vision extrêmement limitée de celui-ci.

Cette incapacité s’avère être la plus grande limite de l’Occident actuel. Celui-ci ne peut même pas comprendre comment les aristocraties dirigeantes externes se meuvent dans la nouvelle réalité.

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L’État, solution ou problème ?

Les Français croient en l’État. Ils croient même que sans l’État la nation française n’existerait pas, qu’elle n’aurait jamais pris forme. Cette croyance est ancienne. Elle a débuté dit-on avec le règne de Philippe le Bel. Et à chaque problème, les Français croient que l’État est la solution. La chose était rappelée en 1850 par l’économiste français Frédéric Bastiat en ces mots : « …Mais alors on s’apercevra qu’on est réduit à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle-même, qui attend tout d’un ministre ou d’un préfet, même la subsistance, et dont les idées sont perverties au point d’avoir perdu jusqu’à la notion du droit, de la propriété, de la liberté et de la justice. » Se pourrait-il donc que les Français se trompent, et que l’État, loin d’être la solution à tout, soit aussi le problème, et même sans qu’ils ne s’en aperçoivent, que l’État soit leur ennemi ?

Ce 10 octobre est présenté par le premier ministre le projet de loi de finance 2025. Le budget, c’est l’expression de l’ensemble des missions de l’État, dans toutes ses dimensions, dans sa volonté de prendre en charge la collectivité, de prendre en charge les problèmes des Français, de leur trouver une solution. L’État a réponse à tous nos problèmes. C’est un réflexe partout présent en Occident, mais sans doute davantage en France : quel que soit le problème, la première pensée va à quelle loi peut projeter le gouvernement, ou encore quel programme peut-il mettre de l’avant, de quelle manière peut-il financer un nouveau programme pour résoudre le problème qu’expose la situation aux yeux de tous ?

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Au christianisme, je reproche son universalisme…

L’opposition entre chrétiens et païens ne se réduit évidemment pas au nombre des dieux. Le paganisme est d’abord une religion de la cité (les Grecs rendaient un culte à des dieux grecs). C’est ensuite une religion du kosmos et de la vie, où l’éthique et l’esthétique n’entrent jamais en opposition. Le paganisme, c’est l’éthique de l’honneur, pas la morale du péché. C’est la condamnation de la démesure (hybris), le sens des limites, le refus du primat de tout ce qui n’est que matériel. Historiquement, le christianisme est un phénomène hybride, qui a dû composer dans les formes avec le paganisme sans pour autant cesser de le combattre sur le fond. Je n’aime pas ceux qui ne croient à rien. Je crois que pour donner le meilleur de lui-même, pour parvenir à son telos, l’homme doit s’appuyer sur quelque chose qui le dépasse. Mais je ne crois à aucun arrière-monde, à aucun au-delà du monde. Je ne crois pas à la distinction théologique de l’être créé et de l’être incréé. C’est pourquoi je me sens plus chez moi en me plongeant dans les récits homériques ou dans la Chanson des Nibelungen, en pratiquant Héraclite, Aristote, Sénèque ou Marc-Aurèle, qu’en lisant saint Paul ou saint Augustin. J’étudie les origines chrétiennes depuis plus de quarante ans. Je n’y vois rien de crédible ni d’attirant. Au christianisme, je reproche son universalisme (le « peuple de Dieu » ne se confond avec aucun peuple), qui l’empêche, quand il est laissé à lui-même, d’assumer une dimension identitaire. Je lui reproche d’avoir introduit l’individuo-universalisme dans l’espace mental européen, d’avoir vidé le monde de toute sacralité intrinsèque, d’avoir propagé une conception vectorielle, linéaire de l’histoire dont sont sortis tous les historicismes modernes, d’avoir disséminé ces « vérités chrétiennes devenues folles » (Chesterton) qui, une fois sécularisées, ont formé le socle du monde désenchanté, vidé de sens, où nous vivons aujourd’hui.

Alain de Benoist

Quelle voie, Homme européen… ?

Une semaine de « psychodrame » sur l’État de droit

C’est ce que nous ont fait la gauche et ses médias suite aux propos du nouveau ministre de l’Intérieur qui, dans la norme pratiquée en ces temps funestes, a cru bon de faire un semi-voyage à Canossa en expliquant son propos. Tous ces gens qui n’assument pas leurs déclarations et viennent passer un brevet de conformité idéologique en se justifiant au lieu de dire fermement « merde » à tous ces petits kapos systémiques dès qu’ils montrent les dents, sont assez pathétiques et décevants. Dans cette séquence, le journal Le Figaro nous apprenait il y a quelques jours une décision du Conseil d’État qui datait du 15 juillet 2024, donnant raison à la Cour nationale du droit d’asile d’accorder le statut de « réfugié » à un Algérien de 31 ans qui avait été condamné à quatre ans d’emprisonnement (condamnation dérisoire soit dit en passant) en 2019 pour faits d’agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans, au motif que ce détraqué criminel entreprend une « transition de genre » et qu’il ne peut donc pas être renvoyé dans son pays parce qu’il y risquerait des persécutions. Voilà un exemple très symbolique de ce que des juges ont fait de « l’État de droit » en France devenue le royaume des « droits de l’individu », surtout s’il appartient à une minorité, où un pédophile passe avant le bien commun.

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Croûtes au Fromage

Du bon pain, du bon fromage, des pommes de terre, et votre repas est fait. En l’occurrence un royal casse-croûte, spécialité suisse traditionnelle. Plus qu’une simple tranche de pain garnie de fromage fondu, il s’agit plutôt d’une symphonie de saveurs où le pain jouent les premiers rôles, tandis que l’ail, le vin blanc et le poivre apportent en contrepoint leurs notes distinctives. Il existe plusieurs variantes de cette recette. Certains aiment frotter le pain d’ail, d’autres y étalent une fine couche d’oignon haché, d’autres encore ajoutent à la fin une pointe de paprika. Pour faire un repas substantiel, étalez d’abord sur la tranche de pain, avant le fromage, quelques très fines tranches de jambon de pays ou de viande des Grisons, cette succulente spécialité suisse faite de viande de bœuf séchée à l’air. On peut même ajouter en point d’orgue un œuf poêlé à part, posé « à cheval » sur le tout. Pour un simple casse-croûte, servez les Croûtes garnies telles quelles. Pour un vrai repas, proposez en même temps une salade verte agrémentée de noix fraîches et de petites pommes de terre en robe des champs, avec des cornichons et un pot de moutarde forte. Débouchez une bouteille de fendant et vous aurez aussitôt l’un de ces festins montagnards que l’on appelle tout bonnement un repas « sans façon ». Veillez à détailler le fromage en lamelles aussi fines que possible pour donner à ces Croûtes la touche de raffinement nécessaire.

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Dissidence interdite contre la guerre

La semaine dernière, il s’est passé quelque chose d’unique au Parlement européen, une de ces choses dont nos médias ne nous parlent jamais. C’est qu’un eurodéputé polonais du nom de Grzegorz Braun a pris la parole et s’est déchaîné pour dénoncer le soutien de Bruxelles à l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie, un soutien qui nous a coûté jusqu’à présent 88 milliards d’euros selon l’UE elle-même. M. Braun a à peine pu parler quelques secondes : le président de l’Assemblée, Esteban González Pons, lui a immédiatement fermé le micro et a passé la parole à un commissaire. En réponse, le commissaire a dit au Polonais que la Russie est un pays où la démocratie et la liberté d’expression ne sont pas respectées. Un argument particulièrement frappant pour quelqu’un qui vient de se faire couper le micro pour avoir dit ce qu’il ne fallait pas. Il est vrai que le profil politique de Grzegorz Braun est plutôt énergique, mais ce n’est pas le plus important. Ce qui importe, c’est la contradiction flagrante d’un système qui, au nom de la liberté d’expression, prive un député du droit de s’exprimer.

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La folie du bellicisme contre la Russie

Les « élites » de l’Union eureopéenne poussent l’Europe vers l’abîme. L’Europe doit se préparer à faire la guerre à la Russie d’ici six à huit ans. C’est ce qu’a déclaré le premier commissaire européen à la défense, Andrius Kubilius. Combien de temps les Européens vont-ils rester passifs face à ce bellicisme ?

Andrius Kubilius, le premier commissaire désigné à la défense de l’Union européenne, a maintenant révélé ses véritables intentions. Avec une rhétorique alarmiste, il met en garde contre une prétendue confrontation militaire avec la Russie dans les six à huit prochaines années. Ce bellicisme n’est rien d’autre qu’une tentative désespérée de maintenir la puissance déclinante de l’Occident et d’alimenter le complexe militaro-industriel.

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