Radioscopie du système des retraites français

Une pyramide de Ponzi est ce célèbre montage financier frauduleux qui promet des rendements élevés et rapides sans activité économique réelle. Les gains versés aux premiers investisseurs proviennent en réalité de l’argent apporté par les nouveaux entrants. Le système s’effondre inévitablement si les apports se tarissent. Mécaniquement, moins il y a de nouveaux investisseurs, plus les gains à verser aux premiers fondent. Il ne reste que deux solutions : soit regarder l’édifice s’effondrer, soit exiger des nouveaux investisseurs davantage de fonds.

Imaginons maintenant une société dont le système de retraite est régi uniquement par la logique de la répartition, mise en place par les communistes (Ambroise Croisat) après 1945. Imaginez donc que chaque actif cotise pour la retraite de celui qui l’a précédé, comme le nouvel entrant dans la pyramide de Ponzi rémunère (sans le savoir) les premiers investisseurs. Les travailleurs financent de leur labeur la retraite et le confort de ceux qui, avant eux, ont payé celle de ceux qui les ont précédés, au lieu de cotiser pour soi-même dans un système d’épargne personnelle. Le système de la répartition fonctionne… jusqu’à ce que le contrat soit rompu. Imaginons à présent que ce système soit confronté à un écueil majeur : l’effondrement de la natalité. En 1950, le taux de fécondité approchait les trois enfants par femme. En 2023 il n’est plus que de 1,68. La génération des baby-boomers, pétrie d’insouciance et d’utopie, de la « liberté des corps », de l’hédonisme égoïste, du « jouir sans entraves », de l’avortement, s’est moins reproduite. C’est factuel. Mais dans le cadre de la répartition, cela introduit un système de réactions en chaîne.

En 1960, on comptait 4 actifs pour 1 retraité. Les gains du retraité étaient largement assurés par les quatre actifs. En 2025, il n’y a qu’environ 1,7 actif pour 1 retraité (et ce ratio continue de baisser). Le fardeau des actifs devient immense. Mécaniquement, le montant des prélèvements faits sur les actifs pour payer les retraités s’envole, qui doivent compenser le peu d’enfants faits par la génération précédente, les fameux boomers dont les auteurs de l’essai Nos enfants nous haïront paru en 2006 disent qu’ils sont la première génération dans l’histoire qui a laissé moins à ses enfants que ce qu’elle a reçu de ses parents. Ils ont croqué la caisse, par leur vie, et par leurs choix électoraux. Nous invitons au passage nos lecteurs à se tourner vers notre article Le procès des baby-boomers français doit être fait répertorié dans la thématique France. Imaginez qu’en plus cette génération qui n’a pas procréé ait élu, en 1981, un président de la République qui, par électoralisme, abaisse l’âge de départ à la retraite à 60 ans et donc accélère le déséquilibre du système en privant encore celui-ci d’actifs qui basculent dans le contingent des retraités et le fait grossir. Pire, qu’il soit parfaitement au courant des conséquences d’une telle mesure : « On pourrait se trouver en difficulté de paiement à cause de la pyramide des âges, je pense que ce seront à mes successeurs de s’en occuper… » On mesure là son degré d’ordure mentale. Le sourire propre au président François Mitterrand conclut idéalement cette séquence télévisuelle. Un tel degré de cynisme et d’irresponsabilité semble aujourd’hui insupportable. Exhumée idéalement des archives en plein débat sur la suspension de la réforme des retraites, cette vidéo fit le tour de la Toile. « En 1981, Mitterrand assumait la faute historique d’instaurer la retraite à 60 ans. Il savait que ce n’était pas soutenable. De fait, il y a longtemps que nous en payons le prix. Suspendre la réforme des retraites en 2025, à la demande du Parti socialiste, est un coup atroce porté au pays », s’étrangle le politologue Dominique Reynié. La part de François Mitterrand se paye très cher quarante ans plus tard.

C’est à cause de cette carence d’actifs que des gouvernants qui sont à la fois des petits comptables raisonnant à court terme, des renégats ethnomasochistes, et des amoureux du tiers-monde, imaginent compenser le manque d’actifs par l’immigration, au lieu d’abandonner toute la politique qui a fait la dénatalité des boomers et promouvoir les naissances des Français historiques. Mais c’est là un autre sujet.

– Éléments tirés de L’Ampleur des dégâts aux Éditions l’Artilleur, qu’il vous faut ABSOLUMENT lire en totalité (à vos libraires !), que nous avons pris plaisir à compléter sur ce sujet.