Sur les terres soumises à la société islamique et depuis son apparition, il est certain que d’une part la polygamie monopolisant les épouses pour certains, d’autre part l’enfermement des femmes dans leurs maisons et dont on ne doit rien voir lorsqu’elles mettent le pied dehors, ont au fil des siècles entrainé une raréfaction de l’offre féminine disponible si l’on peut dire, et ont poussé une partie du monde musulman vers l’homosexualité. La tolérance de la société islamique pour l’homosexualité est reconnue depuis longtemps.
Déjà au XIXe siècle, de nombreux Occidentaux allaient en Afrique du Nord à la recherche d’aventures homosexuelles que leur société leur interdisait. Sir Richard Burton a confirmé la tolérance de la société islamique pour l’homosexualité, particulièrement dans la région de la passe de Khyber, au Pakistan : « Les villes d’Afghanistan et du Sind sont entièrement infestées du vice des Perses (l’homosexualité) et les gens chantent L’Afghan sait ce que vaut une chatte, Kaboul préfère l’autre chose. Les Afghans sont de grands voyageurs et chaque caravane est accompagnée par des garçons et des jeunes hommes habillés quasiment comme des femmes, maquillés, les cheveux tressés, les mains et les pieds colorés au henné. On les appelle kush-i-safari, ou femmes de voyage ».
L’ethnographe Howard Cline commentait son travail sur le terrain, en 1936 à l’oasis de Siwah, en Egypte occidentale : « Tous les hommes de Siwan pratiquent la sodomie. Entre eux, les natifs n’en éprouvent aucune honte. Ils en parlent aussi ouvertement qu’ils parlent de l’amour des femmes et la plupart de leurs disputes, si ce n’est toutes, proviennent de la compétition entre homosexuels ». Les mariages entre hommes et garçons étaient célébrés par de grandes festivités et le prix payé pour acheter un garçon représentait quinze fois celui d’une fille.
Pendant la période abbaside, plusieurs califes semblent avoir pratiqué l’homosexualité. Al Amin (809-814), Al Mutasim (833-842), l’Ibrahim (875 ?) à Cordoue, Abd al Rahman (912) et le grand Saladin (1171-1193) si connu pour son jihad contre les Croisés. Dans l’Espagne maure du XIe siècle, la sodomie s’observe dans toutes les cours des Reyes de Taifas ; qu’il suffise de signaler ici les amours d’Al Mutamid pour Ibn Ammar et pour son page Saif, d’Al Mutawakkil pour un éphèbe, de Rafi ad Dawla, fils d’Al Mutasim pour un mignon dont le nom n’a pas été noté par les chroniqueurs du moment, d’Al Mutamin de Saragosse pour un de ses pages chrétiens.
L’homosexualité était courante dans toutes les couches de la société islamique, depuis l’école jusqu’aux communautés religieuses. Les hammams, décorés de peintures, de mosaïques ou de statues érotiques étaient des lieux de rencontre pour tous les homosexuels. La prostitution masculine était largement répandue dans les villes importantes.
Les meilleures preuves de la tolérance et de la prédominance de l’homosexualité dans la société islamique nous viennent des poètes. En grand nombre, des poètes arabes, et non des moindres, ont ouvertement glorifié l’inversion sexuelle et dans un langage des plus crus. Le nom d’Abu Nuwas se distingue. Voici quelques vers cités dans le Jardin Parfumé, qui lui sont attribués :
« Les joies de la sodomie ! Alors vous les Arabes, soyez désormais des sodomites. Ne vous en détournez pas, on en retire un plaisir si merveilleux ».
« Prenez quelque garçon timide avec des boucles de cheveux entortillés sur ses tempes et montez-le quand il se tiendra comme une gazelle qui attend le mâle. Un garçon que tous peuvent voir ceint d’une épée, pas comme votre putain qui doit sortir voilée ».
« Cherchez des garçons à la face lisse et faites de votre mieux pour les monter, car les femmes sont les montures du diable ! ».
Il existe dans le Jardin Parfumé et Les Mille et Une Nuits bien d’autres poèmes de la même veine qui sont attribués à Abu Nuwas, nombre d’histoires scandaleuses d’aventures homosexuelles. Il existe également des preuves d’homosexualité féminine. Le Jardin Parfumé contient un chapitre sur les lesbiennes qui exalte les vertus du tribadisme et dont sont extraits les vers suivants :
« Une fille qui est svelte, ni disgracieuse, ni molasse te montrera comment caresser et masturber ».
« Viens vite, ne perds pas de temps pour savourer les vrais délices ».
« Alors tu sauras que tout ce que j’ai dit sur les joies que les lesbiennes ressentent est vrai ».
« Combien misérable et triste est le vagin que fend un pénis. Il perd toute l’extase qu’une autre femme peut lui donner et subit, de surcroît, la honte et l’infamie qui frappe la fille qui s’allonge sous un homme ».
(Éléments tirés de Pourquoi je ne suis pas musulman, d’Ibn Warraq, éditions L’Âge d’Homme)
