« Rennes, Saint-Nazaire, Troyes, Villeneuve-saint-Georges, Longjumeau… Des brancards entassés, des urgences engorgées… et des patients qui décèdent, souvent faute de soin et de surveillance, symptôme d’un système à bout de souffle. » (L’Ampleur des Dégâts, 2017-2026, Le vrai bilan d’une présidence, Marc Eynaud, éditions l’Artilleur).
Ne tombez pas malade en France, et priez le sort de ne pas vous trouver en situation d’avoir besoin d’un médecin.
Depuis Sarkozy et la création des Agences Régionales de Santé (ARS), avec la funeste Roselyne Bachelot, ils ont fermé une multitude d’établissement de petite ou moyenne taille, hôpitaux, maternités, qui avaient été judicieusement installés par arrondissements administratifs de chaque département, ceci pour les remplacer par un gros hôpital départemental unique, avec l’illusion que cela suffirait. C’est une étape fondamentale qui a participé à la situation actuelle.
À l’hôpital, la longue file des déceptions s’est accrue pendant les deux mandats d’Emmanuel Macron. Dès son arrivée à l’Élysée, le discours présidentiel vantait modernisation, financement accru et soutien à l’hôpital public ; le réel, lui, a été une toute autre histoire. Mais que voulez-vous, on ne peut pas « en même temps » faire constamment le pitre à l’étranger, et s’occuper de ce qui se passe dans un pays laissé aux mains d’une équipe tout aussi malfaisante que lui puisque c’est lui qui l’a choisie. Sur le terrain, la crise hospitalière ne s’est pas apaisée : les structures continuent de perdre des lits à un rythme qui met en péril la capacité d’accueil des patients. Au 31 décembre 2023, les établissements de santé français comptaient environ 369 423 lits d’hospitalisation complète, soit près de 4 900 de moins qu’en 2022 et une tendance de fond à la baisse qui se prolonge depuis plusieurs années ; depuis une décennie, l’offre de lits a reculé d’environ 10 % et cette diminution s’accentue avec chaque exercice budgétaire. Cette chute des capacités d’hospitalisation complète s’inscrit dans une logique de réforme qui valorise l’ambulatoire (les séjours de moins de 24 heures) au détriment des soins longs et des urgences chroniques.
Avec chaque exercice budgétaire… Cela veut dire que le pouvoir exécutif n’est pas seul coupable. Cela a été voté, tous les ans, par une majorité au sein de ces 925 merdes qui font office de parlementaires. De quel degré de malfaisance ou de bêtise faut-il être doté pour choisir délibérément de saccager le nombre d’établissements de proximité et diminuer le nombre de lits pour privilégier les hospitalisations en ambulatoire ?! Ce n’est pas une décision technocratique et comptable qui décide à l’avance de ce que sera pour l’année à venir la vie du corps social, du nombre de blessures graves et/ou de maladies graves pour lesquelles il faudra disposer de lits au-delà de 24 heures, sur la longue durée !
Si les places d’hospitalisation partielle ont augmenté d’environ 4 % en 2023, elles ne remplacent pas les lits classiques pour les cas les plus lourds, laissant de nombreux patient dépendre d’un système sous pression. Dans les faits, fermer un lit en ville ou en zone rurale, c’est réduire d’autant la capacité à répondre aux besoins d’une population vieillissante et souvent malade. Et ce, alors que la France, avec environ 5,4 lits pour 1 000 habitants, reste loin derrière des pays comme l’Allemagne ; ces chiffres révèlent surtout la dégradation structurelle de l’offre sur le territoire national.
Sur le plan des ressources humaines, la situation n’est guère plus enviable, elle reste en deçà de la moyenne européenne, contribuant à ce que l’on nomme des « déserts médicaux » : certaines zones rurales ou périurbaines manquent cruellement de praticiens, réduisant l’accès aux soins pour des dizaines des Français qui y vivent. Après avoir créé cette situation scandaleuse digne de pays sous-développés, il va falloir que le Système arrête son discours « d’égalité d’accès, égalité de droits », à ceci ou cela » dans ce pays, ces fables sur l’égalité des citoyens a assez duré. Cette égalité qui a toujours constitué une « vache sacrée » du régime est d’ailleurs allègrement piétinée dans de nombreux autres domaines, par exemple les Zones à Faible Émission qui interdit aux véhicules pas assez « verts » l’accès à certaines zones du territoire. Sous Macron, la République a perdu son âme. Parallèlement, les hôpitaux publics font face à une pénurie de personnel soignant, avec des postes infirmiers vacants qui dépassent parfois 10 % du total, accentuant la charge de travail et l’épuisement des équipes. Et par personnel nécessaire, on entend des soignants. 35 % du personnel employé dans les hôpitaux est non-médical, une dérive bureaucratique folle, occupant des fonction support et administratives d’après l’OCDE.
Sur le plan financier, le déficit structurel reste massif. L’assurance-maladie a affiché un déficit d’environ 15,4 milliards d’euros en 2025, et les établissements hospitaliers publics ont creusé un trou financier estimé à plusieurs milliards d’euros cette même année, révélant que l’augmentation des moyens de compense pas la dégradation des conditions d’exercice ni les coûts croissants. Les Aides Médicales d’État, Couverture Maladie Universelle, et autres prises en charge intégrales de masses de migrants qui ne cotisent pas ne doivent pas être étrangères à ce déficit.
Sur le terrain, de nombreux services d’urgence restent saturés, les durées d’attente s’allongent, et la qualité des soins est affectée par le manque de moyens humains et matériels, alimentant le naufrage d’un système dépassé par les besoins. La modernisation tant promise s’est traduite par des restructurations qui dépouillent l’hôpital de ses capacités d’accueil et transforment la prise en charge en une série de choix budgétaires et de priorités technocratiques, plutôt qu’en une politique de santé publique robuste. Pendant ce temps-là, le chef de l’État passe son temps à se mêler d’affaires internationales. Le sort des Français, il s’en fout totalement. Après neuf années d’exécutif macronien, l’hôpital public et plus largement la Santé réussissent l’exploit de faire partie de se retrouver au bord de l’effondrement… Une histoire de normes, d’abandon et, encore une fois, de choix politiques.
Au final, que ce soit dans le domaine hospitalier comme ceux de la sécurité, de la justice, de l’enseignement, du coût de la vie, de la qualité de ce qu’ils mettent dans leurs assiettes, etc. la classe politique de gouvernement et de parlement n’est JAMAIS concernée par ce qu’elle vote pour les gueux. Ils ont un monde à part. On peut dire que jamais l’on aura vu une gouvernance faire vivre aussi mal sa population depuis vingt ans tout en saturant l’espace médiatique de son image. Les dirigeants français vont-ils un jour arrêter de déconner ?!
