La lutte contre la pédophilie n’existe pas dans notre pays. Seuls 3 % des auteurs sont condamnés. C’est un fait. S’il est compliqué de poursuivre les crimes dans la famille et dans le milieu scolaire, il y en a que l’on peut attraper, ceux qui payent pour avoir des relations sexuelles. Les enfants sont livrés à la pédophilie par des réseaux de pédocriminalité à base de plusieurs sites web, notamment Sex Model qui est un site d’escort. Sur ce site apparait l’adresse IP, le numéro de téléphone de l’enfant, et ça se fait sur Snapchat, on localise les gens au mètre près. On a demandé au gouvernement de le fermer en septembre 2025, on a eu des réunions de travail avec une plateforme pluriministérielle, nous sommes en juin 2026 et il n’y a pas un seul acte posé.
Le gouvernement fait des effets d’annonce avec une « liste noire » des agresseurs sexuels, mais cette liste noire existe, c’est le fichier FIJAIS dans lequel figurent tous les agresseurs condamnés mais aussi tous ceux que l’on a poursuivi ou suspecté, ce fichier a un spectre très large, il suffit de le consulter, et personne ne le fait, le ministre fait un effet d’annonce d’un truc qui existe déjà ; quand on sait aussi peu de choses sur une matière, c’est peut-être bien si on se tait. J’ai dans ma clientèle des enfants de 11 ans qui ont des maladies sexuellement transmissibles, que l’État français a transformé en prostituées en quelques semaines – Il y a 20 000 enfants qui se prostituent à partir des foyers de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), tout le monde le sait, personne ne fait rien.
On a accepté tout ça. Et on en a souri aussi parce que notre pays est lié avec la pédophilie, on a toléré en 1976 l’article de Matzneff dans Libération co-signé par tous ces gens dont je ne prononcerai pas le nom, mais c’était déjà un délit en 1976, ils auraient dû tous aller en correctionnelle. On a accepté les propos de Cohn-Bendit en 1982, c’était un délit, il aurait dû aller en correctionnelle. On a accepté de considérer comme un chef-d’œuvre Mort à Venise, l’histoire d’un chef d’orchestre vieillissant, dans un hôtel à Venise, qui rêve d’avoir un rapport sexuel avec l’enfant à côté.
Je vous donne l’exemple d’une petite fille placée à l’ASE à 11 ans. Le premier soir, le soir de son anniversaire, en marge de l’établissement, elle a été menacée de voir sa mère et sa sœur « égorgées », et elle a commencé à travailler pour ces apprentis proxénètes, pendant quatre ans, elle faisait dix passe par jour qui rapportaient 1 500 euros. Les trafiquants de drogue ont compris qu’il faut des guetteurs, des vendeurs, des nourrices, des blanchisseurs, c’est un commerce sur lequel il y a beaucoup d’argent et de risques à investir. Là, ils viennent en voiture, ils chargent les petites, ils les amènent dans un RB&B qu’ils ont amorti avec le premier quart de la première passe, et ils les ramènent après dans leur foyer, ils attrapent les petites et les garçons aussi, d’abord par les coups, puis la cocaïne, qu’ils leur donnent d’abord, après ils la leur vendent et à ce moment-là les enfants sont en dette, et pour payer ce qu’ils doivent ils les mettent à la prostitution. Tous les juges, tous les avocats, tous les services sociaux le savent, notre système de gouvernement le sait.
Il n’y a aucune volonté politique d’aller chercher ces réseaux criminels. J’ai rencontré tous les partis, de LFI au RN. Tous les gens que j’ai rencontré sont d’accord, tous ceux qui n’ont pas le pouvoir sont d’accord pour avancer, et dès qu’on touche aux sphères de la gouvernance il y a une réticence que l’on ne peut pas décrypter.
— Michel Amas, Avocat au Barreau de Marseille
Commentaire. Au regard de la parole de Michel Amas, quelques questions s’imposent : les dirigeants au sommet, détenteurs du pouvoir, sont-ils secrètement des consommateurs pédocriminels pour refuser de s’attaquer comme il se devrait à ces abominations. La présidente de l’Assemblée nationale refuse qu’une commission d’enquête travaille sur les dossiers Epstein. Pourquoi ? Des noms d’éminents Français éventuellement alimentés en « chair fraîche » risqueraient-ils d’apparaître ? Des pratiques de « Gilles de Rais » et de « Barbe Bleue » sont-elles liées au sommet du pouvoir en France ? S’agissant de la prostitution, on peut parler d’une négligence sur personne vulnérable au moins aussi grave que l’affaire des viols de masse par des gangs pakistanais au Royaume-Uni.
