L’homme européen amputé du merveilleux

Folklore signifie littéralement tradition du peuple. Autrefois, les sources et certaines particularités du paysage européen (arbres exceptiionnels, chutes d’eau, etc.) étaient des lieux de mythologie et de légendes. Les fées et le petit peuple de la forêt, jamais visibles, étaient présents dans la connaissance commune. Comment peut-on aujourd’hui ne pas relier au sacré des éléments extrêmement caractéristiques se trouvant dans notre paysage ? Parce que les siècles de christianisme et le rationalisme de Descartes ont tué la sensibilité au merveilleux chez les peuples d’Europe. Si le mont Cervin s’était trouvé au Japon, il y a mille ans qu’un sanctuaire aurait été édifié à sa base pour en faire un kami. Comment peut-on se retrouver face à une montagne d’une forme aussi sublime sans la vénérer ?