Pouvant avoir des lecteurs de tous âges, nous destinerons ce bref article au novice en politique, encore immergé dans le système scolaire ou récemment sorti de celui-ci, et encore marqué de la croyance que droite et gauche constituent une opposition réciproque dans le « jeu démocratique ». Nous allons lui faire gagner du temps dans la compréhension des choses. La droite, tout du moins ce que l’on nomme faussement et abusivement ainsi en France (d’où les guillemets s’imposant dans le titre), est piégée. Le système républicain, dans son code génétique, est essentiellement un régime de gauche. La droite ne peut donc pas y faire épanouir ses valeurs.
Acceptant de jouer le jeu républicain, elle ne peut donc jamais défendre son idéal, parce que les règles s’encliquètent de manière que ce dernier est de plus en plus indéfendable à chaque cliquet. Et à vouloir à tout crin exister dans ce régime qui lui est contre-nature, la droite finit par ne plus être de droite. C’est Chirac, Juppé, Fillon, NKM, Raffarin, Balladur, Sarkozy, Wauquiez, Darmanin, et tous les olibrius du même tonneau dans ce qui se nomme aujourd’hui LR.
Cette « droite », n’étant pas un véritable adversaire, elle fait le bonheur de la gauche, elle en est un partenaire idéal, lui garantissant la pérennité du socialisme mental. Cette droite matée, vidée de sa substance, succède à la gauche avec intérêt pour ses caciques (on vendrait père et mère pour les ors des palais et l’exercice du pouvoir) dans l’incessante alternance d’où le peuple est incapable de sortir, trop couard et conditionné qu’il est pour oser, électorat qui essaie désespérément un coup l’un, un coup l’autre, et tourne en rond éternellement insatisfait comme un animal derrière les barreaux du système. Car on ne gouverne pas un pays contre la moitié de sa population, ce qui est le cas depuis l’acte nucléaire de 1789. A chaque élection, cette « droite » d’opérette succède à la gauche sans jamais défaire ce que cette dernière a fait. Avec eux le char de cette République ne connaît pas la marche arrière.
Il n’y a dès lors qu’une seule voie possible pour l’idéal de la droite (pas cette pseudo-droite social-démocrate, aurifère et horrifique, mais la droite de droite) et cette voie consiste uniquement à sortir du labyrinthe républicain. Ce n’est manifestement pas la voie choisie par le Rassemblement National et Reconquête, qui ont opté pour une inféodation totale aux règles du régime.
