« Les seules réalités qui comptent pour notre avenir sont d’ordre économique », déclarait au cours d’un débat un ministre, qui est aussi, paraît-il, le meilleur économiste de France. « Je suis bien d’accord avec vous », lui répliquait l’adversaire politique qui lui était opposé, « mais vous êtes un piètre gestionnaire et nous sommes plus forts que vous en économie ». Dialogue révélateur.
Comme Nietzsche, sachons débusquer les faux savants sous le vernis des « spécialistes », osons déboulonner les idoles. Car la fausse science, la métaphysique aussi, de notre époque, et la première de ses idoles, c’est bien l’économie.
« Nous vivons dans des sociétés, note Louis Pauwels, pour lesquelles l’économie est tout le destin. Nous bornons nos intérêts à l’histoire immédiate, et nous bornons celle-ci aux faits économiques ». Notre civilisation, en effet, qui n’est plus une « culture », est fondée sur une conception du monde exclusivement économique. Les idéologies libérales, socialistes, ou marxistes, se rejoignent dans leur interprétation « économiste » de l’homme et de la société. Elles postulent toutes que l’idéal humain est l’abondance économique individuelle ; bien qu’elles divergent sur les moyens de parvenir à cet état, elles admettent unanimement qu’un peuple n’est qu’une « société », elles réduisent son destin à la poursuite exclusive de son bien-être économique, elles n’expliquent son histoire et n’élaborent sa politique que par l’économie.
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