Eloge du duel

Richelieu a interdit les duels. Il a fait une loi pour empêcher deux mâles adultes de se défier à coups d’épée, tu te rends compte ? L’homme occidental ne s’en est jamais remis. De là au congé paternité, ça s’est fait dans la foulée. (Giuliano da Empoli, Le mage du Kremlin)

L’Économie n’est pas le Destin

« Les seules réalités qui comptent pour notre avenir sont d’ordre économique », déclarait au cours d’un débat un ministre, qui est aussi, paraît-il, le meilleur économiste de France. « Je suis bien d’accord avec vous », lui répliquait l’adversaire politique qui lui était opposé, « mais vous êtes un piètre gestionnaire et nous sommes plus forts que vous en économie ». Dialogue révélateur.

Comme Nietzsche, sachons débusquer les faux savants sous le vernis des « spécialistes », osons déboulonner les idoles. Car la fausse science, la métaphysique aussi, de notre époque, et la première de ses idoles, c’est bien l’économie.

« Nous vivons dans des sociétés, note Louis Pauwels, pour lesquelles l’économie est tout le destin. Nous bornons nos intérêts à l’histoire immédiate, et nous bornons celle-ci aux faits économiques ». Notre civilisation, en effet, qui n’est plus une « culture », est fondée sur une conception du monde exclusivement économique. Les idéologies libérales, socialistes, ou marxistes, se rejoignent dans leur interprétation « économiste » de l’homme et de la société. Elles postulent toutes que l’idéal humain est l’abondance économique individuelle ; bien qu’elles divergent sur les moyens de parvenir à cet état, elles admettent unanimement qu’un peuple n’est qu’une « société », elles réduisent son destin à la poursuite exclusive de son bien-être économique, elles n’expliquent son histoire et n’élaborent sa politique que par l’économie.

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Opus caementicium

Le ciment romain, également connu sous le nom d’opus caementicium, témoigne des compétences techniques de la Rome antique. Ce remarquable matériau de construction a joué un rôle crucial dans l’édification de certaines des structures les plus durables de l’Empire romain, dont beaucoup subsistent encore aujourd’hui. Le secret de la longévité et de la solidité du ciment romain réside dans sa composition unique et ses techniques de construction innovantes.

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La Torche

*

La torche passe de main en main.
Quand la mort l’a ravie à l’un,
Le plus proche la reprend.
Le relais aux flambeaux continue.

Le temps s’écoule rapidement,
Et nul ne demande combien de temps
Chacun portera la torche.
Ce qu’il faut simplement, c’est qu’elle brûle,

Pure et étincelante.
Et qu’un cœur brûle avec elle.
Nous la porterons donc aussi, toi et moi,
Cette torche, vers des buts lointains,

Pour une partie du chemin.
Puisse-t-elle clairement resplendir !
Dans l’obscurité, devant nous,
Déjà attendent les autres !

Pensée du moment

*

Une civilisation avait existé où les hommes n’avaient jamais entendu parler de Moïse et du Christ, ignorant le péché originel et les sanctions infernales, ne jetant pas l’anathème sur la nature, déchue et corrompue, mais la suivaient comme une conseillère de sagesse et une institutrice de beauté. – Louis Rougier

La démocratie est le jouet de « l’élite »

Dans quel schéma de fonctionnement ont basculé les démocraties occidentales ? L’analyse des politiques et de l’action publique lève une des contradictions fondamentales des régimes classés parmi les démocraties. 

D’un côté, le nombre d’acteurs pouvant prétendre à jouer un rôle dans l’action publique (McKinsey par exemple pour prendre un cas désormais médiatisé) a connu une forte hausse et le nombre des « réseaux d’action publique » a augmenté. Il est aujourd’hui devenu usuel de retirer aux autorités publiques le monopole de la définition et de la mise en œuvre de la chose publique dans un contexte de fragmentation des lieux de pouvoir et de polyarchie concurrentielle.

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Qui parle au nom de qui ?

Quelles sont les structures traditionnelles qui, de longtemps, se répartissent la prise en charge de la société ? Organisations politiques, syndicales, religieuses, professionnelles, chacune possède une légitimité sociale très supérieure à celle de ses dirigeants, qui demeurent des « représentants » parlant « au nom de… » et dont le poids dépend autant des arguments qu’ils présentent que des cautions qu’ils apportent. Le fonds de commerce est effectivement un système de cautionnement discutable qui crédite ses propriétaires du présent et du passé.

L’organisation s’exprime au nom d’un certain nombre de personnes – militants, sympathisants, électeurs, fidèles, clients – censées se reconnaître en elle. Plus nombreux sont les représentés, plus puissants sont les représentants, aussi les seconds ont-ils intérêt à gonfler les effectifs et à exagérer leur représentativité. Qui parle au nom de qui ? C’est la grande partie de poker menteur à laquelle les pouvoirs publics prêtent parfois la main. Recherchant des partenaires pour jouer à la concertation, ils ont souvent intérêt à ne pas examiner de trop près les titres véritables de leurs interlocuteurs.

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Sur la compromission de la presse dans les démocraties…

Et en France en particulier.

Dans l’art de convaincre, le renouvellement des sujets masque la répétition des procédés et, par là-même, assure leur pleine efficacité. Et il est impossible de traiter de la manipulation dans une société de communication sans évoquer le rôle de la presse. Il faut cependant préciser le propos, entre presse d’information, et presse de loisir.

Le citoyen moderne baigne dans un milieu saturé d’informations. Si la tromperie intervient à ce niveau, et qu’il n’est pas doté d’esprit critique, il n’a aucune chance de recouvrer sa lucidité. Les démocraties reprochent aux régimes ouvertement totalitaires de miser sur la propagande pour arracher le consentement ou la résignation des populations. Les sociétés démocratiques, véritablement démocratiques, au contraire, énoncent que c’est l’information qui doit s’opposer à toute forme de manipulation. Mais l’information est-elle toujours cet antidote de la manipulation, ne prête-t-elle jamais la main aux mystificateurs ? A priori, sa liberté semble être la garantie absolue du citoyen. 

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Camarade Aragon

Le marxisme culturel a imposé qu’Aragon, icône adorée des communistes, est un « grand écrivain », dont on a servi (et c’est sans doute encore le cas) la prose à des générations scolaires. Savoir de quel milieu il était issu éclaire sur le personnage. L’homme s’est engagé, incontestablement, et non seulement de la manière la plus fanatiquement stalinienne qui soit mais la plus inexcusable aussi en raison de la constance et de la durée de cet engagement. Aragon en effet défendit pendant près de soixante ans et inconditionnellement la politique du parti communiste. En toute connaissance de cause, il ne cessa d’écrire des choses telles que :

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