6 février 1934

D’un côté une foule protestataire, de l’autre des forces de police utilisant le sabre, le pistolet, et même le fusil-mitrailleur. Le 6 février 1934 est une situation de manifestation ayant été réprimée avec des moyens disproportionnés et particulièrement sanglants. Bilan de cette nuit d’émeutes, seize morts du côté des manifestants, et un seul (un garde à cheval tué d’un morceau de fonte reçu à la tête) du côté des forces au service du pouvoir. Mais il faut revenir à l’origine de cette émeute de Français légitimement indignés, qui ont fait trembler leur régime corrompu, sans pouvoir finaliser sa chute.

Le scandale de « l’affaire Stavisky », du nom d’un truand de haut vol (juif de Slobodka, Ukraine -Fiche Wikipédia) ayant réussi à escroquer près de 650 millions de francs, compromet de nombreux politiciens et de hauts fonctionnaires, ainsi qu’un ministre radical-socialiste et franc-maçon, Daladier. L’opinion publique est chauffée à blanc par l’ordure mentale de cette mafia. Les ligues patriotiques et les anciens combattants de 1914-1918 appellent à une grande manifestation protestataire le 6 février. Cette manifestation doit avoir lieu devant la Chambre des députés. C’est la seule chose qui la distingue des manifestations des jours précédents, qui avaient rassemblé des milliers de personnes sur les Grands Boulevards.

Entre 19h30 et 20h00, sans sommation, les gardes mobiles déclenchent un tir sur les premiers rangs de manifestants, au pont de la Concorde et aux abords de la Chambre. Les manifestants, affolés, se dispersent dans les Tuileries, Place de la Concorde, jusqu’à la place de la Madeleine et à l’Opéra, poursuivis par des cavaliers sabre au clair. Les sabrages et les mitraillages vont durer jusqu’à une heure du matin, tandis que de petits groupes de manifestants, épars, tentent de s’enfuir par le métro, par les rues adjacentes, ou de contrecarrer les charges de cavalerie en jetant ce qui leur tombe sous la main, des bancs et des morceaux de fonte sur le pavé des rues. 

Aux seize morts de la nuit, il faut ajouter six cents blessés. Certains très gravement atteints par les tirs au fusil, décèderont dans les jours suivants. La République gouverne mal mais se défend bien.