Les Français, ce « peuple souverain »

Qui selon l’article 3 de la constitution exerce sa souveraineté dans le cadre démocratique et à travers des représentants élus. On sait combien cette doctrine est une escroquerie, c’est suffisamment établi par les faits. Mais il est intéressant de voir avec quelques données chiffrées exhumées des archives à quel point la volonté des Français a été bafouée par des dirigeants uniquement investis dans l’application de leurs propres idées, leurs idéaux, leurs utopies. Un sondage réalisé par la SOFRES montre que, dès 1968, les deux tiers des Français pensent déjà qu’il y a trop de Nord-africains en France. Dès 1974, 70 % d’entre eux estiment que les Algériens sont « mal intégrés » et 21 % seulement qu’ils sont bien intégrés. Ce ne serait guère forcer l’interprétation que de traduire « mal intégrés » par « mal intégrables ». La gouvernance va-t-elle tenir compte de cette opinion et de l’idée qui en découle par évidence chez la majorité des sondés, stopper l’immigration ? Giscard et Chirac feront en 1976 le regroupement familial ! 

Entre 1969 et 1971, le nombre des partisans de la peine de mort en France bondit de 33 % à 53 %. La tendance ne fera que s’accentuer dans les années suivantes : quinze ans plus tard, soit en 1986, ils sont 65 % à réclamer son rétablissement. Entre temps, Badinter et Mitterrand l’abolissent en 1981. La COFREMCA, société d’études créée en 1953, spécialisée dans l’analyse des comportements, des mentalités et des caractéristiques dès le milieu des années 1970, a pris, année après année, le pouls de l’opinion entre 1975 et 1985. Elle a toujours trouvé 75 % des Français pour estimer qu’ « il y a trop de désordre dans la société française » et que « les choses doivent être reprises en main ». On voit quelle est la situation aujourd’hui.

Le respect de la souveraineté du peuple et de ce qu’il pense sur cette terre de France est véritablement impressionnant.