Régionalisme : sacré dilemme !

Le régionalisme est séduisant pour les personnes sensibles à l’identité. Et en France pour celles qui ont toujours contesté l’action centralisatrice parisienne créatrice du « citoyen » uniformisé. Cette centralisation opérée par l’ogre jacobin qui a tant combattu les langues régionales et les identités des multiples territoires annexés au fil des siècles au royaume de France pour en faire l’État-nation actuel.

En Europe, la Flandre, la Catalogne, le Pays-Basque, l’Écosse, le Frioul rêvent d’échapper à la tutelle nationale pour se greffer à l’autorité supranationale de Bruxelles et ses financements directs (les Fonds structurels). En France, le processus est également en cours avec l’Alsace qui sert de département test.

Mais cette promotion d’un ethno-régionalisme supranational fondé sur le substrat ethnique, culturel et linguistique conduit directement au démantèlement des États, au détricotage des unités nationales, ce qui va dans le sens des tenants du mondialisme bruxellois favorables à l’instauration de simples « Landers » à l’allemande. Chacun le comprend, ce mouvement aboutira à une nouvelle féodalisation débarrassée du cadre national, les présidents de région formant les nouveaux Barons de cette architecture politique.

A cela s’ajoute le fait que les populations extra-européennes actuellement présentes, au nom de la non-discrimination (article 14 de la Convention européenne des droits de l’homme), voudront alors (et il y a peu de raisons d’en douter), bénéficier de la reconnaissance de leurs langues et de leurs particularismes.

L’idéal réside-t-il dans une troisième voie, celle de régions fortes et reconnues, avec leurs larges autonomies culturelles et linguistiques, mais restant dans le cadre national ? Europe des nations, ou Europe des Régions. Délicate question que nous laissons à votre réflexion.