L’esclavage par les « droits »

La liberté et l’indépendance d’action n’ont pas de prix. Rien au monde, pour l’esprit normalement constitué, ne vaut que l’on abandonne sa liberté. C’est pourtant ce à quoi ont été amenés les Français, au prétexte de bénéficier de « droits ».

Parlons histoire constitutionnelle. Jusqu’en 1848, l’État se contentait d’assumer les fonctions régaliennes, d’imposer aux citoyens certaines contributions à la vie collective (impôts, défense du territoire, etc.) et de garantir les droits fondamentaux (liberté, propriété, sûreté, résistance à l’oppression) : ces droits fondamentaux, c’étaient les droits « de ». Mais la constitution de 1848 a amené une nouveauté, une distinction sémantique qui sera largement reprise dans celle de 1946 et qui aura d’importantes conséquences : les droits « à ».

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Le Temps de Cassandre

Elle est le symbole de la contemporanéité. C’est elle, porteuse de vérité, qui, pour n’avoir pas succombé aux désirs d’Apollon, a été condamnée à ne pas être entendue. C’est la prophétesse qui a prédit les malheurs des Troyens, avant d’être violée et tuée après la confirmation de ses présages.

Si l’on combine ce symbole de l’aveuglement collectif avec l’habitude actuelle de la rhétorique, on obtient l’atmosphère de brouillard cognitif et de faiblesse décisionnelle qui fait progressivement dériver notre société déjà précaire.

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Recherche gouvernance désespérément

Il ne s’agit plus d’une question circonstancielle, conjoncturelle passagère, mais d’une question structurelle. La France n’est pas face à une crise gouvernementale temporaire, non. Une crise profonde de la gouverne démocratique, qui couvait et grossissait depuis plusieurs décennies, arrive aujourd’hui à son point culminant.

La gouvernance, pouvoir exécutif et pouvoir législatif, est faite des derniers restes d’un système condamné. Les seuls élus légitimes pour former un gouvernement se trouvent dans un bloc de plus en plus restreint, qui ne rassemble que des gens qui n’ont en commun que le fait que le Système les juge « respectables », c’est-à-dire certains socialistes, les centristes, certains hommes de cette droite à l’eau tiède. Ces gens entre eux se reconnaissent une certaine respectabilité, mais laissent de côté les deux courants populaires, la gauche radicale et la droite nationale, lesquelles représentent pourtant aujourd’hui des tendances profondes du peuple français.

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La « dédiabolisation » ça fonctionne !

Cinq ans de prison, dont deux fermes sous bracelet électronique, et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate empêchant le recours en appel traditionnel en droit afin d’empêcher toute candidature y compris aux législatives anticipées à venir en juin 2025 : voilà les réquisitions délirantes du parquet contre Marine Le Pen, accusée dans l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement National.

Aujourd’hui, Marine Le Pen et son parti s’insurgent contre cette machine judiciaire qui les frappe alors que pour se faire accepter du Système ils se sont détournés, depuis des années, des dissidents politiques en France et en Europe. Où étaient-ils lorsque des contestataires au Système ont été traînés en justice, censurés, voire emprisonnés, ou ont dû s’exiler pour leurs idées ? Où était le RN quand ces contestataires étaient condamnés pour leurs écrits et leurs prises de parole, au nom d’une prétendue lutte contre la haine ? Plutôt que de défendre la liberté d’expression et de résister à l’oppression, Marine Le Pen et son parti ont préféré éviter de s’associer aux déclarés « pestiférés », et se ranger dans une respectabilité à tout prix, croyant échapper ainsi à la cible du Système.

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Plus l’effondrement d’un empire est proche, plus ses lois sont folles

En démocratie française en 2024, celui dont on sent qu’on finira par ne plus pouvoir le vaincre « à la loyale » dans les urnes (95 % des 36 000 communes de France avaient placé le Rassemblement National en tête lors des dernières élections législatives européennes en Juin 2024), on l’élimine purement et simplement de l’équation par anticipation. Le Système assume désormais ouvertement comme légitime d’empêcher ses concurrents de concourir tout en se prétendant toujours démocratique, ce qu’il n’est plus de longue date désormais (il ne l’a jamais été en réalité, voir entre autres notre article Sommes-nous en démocratie ?*, mais n’a pas l’honnêteté de le reconnaître. Le nombre grossit de ceux qui ont compris que la conception de la démocratie pour cette mafia républicaine qui se partage le pouvoir et agit contre les intérêts de la France depuis cinquante ans ne vaut que dans l’entre-soi. Pour l’honnête homme, c’est en cela, en cette hypocrisie, que ce Système est insupportable, suscite l’indignation et un rejet viscéral.

Le réquisitoire prononcé contre Marine Le Pen dans le cadre du procès des assistants parlementaires européens du Rassemblement national (faits datant de 2009 exhumés aujourd’hui avec un vice remarquable) a fait l’effet d’une bombe politique. Il vise, tout le monde l’a compris, à l’éjecter de la vie « démocratique » et l’empêcher d’être présente à la prochaine élection présidentielle, afin de sauver le cul d’un Système et d’un régime aux abois. Nous sommes dans un procès politique à part entière qui s’inscrit dans une histoire longue, plus d’une décennie, où l’on a vu à répétition des candidats, des figures politiques, des intellectuels catalogués « anti-Système » se faire expulser du jeu. Et c’est par ces purges répétitives, le dernier outil qu’il lui reste, que le Système se maintient, même s’il rompt toujours un peu plus son lien avec le peuple.

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De la crise démocratique française

Les Occidentaux sont sortis du 20e siècle convaincus de savoir ce qu’était la démocratie, avec celle-ci d’un côté et le totalitarisme d’un autre côté, dont elle avait triomphé. Les Français croyaient savoir ce qu’est la démocratie, ils ont été trompés en réalité. Mais un sondage récent (22 octobre 2024) réalisé par Ipsos sur le rapport des Français à la démocratie, révèle entre autres que cette dernière ne fait plus l’unanimité et que 23 % des personnes interrogées, soit près d’une personne sur quatre, ne sont pas d’accord avec l’affirmation selon laquelle la démocratie est le meilleur système politique existant. Ce qui est un changement majeur trop peu souligné par les commentateurs autorisés des tribunes médiatiques, sans doute parce que donner un éclairage à une idée qui pourrait de ce fait s’accentuer, ne fait pas les affaires du Système. Une importante partie des Français aurait donc ouvert les yeux sur la réalité de la tromperie dans laquelle on les a élevés et on les fait vivre ici en France (il n’en va pas tout à fait de même dans d’autres pays, la Suisse notamment). C’est une excellente chose, et nous aimons à croire que nous avons pu participer à cet éveil avec nos différents articles dans les thématiques Idéologie des Lumières Philosophie politique fondamentale, et République Démocratie Vie politique française (liens de ces thèmes dans la liste générale en bas de page d’accueil du site).

Quelques décennies après cette « victoire » de la démocratie au 20e siècle, il semble donc y avoir un point d’interrogation autour de ce terme, et les gens se réclament d’une définition contrastée, contradictoire de la démocratie.

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Radioscopie de la classe politique française actuelle et des médiocres qu’on y trouve

Le député d’extrême-gauche Andy Kerbrat est au cœur de l’actualité pour avoir acheté de la drogue à un dealer mineur dans le métro parisien. Ses petits camarades de putrescence mentale volent donc à son secours et le présentent en tant que victime, et même comme un héros. Nous sommes donc obligés de traiter cet homme comme un symptôme de ce que sont devenues en Occident, mais plus particulièrement en France, les « élites » politiques, il est le symptôme d’une forme d’effondrement de l’intelligence et de la capacité à gouverner ou à représenter le peuple. Son parcours en dit beaucoup finalement sur cet effondrement.

Tous les gens lucides ont la forte impression, pour parler poliment, d’être gouvernés par des ploucs. Et à la vue de cette espèce de « ploucosphère » que l’on voit aujourd’hui au pouvoir représentée, on se demande comment expliquer cette faiblesse terrible des « élites » actuelles. Comment se fait-il que l’on ait pu avoir pour nous gouverner il n’y a pas si longtemps de cela dans l’histoire, même s’ils ont été des canailles malfaisantes eux aussi, des hommes d’une qualité immense en comparaison, alors que l’on se retrouve actuellement avec des gens à qui en d’autres circonstances on ne confierait même pas la gestion d’un parc municipal abandonné ? Comment comprendre cela ?

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L’État, solution ou problème ?

Les Français croient en l’État. Ils croient même que sans l’État la nation française n’existerait pas, qu’elle n’aurait jamais pris forme. Cette croyance est ancienne. Elle a débuté dit-on avec le règne de Philippe le Bel. Et à chaque problème, les Français croient que l’État est la solution. La chose était rappelée en 1850 par l’économiste français Frédéric Bastiat en ces mots : « …Mais alors on s’apercevra qu’on est réduit à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle-même, qui attend tout d’un ministre ou d’un préfet, même la subsistance, et dont les idées sont perverties au point d’avoir perdu jusqu’à la notion du droit, de la propriété, de la liberté et de la justice. » Se pourrait-il donc que les Français se trompent, et que l’État, loin d’être la solution à tout, soit aussi le problème, et même sans qu’ils ne s’en aperçoivent, que l’État soit leur ennemi ?

Ce 10 octobre est présenté par le premier ministre le projet de loi de finance 2025. Le budget, c’est l’expression de l’ensemble des missions de l’État, dans toutes ses dimensions, dans sa volonté de prendre en charge la collectivité, de prendre en charge les problèmes des Français, de leur trouver une solution. L’État a réponse à tous nos problèmes. C’est un réflexe partout présent en Occident, mais sans doute davantage en France : quel que soit le problème, la première pensée va à quelle loi peut projeter le gouvernement, ou encore quel programme peut-il mettre de l’avant, de quelle manière peut-il financer un nouveau programme pour résoudre le problème qu’expose la situation aux yeux de tous ?

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Une semaine de « psychodrame » sur l’État de droit

C’est ce que nous ont fait la gauche et ses médias suite aux propos du nouveau ministre de l’Intérieur qui, dans la norme pratiquée en ces temps funestes, a cru bon de faire un semi-voyage à Canossa en expliquant son propos. Tous ces gens qui n’assument pas leurs déclarations et viennent passer un brevet de conformité idéologique en se justifiant au lieu de dire fermement « merde » à tous ces petits kapos systémiques dès qu’ils montrent les dents, sont assez pathétiques et décevants. Dans cette séquence, le journal Le Figaro nous apprenait il y a quelques jours une décision du Conseil d’État qui datait du 15 juillet 2024, donnant raison à la Cour nationale du droit d’asile d’accorder le statut de « réfugié » à un Algérien de 31 ans qui avait été condamné à quatre ans d’emprisonnement (condamnation dérisoire soit dit en passant) en 2019 pour faits d’agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans, au motif que ce détraqué criminel entreprend une « transition de genre » et qu’il ne peut donc pas être renvoyé dans son pays parce qu’il y risquerait des persécutions. Voilà un exemple très symbolique de ce que des juges ont fait de « l’État de droit » en France devenue le royaume des « droits de l’individu », surtout s’il appartient à une minorité, où un pédophile passe avant le bien commun.

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La gauche n’est pas vaincue

Ne jamais se laisser abuser par les apparences. Le gouvernement Barnier est en place, les mélenchonistes en ont été écartés. La gauche serait-elle vaincue ? Non, elle ne l’est pas. L’occupant de l’Élysée a négocié/imposé la présence d’un nouveau ministre de la Justice qui est un épigone des pires de ses prédécesseurs gauchistes, pour saboter les possibilités d’amélioration sur le terrain de l’insécurité. Les gens sont victimes d’une conception anachronique du pouvoir. Ils pensent encore que le Parlement ou l’Élysée sont le cœur du pouvoir. Ce n’est pas le cas. La gauche domine, pour l’instant encore et espérons-le pour le moins longtemps possible, la radio et la télévision publique, le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État, Bercy, la magistrature, la production culturelle, la législation sur la liberté d’expression d’inspiration soviétique, la législation sur l’immigration… Quand on pense à tout cela, la gauche est en réalité au pouvoir même quand elle est dans l’opposition, mais les gens ne le voient pas parce qu’ils sont accrochés à une conception ancienne de la démocratie où l’on pense encore que le peuple compte un peu.