Un basculement des modèles

Jusque dans les années 1970, tous les écoliers, cancres ou forts en thème, avaient appris le fables de La Fontaine et savaient que « tout flatteur vit aux dépends de celui qui l’écoute ». Cela forgeait tout de même une forme d’esprit critique et mettait dans les têtes une méfiance naturelle envers les démagogues de tous poils. Aujourd’hui, tous les écoliers connaissent les aventures de Kirikou et savent que c’est avec sa gentillesse qu’il a guéri la vilaine sorcière. Donc ils savent qu’il ne faut pas juger les méchants mais être compréhensifs avec eux et plutôt les aider à devenir des gentils. Avant : « méfiez-vous des beaux-parleurs ». Maintenant : « soyons gentils avec les méchants… ils deviendront des gentils ». Peut-on croire qu’une telle inversion de valeurs en aussi peu de temps soit fortuite ?

Au début des années 1980 en France, l’offre musicale commence chez les blancs à se scinder, entre le lot de la cage aux folles (Elton John, George Michael, Bronsky Beat…) et les chanteurs couillus ou se parant d’une image dure (Iron Maiden, Accept, Metallica, Manowar…), tandis que les noirs étaient soit de gentilles tarlouzes en collants colorés et à paillettes, à la voix douce et aigüe à avoir les couilles coincées dans un étau (Imagination par exemple, quoique le blancs aient eu leur exemplaire avec les Bee Gees), soit de doux rêveur idéalistes sous ganja appelant à la paix (Bob Marley, Jimmy Cliff). Aujourd’hui, les icônes de la pseudo rébellion sont les rapeurs sous stéroïdes alors que les blancs sont des petits mickeys transis et amorphes qui vont se blottir sous l’aile de leur compagne pour oublier ce monde dur et froid… Le summum ayant été atteint avec les fabrications Conchita Wurst et Bilal Hassani. Peut-on croire qu’une telle inversion d’image en aussi peu de temps soit fortuite ?

Majors de la production musicale, médias de diffusion au service de leurs commanditaires, et Education nationale ont œuvré et continuent d’œuvrer de concert à la destruction du monde occidental par l’abrutissement, la féminisation et la castration symbolique de l’homme blanc. 

Gouverner par la peur

Le traitement politico-médiatique du récent ouragan Ciaran donne l’occasion de faire le lien avec notre précédente évocation de la peur comme méthode de conduite des peuples à travers deux articles (titres et liens ci-après). Voici donc de quoi prolonger la démonstration.

Il faut faire rentrer dans la tête du Français, comme un coin enfoncé à coups de masse, la nécessité d’ « agir » pour le climat. On ne cessera jamais de rappeler la futilité et la prétention de cet argument gouvernemental dans le simple but de faire accepter une écologie punitive, face aux forces incommensurables du cosmos qui régissent la vie de la planète depuis sa formation. L’ouragan Ciaran est passé. Il a certes fait des dégâts matériels en Bretagne et sur le Pas-de-Calais. Mais rien de comparable au catastrophisme ultime qui était annoncé. Car à cette occasion on a vu pouvoir politique et médias main dans la main pour dérouler tout un apocalyptique qui fait que l’on va d’événement météorologique extrême en événement météorologique extrême, et le prochain sera le pire, alerte rouge, alerte écarlate… On attendait donc ce record de la vague la plus haute, du vent qui soufflerait le plus fort, le « Big one ». Il faut d’abord savoir que ce genre d’ouragans en cette saison dans l’océan Atlantique est courant. Ce n’est donc pas le phénomène en lui-même qui est inhabituel dans la vie de la planète, mais surtout son déplacement, sa présence sur le nord de la France. Que les enragés de l’instrumentalisation écolo se calment donc et rangent d’emblée leur argument sur la survenance ou la nature anormale de la chose. 

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Focus sur Samuel Todd Francis

Le philosophe et essayiste Suisse Eric Werner, qui s’est exprimé sur l’insécurité en tant qu’outil gouvernemental de contrôle social, avait assurément lu l’historien et journaliste américain Samuel Todd Francis (1947-2005), concepteur du terme anarcho-tyrannie. Terme utilisé par Samuel T. Francis pour faire référence à une situation de dictature armée sans État de droit, ou à une synthèse hégélienne lorsque l’État régule de manière tyrannique ou oppressive la vie des citoyens tout en étant incapable ou refusant d’appliquer la loi fondamentale de protection. Les commentateurs ont invoqué ce terme en référence à des situations dans lesquelles les gouvernements se concentrent sur la confiscation des armes au lieu d’arrêter les pilleurs. De par ses opérations nationales d’abandon d’armes à l’État (la dernière en date en novembre 2022) appelant les Français à déposer leurs armes dans les commissariats de police et les brigades de gendarmerie, on voit que la France et son niveau dramatique d’insécurité s’inscrit parfaitement dans la définition de Samuel T. Francis. Notre auteur introduit le concept d’anarcho-tyrannie dans le vocabulaire politique et le définit de la façon suivante : « On refuse de contrôler les véritables criminels (la face anarchique de la médaille) et on se rabat sur les innocents (sa face tyrannique).

Voici un petit résumé pour ceux qui veulent comprendre pourquoi la police a l’ordre de harceler l’honnête citoyen qui va travailler parce qu’il a un pneu lisse… et de ne pas traiter des zones (les fameux « territoires perdus de la République ») où la malfaisance a la bride sur le cou.

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Déracinement « intra patria »

A écouter une certaine frange de la pensée officielle, les citoyens occidentaux n’auraient à se plaindre de rien, ceci du fait du confort matériel historiquement élevé qui est le leur. L’accumulation matérielle aurait banni le malheur. La misère vaincue, il ne resterait aucun motif de colère à l’homme. La souffrance n’a plus de raison d’être, car nous disposons de l’eau courante, de l’électricité, de l’I-pad, de l’ordinateur portable, de l’écran plat et d’une garde-robe élargie. L’homme a trouvé le salut dans la marchandise.

Que quelqu’un ose déplorer sa triste condition et un chien de garde du Système lui répondra que ses griefs sont illégitimes et que, par sa plainte, il se comporte en enfant gâté. Ni ses ancêtres, ni l’immense majorité de la population mondiale n’ont joui de son confort. Alors qu’il se taise.

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Proudhon l’éveilleur…

Étrangement, dirons-nous avec ironie, on n’entend jamais Proudhon cité par la gauche « institutionnelle » du système en place qui campe dans les médias, LFI, Parti communiste, Parti socialiste, NPA, EELV… Proudhon ne fait pas partie de leurs références. Et pour cause. Il a été délaissé par la gauche française qui on le sait lui a préféré les auteurs russes et allemands, dont bien sûr Marx et Engels (sur la nature de cette gauche, nous renvoyons le lecteur à notre article La gauche lutte-t-elle vraiment contre le capital ?). Marx développera d’ailleurs une rancune envers Proudhon parce que ce dernier refusa de devenir son correspondant français dans une sorte d’internationale de philosophes allemands, anglais et français qu’il souhaitait créer. D’aucuns y verront la mégalomanie vindicative du « peuple élu » auquel rien ne saurait être refusé. En réponse à Philosophie de la misère de Proudhon qui parait en 1846, Marx écrit alors Misère de la philosophie, où il prétend démontrer « la crasse ignorance » de Proudhon en économie. Deux ans plus tard, Marx et Engels écrivent le Manifeste du Parti communiste (1848) dans lequel ils s’emploient à ridiculiser Proudhon et, de façon générale, tous les courants « socialistes » en dehors bien sûr de leur socialisme à eux, du communisme marxiste. Proudhon qui était jugé suffisamment intéressant par Marx pour que ce dernier l’ait invité à faire partie de cette sorte d’internationale de philosophes, était subitement devenu un incompétent après son refus. Rien d’étonnant donc à ce que cette gauche marxiste, trotskiste, établie dans le jeu politique français ignore superbement Proudhon, qui à leurs yeux doit avoir de surcroît deux autres défauts : 

  • celui d’être un philosophe Français issu de milieu ouvrier et non un membre de la bourgeoisie juive d’Europe centrale qui a fait le Bund.
  • et une parenté de vues sur le prolétaire, le paysan, le capitalisme, avec celles que porteront au XXe siècle le fascisme mussolinien, le Phalange espagnole de Jose Antonio Primo de Rivera, la British union of fascists d’Oswald Mosley, et le National-Socialisme hitlérien, quatre mouvements dont le véritable souci pour le peuple et les prolétaires est ignoré de ceux qui restent dans la matrice de l’histoire officielle, et qui du fait de ce que l’on vient de rappeler sont donc logiquement détestés par cette gauche trotsko-marxiste française maternée par les vainqueurs de 1945.

Pour toutes ces raisons, il est utile de lire l’analyse de Pierre Vial sur Proudhon.

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La gauche lutte-t-elle vraiment contre le capital ?

Les syndicats institutionnels et les partis de gauche ne sont pas tout à fait ce qu’ils disent être, et les Français de 2023 n’ont plus la mémoire de certains aspects de mai 68. Rappel nécessaire. Pourquoi l’immigration aujourd’hui prend-elle une telle place ? Il faut revenir en 1968-1969, moment d’une tendance révolutionnaire qui traverse toute l’Europe. Il faut mettre de côté la comédie du carnaval estudiantin qui est une gigantesque chimère pour mondialiser et mettre en marche la marchandisation du sexe, avec effectivement une révolution des mœurs. Toute la couillonnerie de 1968 est dans la révolution des mœurs dont le capital a besoin pour marchandiser le sexe, marchandiser l’émotion, marchandiser nos âmes, nos spiritualités. Mais il y a en même temps autre chose à cette époque, ce sont les 10 à 12 millions de grévistes qui deviennent incontrôlables, ingérables, parce qu’ils ont compris que les syndicats qui tiennent cette position de « seuls défenseurs autorisés des intérêts ouvriers », ces syndicats dits représentatifs depuis 1945 sur la base de critères cousus main pour leur assurer le monopole en la matière et empêcher l’émergence d’autres organisations, ces syndicats sont là pour co-gérer les conflits sociaux avec le pouvoir et les patrons en restant dans le cadre du système qui leur procure leur rente de situation.

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