À la rencontre des dieux maudits

Pourquoi ne pas l’avouer ? Je me suis résolu à écrire ce petit livre parce que j’avais grande envie de le lire. Il n’existait rien de tel en langue française : une sorte de Que sais-je de la mythologie nordique. Guère plus de deux cents pages et un peu d’ordre dans ces récits décousus et parfois contradictoires. Cet ouvrage a donc été d’abord composé comme mon propre « pensedieux ». Je voulais en faire une sorte d’aide-mémoire élémentaire pour éclairer tant de ténèbres.

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Sagesse pour l’Âge du loup

Une conversation avec le Dr. Stephen Flowers

L’un des paradigmes dominants de la société moderne est la fragmentation. Dans le monde de la culture populaire cela se traduit par des distractions éblouissantes et des éphémères incessants, alors que dans le monde académique cela engendre une spécialisation excessive et un refus tacite d’une simple tentative de comprendre « l’ensemble du tableau », particulièrement d’un point de vue métaphysique.

Dans cet environnement atomisé, quiconque faisant l’éloge d’une vision cohésive marquée par les valeurs traditionnelles – pour ne pas parler de standards élevés – devient automatiquement une anomalie. Et c’est le cas pour le Dr. Stephen Flowers, qui est la plus rare des espèces : un érudit avec de l’esprit, qui a un esprit obstiné mais néanmoins ouvert. Pendant plus d’un quart de siècle il a consacré ses énergies à décoder les mystères non seulement de l’ancien alphabet symbolique des Runes, mais aussi des domaines les plus profonds du mythe et de la culture germaniques dont ils provenaient. Pour Flowers, cette quête est résumée dans un seul mot, RUNA, qui est l’ancienne forme de la vieille langue gothique pour « rune » et qui était équivalente au terme grec mysterion (« mystère »). Ce fut au début des années 1970 que Flowers entendit distinctement ce mot murmuré à son oreille, et depuis ce moment il a infatigablement suivi un chemin pour comprendre ses implications.

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Cycle primordial

Les religions païennes pré-chrétiennes étaient axées sur la nature, les cycles de récolte et les saisons basées sur la mort annuelle et la renaissance du soleil. Commençons par une idée importante : la vision du monde de nos ancêtres était cyclique, non linéaire comme celle imposée par les monothéismes orientaux. Mais en même temps, un aspect de la renaissance spirituelle était la compréhension de la nature du Temps.

Roue cyclique, notre conception du Temps

Les déesses du panthéon scandinave

Origines historiques des divinités féminines

Si la religion des Scandinaves de l’Age du bronze et celle de l’Age du fer sont à peu près connues désormais, la filiation histo­rique des déesses est difficile à préciser. Comme nous l’avions men­tionné par ail­leurs, peu de divinités ont eu un caractère individualisé, jusqu’à la fin de l’Age du fer. La majorité des fonctions féminines se concentrait autour du concept de TERRA-MA­TER. Cependant, dans le cas d’un certain nom­bre de déesses, il est malgré tout possible de repérer les déités archaïques dont elles des­cen­dent et auxquelles elles ont pris leurs attribu­tions.

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Un regard de l’esprit et du sang

Le paganisme – tout au moins le paganisme tel que, d’abord, je le ressens et tel que, ensuite, je le comprends (après l’avoir réellement intériorisé au contact de Saint Loup) – m’apparaît comme beaucoup plus qu’un regard qui embrasse le monde, ce regard fut-il d’explication, de réconciliation ou d’harmonisation. Aux moments de recueil, d’études mais aussi d’interrogation sur l’avenir : devenir de nos peuples menacés sur leur sol et dans leur sang, il m’emplit chaque fois de nouvelles espérances et de nouvelles certitudes et je l’éprouve alors dans l’apaisement infini du regard souverain qui restitue dans sa pensée et ré-installe dans son harmonie originelle tout ce que vingt-et-un siècles de dérive obscurantiste, de rupture dualiste et d’éradication égalitariste ont extirpé des matrices naturelles, amputé, mutilé, jusqu’à criminaliser aujourd’hui les peuples qui ont encore conscience de leur identité ou à diaboliser les cultures qui veulent vivre leur originalité ; regard qui monte des racines, qui relie le droit du sol à la loi du sang, regard identitaire qui nous réapprend que la dignité de l’homme n’est concevable que dans le respect imprescriptible de ses différences et, à cause de cela même, regard du sang qui se métamorphose en esprit, dit Nietzsche, regard de l’esprit et du sang, dit Knut Hamsun, enclin alors à deviner et à saisir, plus loin que soi, la « fibre nerveuse qui unit l’homme à l’univers et aux éléments » car une race regarde le monde avec les yeux de ses mythes, écoute ses dieux avec les oreilles de ses archétypes, parle aux arbres, aux bêtes et aux hommes dans la langue ancestrale de sa culture. Mais je ressens aussi le paganisme comme le regard que la nature se porte à elle-même quand ses dieux, dont les actes miment et répètent les archétypes de l’harmonie primordiale, dévoilent à la conscience des hommes les lois qui fondent l’ordre du monde. Autant dire que le paganisme m’apparaît comme un élément constitutif du monde et de la vie.»

Pierre Krebs

Ethlinn, figure de la mythologie irlandaise

Ethlinn, ou Eithne dans certaines traditions celtiques, est une figure fascinante et complexe, connue pour son rôle dans les récits des Tuatha Dé Danann, le panthéon divin des anciens Celtes d’Irlande. Son histoire, à la croisée de la malédiction et de la destinée, illustre des thèmes universels de pouvoir, de prophétie et de transformation.

Ethlinn est principalement célèbre comme la fille de Balor, le roi cyclopéen des Fomoires, une race de géants souvent en conflit avec les Tuatha Dé Danann. Balor, conscient d’une prophétie affirmant qu’il serait tué par son propre petit-fils, tenta de contourner son destin par des moyens drastiques. Il enferma Ethlinn dans une tour ou une forteresse isolée, l’éloignant ainsi de tout contact masculin pour empêcher toute possibilité de conception. Cette isolation montre un contraste frappant avec la notion celtique traditionnelle de la féminité comme source de fertilité et de pouvoir.

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Joyeux Beltane !

Beltane, fête du 1er mai dans le paganisme celte, est à l’opposé de Samhain le 1er novembre sur la roue traditionnelle païenne de l’année… Les deux moments ont en commun le fait que leurs nuits sont celles où le voile entre les mondes est assez fin. A Beltane, il est dit que les fées reviennent de leur refuge d’hiver. A ce moment, la nuit est remplie de magie. Les enfants conçus durant Beltane (et naissant à Imbolc, le 1er février) étaient considérés ayant le pouvoir de voir les fées et être capables d’interagir avec elles. Bonne fête de Beltane à tous les Européens de racine, d’esprit et de coeur.

Notre sacré vivra

Aujourd’hui le sacré de tradition européenne est bien vivant. Grâce à ceux que certains veulent appeler des « néo-païens » (appellation impropre puisqu’elle désigne des hommes et des femmes tout simplement païens, païens de toujours puisque leur foi – oui, leur foi – ne relève pas d’une époque ou d’une autre, étant liée au destin ancestral des peuples européens, au fil des siècles et des millénaires). Mais aussi grâce à ces éveilleurs qui, par le biais de la littérature, de la musique, des arts graphiques, du cinéma, du théâtre sont porteurs d’un message très simple : l’homme ne peut retrouver son équilibre et sa joie qu’en étant en harmonie avec l’univers, avec cette nature que tant de charognards s’ingénient à détruire aujourd’hui. Pour faire du fric. Et aussi parce que, quelque part, l’être de ces charognards (lié à leurs origines peut-être ?) est révulsé par tout ce qui constitue une identité enracinée, un attachement à une patrie charnelle. N’est-ce pas, Bernard-Henri Lévy ?

Notre sacré vit en nous. Il vit intensément lorsque nous sommes adossés à un chêne, auprès d’une source, devant un menhir, sur un sommet baigné de brume ou éclairé par le soleil. Ou tout bonnement en cheminant par plaines et montagnes, « une fleur au chapeau, à la bouche une chanson ». Mais aussi sur les hauts lieux de notre histoire, de Verden à Héligoland, de Delphes à Tolède, de Bibracte au Champ des Merles, de l’arc de Titus sur le Forum à Berlin, Moscou ou Riga.

Des voix fraternelles nous accompagnent tout le long de notre longue marche et chacune d’elles, à sa façon, nous rappelle s’il en est besoin où est notre sacré. Barrès le Lorrain, Colette la Bourguignonne, Giono le Provençal, Henri Vincenot le vieux Gaulois, Mabire le Normand, Genevoix le Solognot, Saint-Loup de la république du Mont-Blanc … et tant d’autres. Ils sont tous là, chantres de la terre et du sang, pour nous dire que tant que l’un de nous se tiendra debout notre sacré vivra. Un sacré réservé aux âmes fortes.