Médecine et pharmacopée chez les Celtes : un savoir ancestral entre nature et spiritualité

Chez les peuples celtes, la médecine et la pharmacopée ne relevaient pas d’une science froide et rationnelle telle que nous la connaissons aujourd’hui. Elles étaient profondément enracinées dans une vision du monde où la nature, le sacré et l’expérience empirique se mêlaient. Bien que les sources sur la médecine celte soient fragmentaires — principalement transmises par des récits grecs et romains ou par des textes médiévaux héritiers de traditions orales — il est possible de reconstituer certaines pratiques et croyances.

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Le Paganisme est éternel

Avec Dominique Venner, Jean Mabire, et bien d’autres, Guillaume Faye est un important auteur et penseur du mouvement païen et identitaire. Nous publions ici de larges extraits de son entretien avec Christopher Gerard paru sous le titre « Les Titans et les Dieux » dans la revue Antaios (n° XVI, printemps 2001) :

Mon Paganisme n’a rien de spiritualiste ni de mystique ; il est charnel, vécu, je dirais : poétique et totalement personnel. Mon itinéraire est tout sauf « spirituel », mais purement sensuel. La richesse du Paganisme, que ne possède aucune autre « religion », c’est qu’on y trouve une extraordinaire pluralité de sensibilités : du Paganisme des bois et de l’enracinement, à celui du déchaînement de la technoscience ; du Paganisme des brumes de la lande à celui des divinités du feu solaire. Du Paganisme des fontaines et des nymphes à celui du bruissement sourd des batailles, de celui du chant des fées ou du galop des lutins dans les sous-bois, à celui du tonnerre des réacteurs, de celui des grands Dieux tutélaires à celui des lares. Mais le génie du Paganisme, c’est de rassembler dans une totalité cosmique et organique l’ensemble des passions humaines, avec leurs misères et leurs grandeurs. Le Paganisme est bien le miroir du monde vivant. 

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Et si la vérité était le contraire de l’idée établie ?

Nous ne sommes pas lucifériens. Nous sommes païens. Nonobstant… et si Lucifer ne correspondait pas à l’image hégémonique de noirceur, de Mal, sous laquelle il a été présenté par le christianisme, par le discours et l’iconographie cinématographique, pour pouvoir apparaître par contraste comme le « camp du Bien » ? Ce ne serait pas le seul cas de manipulation des peuples et d’inversion du réel dans ce monde. L’étymologie de Lucifer est connue. Elle est rappelée dans le texte ci-après, entre autres choses, par l’une des grandes figures américaines de la résistance blanche au mondialisme, David Lane. Cela étant, il faut noter que la force de l’empreinte négative sur les esprits installée par deux-mille ans de christianisme à propos de Satan (notion orientale, le Sheitan arabe), est telle qu’il est difficile de se représenter Lucifer comme quelque chose d’autre qu’une force négative. David Lane, qui n’était pas luciférien lui non plus, écrit :

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Hypathie, vierge martyre des Païens

« Dors, ô blanche victime en notre âme profonde, 
Dans ton linceul de vierge et ceinte de lotos ;
Dors ! l'impure laideur est la reine du monde
Et nous avons perdu le chemin de Paros.
Demain, dans mille années,
Dans vingt siècles, qu'importe au cours des destinées
L'homme étouffé par vous se dressera.
Votre œuvre ira dormir dans l'ombre irrévocable ».

Leconte de Lisle
(Hypathie et Cyrille)

Alexandrie, an 415. Cinq ans après le sac de Rome, alors que l’Empire s’écroule, l’Égypte vit à l’heure des derniers feux du paganisme antique. L’Occident est acquis à la cause du « Galiléen », l’Orient résiste encore, mais il n’est qu’en sursis. La ville égyptienne abrite une population multiconfessionnelle ; la cohabitation s’avère de plus en plus difficile. Face aux Juifs et aux païens « Hellènes » : les partisans de Jésus, manœuvrés par l’évêque Cyrille, et qui comptent bien se rendre maîtres de la place.

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Celui qui montre le chemin

Le Vegvisir est le plus célèbre de tous les Galdrastafir islandais. Il a une structure radiale à huit bras rappelant une rose des vents ou une boussole magique, il n’est donc pas étonnant qu’il ait été identifié ces dernières années à une « boussole ». Mais ce ne serait pas tout à fait correct.

Il s’agit d’un stafur éminemment apotropaïque et d’orientation magique, destiné à aider les voyageurs, les pêcheurs ou les marcheurs à trouver leur chemin, même dans des conditions extrêmes telles que brouillard, neige, tempête ou méconnaissance du terrain. Le Vegvisir doit donc se situer dans le cadre de l’Islande rurale et magique des XVIIIe-XIXe siècles, où connaissance de la nature, textes magiques et superstition s’entrelacaient avec la vie quotidienne. L’Islande manquait d’un réseau routier moderne et se promenait à pied, à cheval ou en bateau, souvent dans la solitude et sous des climats extrêmes. L’orientation dans ce contexte n’était pas seulement pratique, mais existentielle et spirituelle. Se perdre dans la neige ou la mer signifiait la mort. Vegvisir n’était pas seulement un signe physique de direction, mais une protection magique contre le chaos, la confusion, la désorientation intérieure et extérieure.

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Orthodoxie et hérésie durant l’Antiquité tardive

La période qui s’étend du IIIe siècle de l’ère chrétienne au 6ème, ce qu’il est convenu d’appeler, depuis les débuts de l’Âge moderne, le passage de l’Antiquité gréco-romaine au Moyen Âge (ou Âges gothiques), fait l’objet, depuis quelques années, d’un intérêt de plus en plus marqué de la part de spécialistes, mais aussi d’amateurs animés par la curiosité des choses rares, ou poussés par des besoins plus impérieux. De nombreux ouvrages ont contribué à jeter des lueurs instructives sur un moment de notre histoire qui avait été négligée, voire méprisée par les historiens. Ainsi avons-nous pu bénéficier, à la suite des travaux d’un Henri-Irénée Marrou, qui avait en son temps réhabilité cette époque prétendument « décadente », des analyses érudites et perspicaces de Pierre Hadot, de Lucien Jerphagnon, de Ramsay MacMullen et d’autres, tandis que les ouvrages indispensable, sur la résistance païenne, de Pierre de Labriolle et d’Alain de Benoist étaient réédités. Polymnia Athanassiadi, professeur d’histoire ancienne à l’Université d’Athènes, a publié, en 2006, aux éditions Les Belles Lettres, une recherche très instructive, La Lutte pour l’orthodoxie dans le platonisme tardif, que je vais essayer de commenter.

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Aux origines de la civilisation mégalithique européenne

Avant les grandes civilisations historiques, avant les villes et les royaumes, l’Europe était le berceau d’une culture aussi ancienne qu’imposante : la culture mégalithique. Des côtes atlantiques de la Bretagne aux vallées alpines, du nord de l’Écosse à la Méditerranée, d’énormes structures en pierre — menhirs, dolmens, tombes collectives — témoignent de l’existence d’une société capable de pensée symbolique, de conception architecturale et d’organisation communautaire. Pourtant, malgré ces preuves, cette civilisation est longtemps restée occultée par des préjugés culturels, des mythes romantiques et des interprétations fantaisistes. Aujourd’hui, grâce à l’archéologie, nous pouvons lui redonner la place qu’elle mérite dans l’histoire profonde de l’Europe.

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Faire comprendre le paganisme, toujours

Le paganisme peut être un athéisme esthétisé mais en pratique c’est rarement le cas. Les païens croient en une immanence mais, à la différence du christianisme ou du monothéisme en général, cette croyance n’est pas bornée dans un dogme. Elle est multiforme, curieuse et évolutive. La plupart des païens sont panthéistes, ils cherchent le divin en eux et autour d’eux, fondamentalement c’est une spiritualité de l’émerveillement.

Concernant les dieux, les païens ont chacun leur niveau de compréhension des mythes : entités réelles, incarnation des forces de la nature, incarnation des principes universels/métaphysiques (ordre, chaos, etc.), archétypes, etc.

Le dualisme est étranger au paganisme, qui ne croit pas que le cosmos se résume à deux principes antagonistes (bien/mal), mais à une multitude complexe. La force créatrice de la vie est un de ces principes cosmiques.

En pratique, le paganisme n’est pas une orthodoxie mais une orthopraxie, ce n’est pas le credo qui fait sens mais les rites qui sont le moyen principal de relation au sacré, peu importe ce que vous mettez derrière ce terme. C’est difficile à concevoir dans une société christianisée depuis aussi longtemps que la nôtre, mais c’est la spiritualité originelle commune à toute l’humanité et encore trés répandue (hindouisme, shintoïsme, etc.).

Fondamentalement le païen ne pense pas que la Vérité lui soit accessible dans son entièreté, et il rejette les vérités révélées qu’il considère naïves et paresseuses. Quand on considère l’immensité de l’univers connu (des milliards de galaxies contenant chacune des milliards d’étoiles) il apparaît qu’il faut être humble, et il faut estimer grotesque l’hypothèse selon laquelle un dieu tribal d’un morceau de désert ait apporté la Vérité à l’humanité, et que le sens de la vie soit de croire très fort à lui sinon il vous punit comme un enfant.

En outre il faut savoir que le paganisme ne se résume pas au polythéisme, le culte des ancêtres est tout aussi important. Il peut inclure la croyance en une réincarnation au sein d’une lignée. Ce culte, là encore commun à toute l’humanité à ses origines, est encore prégnant y compris dans des sociétés supposément athéistes comme en Chine.

Pour conclure, le paganisme n’est pas seulement affaire mythes et de panthéons antiques, il a souvent aussi une dimension animiste, la croyance en l’existence des esprits des sources, montagnes, forêts, etc, c’est-à-dire des puissances vivantes enracinées dans un lieu précis.