La philosophie grecque n’a pas été exempte de quelques cas pathologiques. De nos jours, ceux qui ont tout intérêt à ce que rien ne change, à ce que l’on ne vienne pas perturber leur action destructrice, ne manquent pas une occasion de dresser des louanges aux stoïques et au stoïcisme. On les comprend. Le stoïcisme n’est qu’un encouragement à l’inaction. Le comportement méprisable des stoïques est une apothéose du renoncement. « Stoïque » désigne communément un comportement traduisant une indifférence à la douleur, au plaisir, au chagrin ou à la joie. Seul un être au mental de zombie, à l’encéphalogramme plat, peut répondre à cette définition. Aucun esprit normalement constitué ne peut être indifférent à l’avenir de l’endroit où il vit. Charles Baudelaire a dit du stoïcisme qu’il est une religion qui n’a qu’un sacrement : le suicide.
