
Par leur réaction outrée face aux critiques et demandes de sanctions de leur ministre suite aux négligences ayant conduit au meurtre de la petite Lyhanna par un pédocriminel récidiviste qui a pu agir parce qu’il avait la bride sur le cou, les magistrats français – tout au moins une partie d’entre eux qui se manifeste – sont en train de rejoindre les politiques au sommet de l’échelle de la détestation. Ces gens, nommés pour servir, sont établis par des usages anormaux dans un tel degré d’intouchabilité qu’ils ne supportent pas que l’on vienne leur demander de rendre des comptes sur leur travail.
La justice n’est pas rendue au nom du Syndicat de la Magistrature d’extrême-gauche (qui aurait dû être dissout de longue date tout comme le syndicalisme interdit dans cette profession à l’instar des militaires), ou de leur petite corporation convaincue qu’elle est intouchable. Une fillette est violée et assassinée après des signalements ignorés, des erreurs de suivi, des libérations anticipées absurdes, et ils crient au « discrédit » ? Le discrédit, il est déjà là : dans l’impunité perçue, les récidives, les victimes oubliées.
Contrairement à ce que peuvent penser certains d’entre eux, ils ne sont pas une caste au-dessus des lois. Ils ne sont pas de droit divin. Ils ne sont pas infaillibles. L’indépendance prévue dans leurs statuts protège contre l’arbitraire politique, elle ne donne pas un blanc-seing face à un moment d’incompétence ou à la lâcheté. Un médecin qui tue par négligence passe devant le conseil de l’ordre. Un policier qui faute est sanctionné. Dans n’importe quelle autre profession une faute est sanctionnée. Et ils devraient y échapper ? Mais à quel titre ?!
De longue date en France circule la formule disant que l’on reconnait un imbécile en ce qu’il dit « J’ai confiance dans la justice de mon pays ». Cette attitude indécente des magistrats « en révolte » contre leur autorité gouvernementale ne va pas arranger les choses quant à ce degré de confiance des Français envers eux.
