Musicologie et prolongements politiques

Nous allons tenter d’expliquer aux lecteurs n’ayant pas été formés à la Théorie de la musique ce qu’est la gamme pentatonique mineure, et d’aller au-delà de ce strict sujet car aussi surprenant que cela puisse paraître à celui qui n’a pas ces références, il est évident qu’il est lié à d’autres aspects, idéologiques, politques, selon ce que l’on fait de cette gamme ou selon ce que l’on n’en fait pas. Sans ces clés, on ne le perçoit pas, on ne le comprend pas.

Tous ceux qui ont entendu parler des rudiments en matière de solfège, à qui l’on a fait jouer de la flûte en classe au collège, savent qu’il existe sept notes fondamentales, DO, RÉ, MI, FA SOL, LA SI. Et que l’écart (l’intervalle) entre chacune d’elles est, selon les cas, appelé ton ou demi-ton. Mais il existe en musique une succession de cinq notes (faisant partie de ces sept notes fondamentales bien entendu) qui a la particularité d’être présente dans la musique de nombreux peuples (le monde oriental déroge à cela), sans que ces peuples ne se soient rencontrés, ne se soient concertés pour partager et utiliser cette succession. La chose est apparue naturellement à chaque groupe humain, là où il vivait, séparé des autres par les distances ou par les océans.

On peut dire sans beacoup de tromper qu’au moins 60 % de la musique conçue par les hommes est construite par l’utilisation de ces cinq notes, qu’il s’agisse de l’utilisation d’une partie ou de la totalité de cette gamme, qu’elle soit montante ou descendante, dans la succession des accords ou dans la mélodie chantée ou jouée par un instrument, il ne s’agi que de variations dans l’ordre d’utilisation de ces cinq notes, sur des modèles rythmiques différents selon les cultures.

Prenons la tonalité de LA pour les citer, de la note la plus basse à la plus haute : LA DO RÉ MI SOL, un écart d’un ton-et-demi pour aller de la première à la deuxième note, un écart d’un ton entre la deuxième et la troisième note, encore un écrat d’un ton entre la troisiè et la quatrième note, et enfin de nouvea un écart d’un ton-et-demi entre la quatrième et la cinquième note. Ici nous avons pris la tonalité de LA pour écrire ces cinq notes, mais la structure des intervalles est bien sûr la même quelle que soit la tonalité que l’on prend, seul change l’ordre du nom des notes dans la progression, RÉ, FA, SOL, LA, DO en tonalité de RÉ par exemple, etc. produisant donc le même effet pour l’oreille, l’idéal étant, pour comprendre de quoi nous parlons, de l’entendre jouée sur un instrument en complément de eette lecture.

Ici la gamme pentatonique mineure en tonalité de MI, selon les mêmes écarts de tons et demi-tons

À l’exception de la musique arabe (qui utilise surtout une gamme avec deux notes altérées bémol/dièse qui donne ce son « oriental »), on retrouve la gamme penta mineure dans la musique noire africaine, par exemple dans la mélodie du couplet de la chanson de Mory Kanté Yeke Yeke, dans la mélodie et la chanson qui illustrent la série japonaise des années 1970 La Légende des Chevaliers aux 108 étoiles, dans la musique traditionnelle de Bolivie ou du Pérou, les trois accords du blues des Noirs nord-américains (qui sont une « raccourci extrême » de la gamme pentatonique mineure, n’utilisant que trois des notes qui en font partie) : partout, la gamme pentatonique mineure est là. Le rock étant issu de l’association de la gamme pentatonique mineure et de la musique des Blancs, la gamme penta mineure est partout par exemple dans la chanson Walking In The Shadow of The Blues, du groupe de rock britannique Whitesnake, suite d’accords et mélodie du chant, l’essentiel de la chanson All Day And All Of The Night des Kinks est fait de la gamme penta mineure, le thème mélodique traditionnel celte joué au tin whistle et au fiddle en intro de la chanson Kingdom of the lost du groupe Black Star Rider, notes penta. Mais le rock n’est pas que gamme penta seule puisque la musique blanche en fait partie. On trouve donc également dans le rock quantités de chansons qui n’utilisent pas la gamme penta mineure, par exemple Love and Affection de frères Nelson. Vous pouvez vous amuser à écouter toutes ces chansons et y repérer l’utilisation des notes de la gamme pentatonique mineure.

En dehors du rock et de la musique celte où la gamme penta est présente, seule la musique des Européens échappe à cette unanimité mondiale dans l’usage de la gamme pentatonique mineure. La musique traditionnelle des Blancs est construite de façon totalement différente, dans la succession des accords utilisés et dans les mélodies. Du Bransle des Chevaux médiéval aux compositeurs classiques, le mental de la musique des Blancs n’est pas celui de la gamme penta mineure. Même l’universelle mélodie des anniversaires, « Happy birthday to you » n’utilise pas la gamme penta mineure. En revanche, un homme fait une seconde version de cette chanson d’anniversaire, dont le refrain utilise la gamme penta mineure, et ô hasard, il est Black : Stevie Wonder. L’ancrage des particularisme culturels liés à la race est flagrant.

Mais pourquoi ces cinq notes de la gamme pentatonique mineure ont elles « sonné » à l’oreille de diverses cultures à travers le monde ? Parce que cette gamme parle à l’âme ancienne, parce qu’elle ramène chacun à l’aube de l’humanité, celui qui l’entend est touché, sans forcément en être conscient, par quelque chose de « tribal », or tous les peuples sont passés – ou demeurent encore – par le stade tribal. C’est inscrit dans les gènes comme l’était la fonction de chasser le mammouth pour les hommes et celle de veiller au foyer ainsi qu’aux enfants pendant ce temps-là. C’est ainsi qu’a été forgée l’humanité, et c’est pourquoi toute tentative idéologique, politique de modifier cela, d’inverser les rôles ou de les égaliser, est ressenti, si l’on a le cerveau normalement constitué, comme quelque chose de contre-nature.

Et c’est là que l’on bascule dans le domaine idéologique. Depuis leur apparition, les francs-maçons sont dans un patient travail de subversion et d’inversion de l’ancien ordre naturel du monde. Depuis son apparition dans les années 1950, le rock’n’roll, puis le hard-rock, ont régné durant quarante ans en tant que musique blanche, tandis que les Blacks avaient le blues, le jazz, la soul, le funk. Jusque dans les années 1990, c’est le rock qui est naturellement utilisée dans l’illustration sonore des productions cinématographiques hollywoodiennes, il suffit de revoir des films de cette époque pour le constater. Puis est apparu le rap. Or, le fait est que le rap n’est pas écrit sur la gamme pentatonique mineure, il en est l’antithèse, et c’est la raison pour laquelle sa promotion va si bien à l’entreprise maçonnique de subversion de ce qui est établi. D’aucuns verront dans ce constat l’évocation de simples d’esprit croyant à la théorie du complot, peu importe, parce que la réalité correspond bien à ce basculement subversif : Ordo ab chao, l’ordre maçonnique à travers la destruction préalable. Le travail de sape de la musique pentatonique mineure avait été entamé avec la musique Pop qui n’est pas construite sur la penta mineure. Mais avec le rap ceux qui ont l’obsession de modifier notre monde ont trouvé un instrument souverain. On décerne aux membres de Led Zeppelin le ruban du Kennedy Center Honors, on fait Jon Lord Docteur honoris causa en musique de l’Université de Leicester, etc. comme pour tourner une page de l’histoire musicale et pour solde de tout compte, et derrière ça on marginalise la musique universelle de gamme penta mineure et on tarit la diffusion du rock. Cest la double utilité du rap.