
L’épisode de la Légion française à Camerone est connu, tout comme le sont les mots de Cambronne face aux Anglais à Waterloo. Ces exemples (parmi d’autres) de bravoure du sang d’Europe ne sont évidemment pas les seuls.
Bataille de Gandamak, Afghanistan, 1842. Une colonne britannique décimée, réduite à un ultime combat, composée de 20 officiers et 45 hommes du 44e régiment d’infanterie, originaires pour la plupart du sud-est de l’Angleterre, est encerclée sur une colline enneigée près du village. Il ne leur reste que 20 mousquets en état de marche, deux coups chacun. Les Afghans leur offrent la vie sauve s’ils se rendent. Un sergent britannique répond : « Hors de question ! » Ils se sont montrés imperturbables sous la pression, obstinés face à la mort, refusant de céder. Ils choisissent une mort certaine plutôt que la reddition, tirent avec ce qu’il leur reste, puis mettent baïonnettes au canon et chargent l’ennemi. L’épisode est connu essentiellement grâce au témoignage de quelques survivants :
- Le Capitaine Thomas Alexander Souter. Il avait enroulé les couleurs du régiment autour de son corps pour les protéger (peinture d’illustration). Les Afghans l’ont pris pour un officier supérieur (à cause de l’étoffe colorée) et l’ont capturé plutôt que le tuer. Il a écrit une lettre à sa femme depuis sa captivité, décrivant les événements.
- Le Sergent Alexander Fair et 7 ou 8 soldats plus quelques artilleurs, emmenés avec Souter.
- Le Docteur Brydon.
La retraite de Kaboul fut un désastre absolu : froid extrême, attaques constantes des tribus afghanes dans les passes. Le groupe du 44th était réduit à une poignée d’hommes épuisés, avec très peu de munitions. Si le sujet vous intéresse, nous vous recommandons le livre de William Dalrymple (Return of a King), ou les sites du National Army Museum, qui ont de bonnes synthèses et images d’époque.
