En 1945, les soldats soviétiques atteignirent enfin l’Allemagne… et découvrirent que les paysans allemands possédaient du bétail, des potagers, des pommiers, des maisons propres et des garde-manger remplis de provisions. Une situation sans rapport avec la misère de la population en URSS. On peut lire dans Berlin : The Downfall 1945 par Anthony Beevor (p. 34) : « Ils étaient furieux de constater un niveau de vie chez les paysans bien supérieur à tout ce qu’ils avaient pu imaginer. »
Le commissaire politique de l’Armée rouge, Dmitri Chtcheglov, écrivit qu’à la vue des garde-manger allemands, les soldats furent « dégoûtés par cette abondance ». Il ajouta : « J’aurais bien frappé du poing toutes ces rangées impeccables de boîtes de conserve et de bouteilles. »
Ils furent également choqués de trouver des radios même dans les plus simples demeures. Les troupes soviétiques comprirent rapidement que « ce qu’ils voyaient de leurs propres yeux laissait fortement penser que l’Union soviétique n’était peut-être pas tout à fait le paradis ouvrier et paysan qu’on leur avait décrit ».
En conséquence, le NKVD dut intensifier la censure, car les soldats écrivaient à leurs familles pour leur raconter ce qu’ils avaient vu.

