Nombreux sont les auteurs du XXe siècle et de l’époque contemporaine que votre scribe considère comme des maîtres, d’Ortega y Gasset à Alain de Benoist et Guillaume Faye, en passant par Gottfried Benn, Konrad Lorenz, Marcello Veneziani, Giano Accame, Roger Scruton, Franco Cardini, Jorge Luis Borges, Ezra Pound, Thomas S. Eliot, Simone Weil, Sainte Edith Stein, C.S. Lewis, Julius Evola et René Guénon. Cette liste est incomplète et regroupe des personnalités très différentes, unies par leur malaise face à la modernité. L’intellectuel dont je me sens le plus proche, mon maître préféré, reste néanmoins le Colombien Nicolás Gómez Dávila (1913-1994), figure solitaire, hautement cultivée et imprégnée de culture européenne, probablement le dernier grand réactionnaire. Non pas au sens d’une nostalgie stérile d’un passé idéalisé – qui n’a pratiquement jamais existé – mais comme une révolte, une rébellion intérieure contre les maux, les folies et les absurdités de l’époque, au nom d’un idéal moral et spirituel supérieur. Fils de la haute bourgeoisie créole de Bogotá, catholique, il était l’ami de deux grands compatriotes, le romancier Alvaro Mutis, créateur du personnage de Maqroll le gaviero, et Gabriel García Márquez, auteur de Cent ans de solitude. Ce dernier a dit un jour que s’il n’avait pas été communiste, il aurait pensé exactement comme Dàvila, Colacho pour ses amis.
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