« L’homme est un animal politique » (Aristote), mais les puissants ont eu la brillante idée d’aliéner ce peuple d’animaux humains pour qu’il se dépolitise : infantilisé, transformé en une masse idéale de travailleurs-consommateurs hébétés de façon à ce qu’il finisse par former une parfaite masse d’électeurs endormis et formatés dans l’idée que l’élection d’un chef d’État est un devoir citoyen, dans la parfaite illusion que cette élection leur offre le pouvoir. Pire, en se moquant de l’absence de souveraineté populaire réelle.
Dans cette perte de repères démocratiques ou dans le déni de l’absence de souveraineté, la citoyenneté se noie dans le néant et le chaos, et la confusion est telle que le peuple se dit sauvé tant qu’il lui reste un minimum de pouvoir d’achat et de liberté de consommer. Pourvu pour qu’on ne lui restreigne pas ses libertés de consommer, le peuple, cette masse de travailleurs-consommateurs, a la sensation d’évoluer en régime démocratique. Voilà comment le piège du salariat — ce grand ennemi de l’émancipation et de la souveraineté populaire — se referme sur les peuples de la terre dont la devise devient « vivre pour travailler et consommer ».
