On savait depuis longtemps que la démocratie s’alimente exclusivement d’idées fausses. Mais jusqu’à ces dernières années, il était encore possible de demeurer en marge de l’imposture sans être acculé à l’héroïsme. La démocratie tolérait les hérétiques. Elle ne les jetait point dans les culs de basse-fosse. Elle ne parvenait pas non plus à les affamer complètement. On pouvait vivre – confortablement parfois – dans le refus affirmé des contrevérités officielles. Cette tolérance n’est plus de notre temps.
— Pierre-Antoine Cousteau (1906-1958), “Intra muros”
